Préambule à un nouvel ouvrage titré «La Révolution des Objets» , parution le 20 novembre, aux éditions G d’Encre, Le Locle

Partout et pourtant discret, tel est le défi de l'IoT

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La télécommunication

Il existe de multiples moyens pour faire communiquer les objets entre eux ou avec nous. La plupart de ces protocoles de communication mettent les objets en relation avec leur(s) destinataire(s). On peut imaginer beaucoup d'applications fonctionnant sur des réseaux de communications fermés comme par exemple dans les usines où s’opèrent de nombreux échanges de type M2M (Machine to Machine).

Au nombre des protocoles de communication, outre ceux que nous avons déjà cités à plusieurs reprises (RFID, NFC, Wifi, Bluetooth), il faut noter la 3G et la 4G, mais aussi des normes moins connues comme Zigbee, Lora, Z-Wave, Sigfox, etc. qui sont aujourd'hui très utilisées.

Chaque protocole répond à un besoin bien spécifique comme la distance de communication, l'intensité et la fréquence des communications et des questions sensibles comme l'énergie consommée, la sécurité ou encore la miniaturisation. Bref, on peut dire aujourd'hui qu’il existe une pléthore de normes d'autant plus que d'autres encore sont attendues notamment avec la 5G. En attendant qu’une norme s'impose pour la majorité des objets connectés, il faut à l'heure actuelle composer avec cet environnement chaotique.

Les enjeux de communication sont aussi multiples. D'abord il s'agit de disposer de systèmes beaucoup plus sécurisés et donc étanches à des prises de contrôle malveillants (hacking) que ce n’est le cas avec la première génération d'objets connectés. Ensuite, il faut absolument créer une couche «software» pour que les Objets de différents constructeurs puissent parler entre eux. C'est ce que l'on appelle l'interopérabilité. C'est loin d'être le cas aujourd'hui ! Enfin, il faut souhaiter que des progrès significatifs, en termes de basse consommation d'énergie, permettent l'usage de manière plus «soutenable» et plus fiable des objets connectés notamment par rapport au facteur « Temps ». Charger sa montre connectée, tous les soirs, n’est pas commode ni très adapté à l’usage d’une Smartwatch. On perdrait par exemple les mesures de Santé de la nuit.

Reste encore la question des flux de données. En effet, pour l'instant on n'imagine pas très bien comment le futur des données produites en masse par une nouvelle génération d’objets connectés va se comporter car pour l’instant, on n'a connu que la première génération de ceux-ci. Et dans une ou deux générations, on peut imaginer que des quantités astronomiques de données vont circuler sur les réseaux de communication : il suffit par exemple de songer à la quantité de données que représentent les flux d’images et de vidéos en direct et en streaming produite par des caméras dispersées dans les smart cities de demain. Cela ne va-t-il pas créer rapidement des problèmes de capacité de diffusion, de stockage ou d’analyse en temps réel ? L'Internet des Objets risque d'atteindre en volume une place démesurée. Si l’on parle ne serait-ce que de 50 milliards d'objets connectés, sans même aller jusqu’aux 150 milliards que nous promet l’ETH de Zurich, nos capacités d’anticipation ne seront-elles pas débordées ? C'est là une petite musique d'avenir certes, mais pour un avenir qui n’est peut-être pas si lointain que cela.

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