De Junker à Tornos en passant par Bechler et Petermann

Genèse des tours automatiques à poupée mobile

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Les trois «pères fondateurs»

En 1904, Joseph Petermann, constructeur d’étampes horlogères établi à la Rue des Oeuches à Moutier, s’associe à André Bechler, jeune technicien de 21 ans ayant achevé ses études au Technicum de Bienne et non dépourvu de finances. Sous l’appellation A. Bechler & Cie, puis Bechler & Petermann (société en nom simple), les deux associés se mettent à développer des tours automatiques système Schweizer-Junker. L’affaire réussit et une usine à l'architecture originale (actuellement transformée en centre artisanal) est édifiée en 1911 à Moutier, rue de Soleure. Mais le 7 février 1914, André Bechler se sépare de Joseph Petermann, moyennant une substantielle indemnité (176'750 francs-or) correspondant à son apport de capital initial de 150'000 francs augmenté des intérêts, rachetant à Moutier ipso facto avec ce montant, les locaux à l’abandon d’une manufacture horlogère ayant précédemment fait faillite.

Alors que Joseph Petermann continue à construire des tours automatiques, André Bechler de son côté, lié par un accord de non-concurrence de durée limitée, s’essaie à des opérations de diversification plus ou moins heureuses, développant entre autres des machines spéciales pour l’horlogerie et même… des tricycles motorisés!

Willy Mégel (ex collaborateur chez Bechler & Cie / Bechler & Petermann), qui avait repris en 1905 l’usine Junker, s’associe début 1914 à un jeune technicien du lieu, Henri Mancia, qui vient de perdre son travail suite à la dissolution de Bechler & Cie. Après quelques changements de raison sociale, par exemple l’appellation «Usines Tornos, Boy de la Tour, Mégel & Mancia», l’usine Tornos Fabrique de Machines Moutier SA voit officiellement le jour en 1917 à Moutier, sur le site de l’usine Junker, donc à l’endroit où l’entreprise Tornos est encore actuellement implantée, rue Industrielle.

Dès 1924, à l’expiration du contrat de non-concurrence et libéré de toutes contraintes, André Bechler a la possibilité de se lancer également dans la fabrication industrielle de ces tours automatiques dont il fut d’ailleurs un précurseur. Les affaires se développant de façon satisfaisante, il construit à Moutier une nouvelle et imposante usine à proximité de l’établissement initial, le long de la route cantonale et la société s’appelle dès 1947 «Fabrique de machines André Bechler SA».

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