Des machines-outils et des périphériques

Evolution de l'industrie de la machine-outil en Suisse romande

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Décolletage et usinage de précision

Dans le domaine spécifique des tours automatiques CNC à poupée mobile, vers la fin des années 90, Tornos met au point un principe nouveau de décolletage appelé Deco 2000, l’idée étant d’intégrer le savoir-faire du décolleteur dans la commande CNC, plutôt que plier ce dernier à des procédures qu’il ne voudrait ni ne saurait maîtriser. En collaboration avec le constructeur de commandes numériques américano-japonais GE-Fanuc Automation (actuellement Fanuc FA à Bienne), une solution appelée TB-Deco, en l’occurrence un système de programmation propriétaire associé à une commande numérique à calculateur (CNC) spécialement configurée pour le métier du décolletage, est créé. Il s’applique aussi bien aux machines monobroches que par la suite aux machines multibroches. S’éloignant des sentiers battus, une gamme de nouvelles machines appelées Deco (pour les machines monobroches), respectivement Multideco (pour les machines multibroches), vient à point pour remplacer progressivement les décolleteuses à cames. Le principe du tour automatique à poupée mobile (voir chapitre consacré à ce sujet), décidément irremplaçable, est conservé. Le décolleteur retrouve ses repères avec une commande numérique interfacée de façon à s'adapter à sa mentalité et à ses procédures, le logiciel de la commande incorporant même les légendaires «feuilles de calcul» familières aux décolleteurs, ces derniers disposant en l'occurrence de véritables «jeux de cames virtuels».

Ceci dit, le coût de la machine reste raisonnable, justifiant financièrement le remplacement d’une machine traditionnelle par son alter-ego numérique. En outre, son équipement est variable, en fonction de la complexité des usinages à effectuer, et surtout, contrairement aux machines à cames, les machines Deco servent aussi à réaliser de façon rentable la production en petites séries, voire même à l’unité dans certains cas, ce qui est particulièrement utile pour la réalisation de pièces prototypes avant de lancer la production en séries. C’est le succès. Les gammes se suivent et les nouvelles machines CNC supplantent de plus en plus les décolleteuses à cames dans l’imposant parc de tours automatiques Bechler-Tornos-Petermann (ex concurrents d’ailleurs) ou d'autres provenances, installé partout dans le monde.

Dans le domaine de l’usinage tridimensionnel, c’est l’époque de l’apparition des «centres d’usinage» et des «machines-transferts». Ces dernières réalisent l’usinage complet à grande cadence de pièces mécaniques ou horlogères de précision. De conception modulaire, ces systèmes de fabrication, conçus pour la production de séries massives, sont de véritables «machines-usines» qui comportent un nombre de plus en plus important d’axes numériques et sont dotées de divers équipements tels que magasins et changeurs d’outils, mesure automatique in-situ des pièces produites et système de palettisation pour usinage «à la carte», une solution idéale pour les PME réalisant de la sous-traitance mécanique.

Des CNC «maison» aux CNC «ouvertes»

Les commandes CNC «maison» cèdent la place aux équipements essentiellement développés par des spécialistes de la commande numérique, tels GE-Fanuc, Siemens, Heidenhain, Mitsubishi, Fagor ou NUM. En effet, avec la complexité croissante et l’évolution continuelle des systèmes à commande CNC, la tâche n’est plus maîtrisable par les constructeurs de machines. C’est devenu une affaire de spécialistes capables d'attribuer un nombre impressionnant d'ingénieurs à un seul projet et d'en développer simultanément plusieurs variantes en des périodes très brèves.

Les machines-outils doivent être conçues de façon toujours plus rigides (vibrations et déformation de la machine sous l'effort d'usinage étant néfastes pour la précision et la qualité de surface requise sur la pièce usinée), pour supporter des contraintes d’usinage sans cesse accrues, en particulier avec l’apparition des techniques UGV (usinage à grande vitesse) et pour l’usinage dans les matériaux durs et extra-durs. Elles sont souvent conçues également pour fonctionner sans interruption 24 heures sur 24. Et puis, les Suisses ne sont de loin pas seuls sur le marché. Outre les concurrents traditionnels (Allemagne, Italie, Espagne, Grande-Bretagne, France), viennent s’ajouter d’autres compétiteurs, tout aussi redoutables, venus des USA, du Japon, de Taïwan, de Corée du Sud et sans aucun doute dans un avenir proche de Chine continentale et d'Inde. Il s’agit de produits de qualité qui s’exportent d’ailleurs également bien en Europe, y compris en Suisse, par le biais de firmes importatrices de machines-outils implantées sur le territoire helvétique, assurant de façon compétente aussi bien la vente que le conseil, l'installation, les réparations et le service après-vente.

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