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Les innovateurs de suisse romande récompensés pour leurs projets

Prix Industrie 4.0 « The Shapers »

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Jean-Marie Hotz, Hot's Design Communication (BE/Bienne), « Easy Docmaker, une plateforme pour une communication multi-canal »

Jean-Marie Hotz, fondateur et directeur de Hot's Design Communication, a répondu à nos questions.

Interview

D'où vous est venue l'idée Easy Docmaker ? Quels sont les avantages de cette plateforme ?

En mettant en page le Plan d'Études Romand (PER) depuis une plateforme collaborative, nous avons acquis une grosse expérience dans l'intégration automatique de données dans InDesign, un programme de mise en page. Ce document compte mille pages.

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Or, en parallèle, nous mettions en page manuellement des catalogues de collections et de vente pour de grandes marques horlogères. La source de ces catalogues était constituée d'envois successifs de fichiers Word ou Excel non standardisés, car émanant de divers départements. Il était donc difficile d'automatiser la mise en page de ces données.

Nous avons aussi constaté que chez nos clients, les personnes responsables des catalogues avaient beaucoup de difficultés à réunir toutes les informations nécessaires. Étonnamment, même dans de grandes maisons, les informations commerciales concernant les produits ne sont pas réunies en un seul endroit. Chaque département, pour ne pas dire chaque personne, se crée sa petite base de données, qui pour la vente, qui pour le marketing, qui pour les RP et ainsi de suite. Évidemment, ses informations ne se trouvent que très partiellement dans un ERP, il est donc illusoire d'aller les chercher dans un SAP, ProConcept ou Oracle.

L'idée de base fut donc de supprimer les innombrables échanges de fichiers Excel en créant une plateforme en ligne que les différents intervenants pourraient remplir et modifier en tout temps. Nos typographes importent ces données directement dans InDesign sans faire de « copier-coller » nécessitant du temps et étant une source d'erreurs.

D'autre part, les collections sont amenées à évoluer continuellement et non plus une fois par année. C'est là que le numérique prend le pas sur l'analogique (le papier). Il faut comprendre le mot « collection » comme l'offre d'une entreprise, que ce soient des outils, des jouets ou des vélos.

Les données contenues sur cette plateforme sont utilisées pour la communication interne, pour alimenter les catalogues en ligne, les boutiques en ligne et les documents papier. Le message de l'entreprise est donc cohérent, les termes utilisés sont les mêmes partout, les traductions ne sont faites qu'une fois et les corrections ne se font qu'à un seul endroit et sont répercutées partout instantanément.

Nous n'avons pas inventé l'informatique, loin de là, mais nous sommes partis à l'inverse de ce qui se fait habituellement. C'est la vision du metteur en pages qui a dicté l'ergonomie de cette plateforme. Elle est très « user friendly », très intuitive.

Aujourd'hui, nos clients utilisent leur plateforme Easy Docmaker comme outil de communication interne et d'échanges de données sur leur réseau mondial. Cette plateforme redonne du sens au travail de chacun.

Quels sont vos axes de développement à moyen et long terme ?

Easy Docmaker est plus une philosophie qu'un concept ou produit figé.

Ce n'est pas un programme qu'il faut installer, c'est une plateforme en ligne. Un simple accès internet suffit pour travailler, même depuis la maison, ce qui, par les temps qui courent, est un réel avantage. Le principe de base est de centraliser les données et de les mettre à disposition des différents utilisateurs.

Ainsi nous gérons les données du Guide bleu (guide gastronomique suisse) en français et en allemand, les restaurateurs peuvent corriger eux-mêmes les données de leur établissement, et les inspecteurs peuvent rédiger leurs commentaires directement sur la plateforme.

On pourrait aussi utiliser cette technique pour gérer les catalogues (digitaux et papier) des salons professionnels.

Une autre application a été développée pour la Haute Ecole spécialisée bernoise (BFH) afin de permettre aux étudiant de publier directement leur résumé de Master sans passer par les secrétariats qui, en fin d'année scolaire, sont déjà débordés. Un tableau de bord permet aux secrétaires de vérifier l'avancement des travaux. Ces résumés sont mis en page automatiquement, poussés sur le site de la BFH et récupérés chez HDC pour en faire différentes publications papier.

Pour l'Espace horloger de la Vallée de Joux, nous mettons en place une plateforme qui permet de gérer, non seulement l'ensemble de la collection, mais en plus les expositions via les vitrines tout en donnant accès aux visiteurs à des informations complémentaires (images de détails, sons, etc.) via leur smartphone et un QR Code.

Un gros chantier est sur le point de démarrer pour la création automatique de modes d'emploi horlogers.

Vous le voyez, nous ne sommes pas à cours d'idées. Reste à trouver les clients.

Que vous a apporté le fait d'être lauréat ?

Nous espérons des retombées médiatiques. Nous ferons nous-même un communiqué de presse dans la région, une newsletter à nos contacts et un post sur FB.

Quelle est votre vision concernant le futur de l'industrie en Suisse ?

Je ne pense pas avoir les compétences pour répondre à cette question. J'imagine que selon les secteurs, la réponse n'est pas la même. Si je prends un domaine que je connais un peu, l'horlogerie, on a déjà annoncé sa mort plus d'une fois, mais elle est toujours là et elle continue de faire rêver des passionnés.

La seule certitude, c'est que l'avenir de l'industrie suisse, dans son ensemble, continuera de dépendre de l'exportation et qu'en ce sens, elle n'a pas toutes les cartes en main.

Copyright vidéo : Thierry Weber / breew

MSM

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