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Les données
Les données et leur structuration sont une dimension essentielle à l'Internet des Objet.
En effet, les capteurs perçoivent les indices d'une grandeur physique ou chimique : présence, variation, fréquence, etc. Puis ils vont transcrire ces indices en données formellement utilisables :
Pour effectuer localement des calculs ou des interprétations avec ces données pour, par exemple, décider d’une action dans le cas des objets ayant une capacité ou des fonctions réactives ;
Pour transmettre ces données via un protocole de communication, par exemple vers un dispositif d’affichage ou au-delà vers des serveurs informatiques distants.
La donnée devient alors la «brique» du système.
Il faut bien comprendre que l'ensemble de ces dispositifs a été précisément conçu pour extraire des données d'un environnement défini. C’est dans le but de comprendre un environnement et de suivre ses variations que l’on va y placer des objets connectés.
Ainsi dans une automobile, des capteurs de pression des pneus nous alertent déjà si ceux-ci se dégonflent, des capteurs d’obstacle nous indiquent la proximité des véhicules alentour lorsque nous nous parquons, des capteurs de température intérieure et extérieure optimisent la climatisation selon les préférences que nous avons indiquées. Mais bien d’autres capteurs n’interagissent qu’avec l’ordinateur de bord sans que notre attention soit requise : les capteurs d’assiette agiront ainsi directement sur la suspension du véhicule ou ses amortisseurs au gré du parcours.
Voilà donc l’exemple d'un petit écosystème d'objets connectés parfaitement autonome. Le recours à une liaison Internet ne deviendra nécessaire que si l'on fait appel à des données complémentaires qui ne sont pas disponibles localement ou à des capacités de traitement externes, ou encore si l’on doit alimenter des serveurs distants avec les données acquises localement.
De nombreux exemples dans les chapitres qui suivent nous aideront à saisir le stupéfiant potentiel des objets connectés et de l’IoT.
Nous ne sommes encore qu’au début de la grande histoire des Objets Connectés. Ceux-ci sont aujourd'hui encore très disparates dans leurs structures, dans leurs protocoles de gestion et dans les protocoles de communication qu’ils utilisent.
Il faut imaginer dès aujourd’hui que demain, les standards qui foisonnent et défrichent les possibles seront ramenés à un très petit nombre d’Operating System (OS) standard, adaptés aux différentes classes d’objets connectés.
Au niveau des OS, la guerre des standards va suivre celle des grands acteurs des technologies de l’information comme Apple, Google, Microsoft, Samsung etc., qui ont déjà pris des positions fortes. S’il est certain que ces acteurs vont essayer de garder le contrôle sur le software, avec leurs propres systèmes d'exploitation, il ne faut pas oublier qu'à la faveur du déploiement de l’IoT, vont arriver sur le marché des acteurs comme les géants industriels que sont Siemens, ABB, GE et avec eux d’autres géants chinois, sud-coréens ou japonais. Tous ces industriels sont bien décidés à être des acteurs importants de l'économie connectée. Leur maîtrise industrielle est incontestable et aujourd’hui ils ont aussi acquis une compétence en matière de software qui est, à n’en pas douter, à jour et compétitive.
Les jeux ne sont donc pas encore faits. Les cartes se redistribuent devant nous. La transition numérique portera des vainqueurs et des perdants comme à chaque fois que l'économie subit des transformations majeures et on peut parier que cette fois-ci les vainqueurs seront ceux qui maîtriseront la donnée.
Et maintenant ?
La plupart des Objets aujourd’hui produits en usine seront demain connectés à l'usine «mère». À l'instar des téléphones mobiles, des postes de télévision, des montres connectées ou des voitures, on peut facilement comprendre que demain les usines voudront garder un contact direct avec les acheteurs et leurs produits. En effet, les avantages sont multiples et souvent très stratégiques, comme pour les voitures Tesla ou certaines machines Nespresso par exemple, lorsqu’il est possible à distance d’uploader les mises à jour des softwares de fonctionnement. De même, garder le contact direct avec le client permet d'analyser les usures des équipements vendus, d’anticiper les risques de pannes et d’apporter des services de maintenance considérablement améliorés.
D'autres avantages sont d'ordre marketing : informer des nouveautés, proposer des produits complémentaires à acheter mais aussi mesurer la satisfaction des clients. Enfin l'analyse des données (Big Data) permet de mieux connaître le comportement client en situation d'utilisation du produit. C'est une ère nouvelle qu’aucune usine ne voudrait manquer tant les avantages sont nombreux.
On peut dès lors imaginer une nouvelle économie où rien ne s’interpose entre le consommateur et la chaîne de production, ce sera donc une économie directe.
Les nouveaux jeux vidéo sont une catégorie d'objets connectés qui montre bien cet aspect nouveau d'une économie émergente. Qui ne se souvient de l’explosion soudaine de «Pokemon Go» ? De ces millions de gens qui se sont mis à déambuler dans nos villes à la recherche de mystérieuses figurines virtuelles ? Ce jeu populaire a été le parfait apprentissage d'un mélange savamment dosé de connexion, de réalité augmentée et d'un jeu collectif fait de compétition et de partage. Pokemon Go, comme tous les jeux vidéo en ligne, entraîne chez les joueurs des comportements nouveaux. C'est ainsi que l'Internet des Objets apportera de nouvelles formes d'expériences et de vécus. C'est pourquoi ce phénomène est si attrayant.
L'Internet des Objets c'est une nouvelle expérience de vie comme en ont apporté l'électricité, l’automobile, la télévision ou l'ordinateur personnel. On parle donc bien ici d'un progrès technologique majeur.
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