Une étude d'Exabeam révèle que 48 % des responsables de la sécurité considèrent les accès excessifs ou non intentionnels des agents d'IA comme la principale menace, tandis que le contexte comportemental demeure une lacune majeure.
Alors que les agents IA autonomes se multiplient au sein des entreprises, la cybersécurité doit évoluer d'une simple surveillance des activités vers une véritable compréhension comportementale des risques qu'ils représentent.
(Source : Chaosamran_Studio - stock.adobe.com)
Exabeam, spécialiste de l'intelligence comportementale pour l'entreprise agentique, a récemment publié une nouvelle étude montrant que les agents IA sont devenus une priorité en matière de risques internes pour les équipes de sécurité des entreprises. Près de la moitié (48 %) des responsables de la sécurité interrogés considèrent les agents IA disposant d'accès excessifs, compromis, ou non intentionnels comme la principale menace pour leur organisation, devant les acteurs externes de la menace, les collaborateurs compromis, et les collaborateurs malveillants. Les résultats montrent également que les organisations étendent la surveillance des agents IA, mais continuent d'éprouver des difficultés à comprendre leur comportement à travers les différents systèmes et dans leur contexte métier.
Exabeam a chargé Sapio Research d'interroger 600 décideurs des fonctions Sécurité et Finance dans sept pays pour son dernier rapport, « The Agentic Insider: From Monitoring to Understanding ». Dans le cadre de cette étude, les agents IA sont définis comme des systèmes autonomes orientés vers des objectifs, capables d'accéder aux ressources de l'entreprise et d'effectuer des actions avec une intervention humaine limitée, et non comme des chatbots conversationnels.
Les résultats montrent qu'à mesure que les agents IA deviennent des acteurs de confiance dans les opérations de l'entreprise, les organisations investissent dans plusieurs approches pour surveiller leur activité. Parallèlement, les responsables de la sécurité considèrent le contexte comportemental et la corrélation comme les principales limites des approches de surveillance actuelles, tandis que la visibilité entre les systèmes demeure une lacune importante.
« Les organisations accomplissent des progrès significatifs dans la surveillance des agents IA, mais surveiller une activité ne revient pas à comprendre un comportement », déclare Steve Wilson, Chief AI and Product Officer chez Exabeam. « Les agents IA utilisent des accès légitimes et interagissent avec plusieurs systèmes, ce qui peut donner à chacune de leurs actions une apparence habituelle. Les équipes de sécurité ont besoin du contexte nécessaire pour relier ces actions dans le temps et distinguer l'automatisation attendue d'un usage abusif, d'une compromission, ou d'un comportement non intentionnel. »
L'accès des agents IA redéfinit les risques internes
Les agents IA n'ont pas besoin d'une intention malveillante pour créer un risque. L'étude montre que leur adoption rapide transforme la manière dont les organisations appréhendent les risques internes.
Principaux enseignements :
48 % des responsables de la sécurité considèrent les agents IA disposant d'accès excessifs, compromis, ou non intentionnels comme la principale menace pesant aujourd'hui sur leur organisation, devant les acteurs externes de la menace (28 %), les collaborateurs compromis (12 %), et les collaborateurs malveillants (12 %).
L'accès aux données sensibles, les actions allant au-delà des autorisations prévues, la complexité des investigations, et le manque de visibilité sur le comportement des agents IA figurent parmi les principales préoccupations des responsables de la Sécurité et de la Finance.
Les organisations étendent la surveillance des agents IA
Les responsables de la sécurité déclarent recourir à différentes approches pour surveiller les agents IA :
60 % utilisent des outils dédiés à la sécurité ou à la gouvernance de l'IA ;
56 % étendent leurs plateformes existantes de SIEM, de détection ou de surveillance ;
56 % utilisent la surveillance comportementale et l'établissement de référentiels de comportement ;
29 % continuent de s'appuyer sur des analyses manuelles.
Malgré ces investissements, 27 % identifient le manque de contexte comportemental et de corrélation comme la principale limite de leur approche de surveillance actuelle. Le manque de visibilité entre les environnements, la priorisation des alertes, et les processus manuels demeurent également des difficultés importantes.
Un investissement qui exige une justification économique solide
Le rapport met également en évidence une forte convergence entre les responsables de la Sécurité et de la Finance. 93 % estiment que les deux fonctions partagent le même niveau de tolérance aux cyber-risques, et 81 % des responsables de la sécurité déclarent que leur directeur financier comprend les risques de cybersécurité qu'ils cherchent à atténuer.
Cette convergence ne se traduit pas toujours par des investissements : 55 % des responsables de la sécurité déclarent avoir retardé ou réduit une initiative de sécurité parce qu'ils n'étaient pas parvenus à présenter le risque en termes financiers acceptables pour leur directeur financier.
« Les directeurs financiers remettent rarement en question la réalité d'un cyber-risque », déclare Mike Byron, Chief Financial Officer chez Exabeam. « La difficulté consiste à comprendre comment l'investissement proposé réduit ce risque selon des critères métier mesurables. Lorsque les équipes de sécurité établissent un lien entre les résultats techniques et leur impact sur l'activité, les décisions d'investissement deviennent beaucoup plus simples. »
Situation au30.10.2020
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Sapio Research a mené cette enquête pour le compte d'Exabeam en juin 2026 auprès de 600 professionnels travaillant dans des organisations de 500 salariés ou plus, dont 300 décideurs IT responsables de la sécurité et 300 décideurs financiers. Les personnes interrogées étaient basées aux États-Unis, au Canada, au Royaume-Uni, en France, en Allemagne, aux Pays-Bas, et en Australie. Les entretiens ont été réalisés en ligne à l'aide d'invitations par e-mail et de panels d'enquête. Les résultats présentent un niveau de confiance de 95 %, avec une marge d'erreur de ± 4,0 points de pourcentage.