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Débuts laborieux et recherche de la haute précision
Au début les commandes sont rares et les réalisations plutôt hétéroclites, voire même farfelues: une pompe à vide, un microscope à changement rapide d’objectif, un photomètre, un manomètre, une boussole pour repérer le sens du courant électrique, un pluviomètre... et même un appareil pour simuler les aurores boréales! En quelque sorte, c’est un peu le laboratoire du professeur Tournesol ou du docteur Nimbus! Il est amusant, en relisant un ancien procès verbal, de constater que le conseil d’administration s’occupait même des plus sordides questions pratiques: la discipline se relâchant à l’atelier, il fut proposé d’ouvrir une trappe dans le plancher du premier étage ou la pose d’un tube acoustique, pour que le chef d’atelier puisse surveiller le personnel à sa guise!
Les premières réalisations pouvant préfigurer les machines-outils commencent de voir le jour déjà dès 1863. Il s’agit de machines à diviser linéaires, puis circulaires: donc des équipements techniques réalisant la graduation de règles de mesure métalliques. La précision générale, de 0,2 mm (deux dixièmes de millimètre) par mètre courant, est fabuleuse pour l’époque! En 1897, l’«invar» (un alliage de fer à forte teneur de nickel qui ne se dilate pratiquement pas sous l’effet des variations de température) est découvert par Charles-Edouard Guillaume, de la Chaux-de-Fonds, natif de Fleurier et descendant d’une dynastie d’horlogers, par la suite récipiendaire du Prix Nobel de physique (en 1920). Ce matériau aux caractéristiques remarquables est dès lors utilisé pour la fabrication de mètres-étalons. La SIP développe aussitôt une machine à diviser linéaire pour le gravage de mètres-étalons en invar. Leur longueur (extrêmement précise) n’est que 50 centimètres, mais il est possible, par repositionnements successifs, de traiter des dimensions jusqu’à 4 mètres de longueur, ce qui permet de réaliser des répliques précises du mètre étalon pour la géodésie (dont le modèle de référence en platine iridié est déposé au Pavillon de Breteuil à Sèvres), et ceci avec une précision générale de l’ordre de 0,01 mm (un centième de millimètre) sur toute la longueur. Le mythe «SIP synonyme de précision» devient réalité. En 1936, la précision générale atteint même 1 micron (1 µm), soit 0,001 mm par mètre courant, pour les machines à graver.
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