La SIP : des origines à aujourd'hui

Une aventure industrielle épique

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Au service de l’industrie suisse des machines

On peut sans se tromper affirmer que la renommée de précision des machines-outils suisses est hautement redevable aux machines à pointer SIP, lesquelles sont désormais produites en série à Genève et sont vendues non seulement dans notre pays, mais également et surtout dans le monde entier, tout particulièrement aux USA. Elles font dès lors la fierté des industriels qui en possèdent un ou deux exemplaires, lesquels sont souvent implantés dans des locaux isothermiques (à température ambiante constante) afin d’éviter les variations de température provoquant des dilatations préjudiciables à la haute précision d'usinage. Règle à calcul en poche, les desservants de ces prestigieuses machines-outils étaient de véritables aristocrates qui officiaient souvent en blouse blanche avec des gestes onctueux. C'étaient des gars qui en outre maîtrisaient toutes les finesses de la trigonométrie.

Pour produire des machines-outils précises, il faut évidemment disposer de machines-outils encore plus précises pour l’usinage de leurs constituants. Les machines à pointer SIP sont donc appréciées par les constructeurs de machines-outils et destinées en priorité à l’usinage en finition des pièces de haute précision entrant dans leur conception. Il s’agit dans ce cas, comme on le dit dans le jargon technique, de «tutoyer le micron». Porté par son enthousiasme, le chef de fabrication d’une entreprise de la région lausannoise possédant une SIP, allait jusqu’à déclarer avec un fort accent vaudois: «chez nous, dans le micron, on s'encouble» (expression vaudoise synonyme de trébucher). C’est aussi en 1974-1975 que la SIP met au point le premier centre d’usinage au monde à être asservi par une commande numérique, en l’occurrence une coûteuse réalisation pionnière, à une époque où les premiers circuits intégrés (inventés en 1958) n'étaient encore que des curiosités de laboratoire: un «coup à la Winkelried» qui conduit l’entreprise au bord de la faillite. En effet, peu après apparaissent les circuits intégrés VSI, puis VLSI, qui allaient reléguer aux oubliettes les énormes armoires d’appareillage électrique contenant des systèmes à transistors discrets, devenus obsolètes. Comme quoi ce n’est pas forcément toujours gratifiant d’être un précurseur!

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