La SIP : des origines à aujourd'hui

Une aventure industrielle épique

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Déjà des moments difficiles

En 1881 sort le principe d’une machine à diviser circulaire dont un prototype est d’ailleurs aujourd'hui visible au local de réception de l’usine SIP actuelle à Meyrin. Après huit années d’efforts, l’équipement devenu opérationnel prend le chemin de l’Observatoire de Genève. La marge d’erreur totale est de l’ordre de seulement quelques secondes d’arc.

Après des moments difficiles (imaginez un peu une entreprise industrielle gérée par des savants...), Théodore Turrettini, ingénieur formé à l’«Ecole technique spéciale de Lausanne» (à l'origine institution privée vouée à la formation des ingénieurs et ancêtre de l’EPUL, devenue par la suite l'EPFL) et justifiant d’une expérience à l’étranger, devient en janvier 1870 directeur de l’entreprise. Dès lors, c’est la fin de l’empirisme et le début de l'industrialisation. Une halle est édifiée, des mètres-étalons sont construits en série pour différents offices de poids et mesures en Suisse et ailleurs dans le monde, l’outillage est perfectionné et des ouvriers sont engagés. C’est le début de l’épopée industrielle et par un heureux effet du hasard, c’est également l’époque du percement du tunnel du Gothard. Théodore Turrettini, qui entretient de bonnes relations avec Louis Favre (ingénieur responsable des travaux), saisit aussitôt l’opportunité et reçoit la commande d’une centaine de compresseurs d’air, suite à la présentation probante d’un premier système prototype.

Après ces débuts héroïques nous arrivons à l’époque d’après-guerre, la période 1918-1924. L’entreprise a diversifié tous azimuts en fabriquant des équipements frigorifiques et des compteurs électriques. Paradoxalement, cet effort de diversification constitue une source d’ennuis. Confrontée à la concurrence de grandes sociétés de gabarit international actives dans la production de masse, la SIP voit dès lors ses affaires péricliter. Malgré une augmentation massive de capital, la conversion des anciennes actions et la contraction auprès de banques d'un emprunt au taux usuraire de 10%, les années se suivent et hélas se ressemblent, avec des bilans constamment négatifs et une dette qui enfle. En 1924 le capital social est drastiquement réduit. C’est alors que Fernand Turrettini (fils du fondateur) prend une décision qui sauvera l’entreprise: c’est la mise au point de la «machine à pointer», qui établira au près et au loin la réputation de l’entreprise genevoise, dans le domaine de la machine-outil de haute précision.

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