Rechercher

Les innovateurs de suisse romande récompensés pour leurs projets

Prix Industrie 4.0 « The Shapers »

Page: 7/12

Entreprises liées

Nathalie Nyffeler, HES-VD (VD), « Du sécateur à la Data »

Nathalie Nyffeler a mis en place depuis 2007 un écosystème qui permet de former des jeunes à l'innovation en collaborant étroitement avec des partenaires industriels, des PME, des ONG, des institutions publiques etc. Depuis 2015, elle a lancé le premier master interdisciplinaire en innovation intégrée de Suisse au sein de la HES-SO, le master Innokick. Cet écosystème permet à la fois de créer de la valeur pour les entreprises partenaires tout en permettant de former des ingénieurs, économistes et designers au développement de produits/services innovants et au processus d'innovation le tout dans une optique d'innovation ouverte en incluant les méthodologies du design thinking et du lean start-up. Cette formation a permis en 5 ans l'éclosion de 5 projets entrepreneuriaux.

Interview

Comment est né ce projet avec Felco Motion ?

Dans le cadre du master Innokick, la colonne vertébrale est le projet pratique d'application où un groupe de 6 à 7 étudiants interdisciplinaires travaillent étroitement avec une entreprise partenaire dans l'objectif de proposer un produit/service innovant sur la base d'un challenge. En tant que professeure de management, j'assurais le coaching du point de vue économique, accompagnée par un professeur issu du domaine design et arts visuels et un professeur issu du domaine ingénierie. C'est dans ce cadre que l'idée du projet Digitivis avec Felco Motion est née.

Galerie d'images
Galerie d'images avec 5 images

Que vous a apporté le fait d'être co-lauréate de ce prix ?

Je suis depuis peu la nouvelle responsable Innovation et Entrepreneuriat à la Haute Ecole d'Ingénierie et de Gestion du canton de Vaud, qui fait partie de la HES-SO. Ce prix a notamment démontré au jury de sélection que j'avais le profil entrepreneurial que la direction recherchait, de par ma capacité à créer ces écosystèmes d'échanges et d'apprentissages qui sont créateurs de valeur pour toutes les parties prenantes.

Mon objectif est double : former des futurs managers, qu'ils soient ingénieurs ou économistes, à accompagner des processus d'innovation pour des PME qui sont au cœur de notre économie suisse, mais également offrir de la valeur aux partenaires économiques qui peuvent ainsi accéder à des ressources et des idées « out of the box » qui sont parfois plus difficiles à obtenir quand on doit assurer les pressions des tâches quotidiennes. Il y a déjà beaucoup de soutien à l'entrepreneuriat et il me semblait clé de former des jeunes pour les besoins de nos PME en innovation et créativité.

Quels sont vos axes de développement à moyen et long terme ?

Développer le centre d'innovation au sein de la HEIG-VD, permettre l'éclosion de start-ups interdisciplinaires en lien avec les technologies développées au sein de nos instituts afin de créer des nouvelles places de travail dans le canton de Vaud, et répondre aux enjeux sociétaux et environnementaux auxquels nous faisons face, renforcer la culture d'innovation et de créativité, et permettre ainsi de renforcer les synergies, de développer un écosystème agile en entraînant une dynamique collective en vue de faire émerger des nouvelles compétences individuelles et collectives où chacun doit se sentir, à son niveau, responsable de la capacité d'innover. En tant que Haute Ecole Spécialisée, nous devons pouvoir comprendre les tendances du marché et les besoins des entreprises et industries en vue d'assurer l'employabilité de nos étudiants et l'alignement avec les besoins de l'industrie.

Quelle est votre vision concernant le futur de l'industrie en Suisse ?

La Suisse a clairement une carte à jouer si elle continue à investir en matière d'innovation et réussit à saisir le virage du numérique, de la digitalisation incluant notamment les aspects liés à l'industrie 4.0, également appelée « l'internet industriel des objets » qui va certainement révolutionner l'automatisation industrielle. Grâce aux objets connectés et à l'avancée en matière d'intelligence artificielle, il existe un réel potentiel pour booster la productivité, affiner la qualité des produits, accroître la flexibilité de la production, repenser les processus dans une vision d'économie circulaire, de réduire les coûts et les déchets. Idéalement, la crise mondiale que nous venons de vivre devrait nous permettre de saisir les opportunités pour repenser les chaînes de valeur et de production en vue de relocaliser des industries, afin notamment de diminuer notre dépendance économique aux échanges internationaux.

(ID:46860220)