De Junker à Tornos en passant par Bechler et Petermann

Genèse des tours automatiques à poupée mobile

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Les origines du tour automatique à poupée mobile

Mais revenons aux sources. En 1904, Joseph Petermann, constructeur d’étampes horlogères, s’associe à André Bechler, technicien. Sous l’appellation Bechler & Cie, les deux associés se mettent à développer des tours automatiques basés sur le système Schweizer-Junker. L’affaire réussit et une usine est édifiée à Moutier, rue de Soleure. André Bechler perfectionne encore le système, y ajoutant la «bascule», qui constitue en l'occurrence un support oscillant unique pour deux porte-burins disposés en opposition, de part et d’autre de l’axe de la broche, réalisant des opérations d’usinage alternées à l'aide d'une seule came. En 1914, André Bechler se sépare de Joseph Petermann. Après diverses tentatives de diversification, il se lance seul dans la fabrication de tours automatiques. Les affaires se développant de façon satisfaisante, il construit une nouvelle usine le long de la route cantonale et la société s’appelle dès 1947 «Fabrique de machines André Bechler SA».

En 1914 également, Willy Mégel reprend l’usine Junker, et s’associe à un jeune technicien du lieu, Henri Mancia. Après quelques changements de raison sociale, Tornos Fabrique de Machines Moutier S.A. voit le jour en 1917, avec pour programme de fabrication, également la production de tours automatiques système Schweizer-Junker.

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C’est ainsi qu’au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, on trouve finalement à Moutier trois entreprises absolument concurrentes (Tornos, Bechler et Petermann), qui réalisent et commercialisent dans le monde entier des tours automatiques à poupée mobile quasiment identiques du point de vue conceptuel. En 1968, Petermann est absorbée par Tornos, puis en 1974, Bechler se rapproche de Tornos pour former dès 1981 Tornos-Bechler SA. Les trois anciens concurrents se trouvent dès lors réunis sous le symbole Tornos SA.

En fait, vers 1960, la cité suisse de Moutier (Arc jurassien) comptait encore quatre constructeurs de machines, à savoir trois fabriques de tours automatiques (Tornos, Bechler et Petermann), ainsi que Perrin Frères SA, un constructeur de machines-outils plus conventionnelles (perceuses à colonne, tours, fraiseuses, puis par la suite des aléseuses verticales et des rectifieuses par coordonnées). Actuellement, après avoir repris Petermann et Bechler, Tornos reste donc seule en lice, Perrin ayant entre temps disparu à la fin du 20e siècle.

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