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MSM : Notre formation duale est reconnue et plébiscitée très loin de nos frontière mais est-elle encore capable de suivre l'évolution galopante des technologies et de les intégrer dans la formation des jeunes apprentis? Ou cette adaptation doit ce faire en cours d'emploi?
Philippe Cordonier : Non, des contacts que j'ai avec les entreprises qui forment des apprentis et les écoles, la plupart sont vraiment à la pointe de la technologie, du moins celles qui forment des apprentis et peuvent offrir des bonnes conditions de formation. Le problème est plutôt sur la difficulté de recruter des bons apprentis et en nombre suffisant. Aujourd'hui il y a plus un problème d'image de l'industrie MEM auprès des jeunes, comment attirer les jeunes auprès de nos entreprises pour découvrir les métiers, comment leur faire comprendre qu'il y a des métiers intéressants et des possibilités d'avenir au sein de la branche MEM. Il faut aussi leur faire comprendre que les entreprises de l'industrie MEM sont très innovantes, disposent de machines de dernières générations et fabriquent des produits de hautes technologies. Si les jeunes ont l'impression que la branche MEM est une branche vieillissante avec peu d’intérêts technologiques c'est totalement faux. C'est vraiment un manque de connaissance de la branche qui donne cette impression et d'ailleurs nous devons lutter là-contre.
C'était d'ailleurs un des thèmes de notre stratégie de la main d’œuvre discuté ce matin lors de notre séance puisque nous sommes face à un manque de main d’œuvre et peut-être encore plus dans le futur avec cette limitation de l'immigration. Nous devons maximaliser le potentiel de main d’œuvre indigène et les jeunes font partie de cette stratégie.
Pour cela il faut rendre plus attractif les métiers de la branche MEM auprès des jeunes. Il faut leur montrer que nos entreprises travaillent avec des technologies de pointe mais mettent aussi sur le marchés des produits innovants d'usage courant chez les jeunes.
Les nouvelles technologies de l'information, par exemple les smartphones, les téléviseurs à écran plat ou encore les consoles de jeux sont très souvent fabriqués avec des machines et des procédés issus de l'industrie MEM. Il y a 2 niveaux, nos machines sont très évoluées mais les produits qu'elles sont destinées à produire le sont tout autant.
MSM : Ils semblent qu'il y ai une rupture entre la pratique du métier à « l'ancienne » encore indispensable et son pendant moderne. C'est le même métier et pourtant on pourrait penser qu'il s'agit de professions différentes. Y aura-t-il à l'avenir, au niveau de la formation, une séparation distincte entre ces deux manière d'aborder la mécanique?
Philippe Cordonier : C'est un peu l'analogie avec les garages, il y a le petit garagiste du coin capable de vrais petits miracles mais limité par la complexité de l’électronique embarquée dans les véhicules modernes et les grandes agences disposant de moyens énormes pour communiquer avec l'ordinateur de bord du véhicule mais plus vraiment capables de mener à bien de véritables réparations si ce n'est remplacer une pièce par une autre. C'est un peu le risque, mais je pense que la complémentarité va subsister, pour la formation il ne serait pas bon de vouloir la scinder en deux. De toute façon pour le polymécanicien il devra toujours avoir accès à l'ensemble de la formation, aussi bien la formation de base que la plus avancée.
Maintenant je pense qu'il serait faux de vouloir former que des polymécaniciens, c'est un peu le problème que nous avons dans certaines entreprises, car un polymécanicien ne sera pas destiné à faire de la production. Lorsque les patrons cherchent des apprentis, il ne faut pas engager à tout prix des polymécaniciens. Il s'agit de faire la différence entre un mécanicien de production et un polymécanicien. D'autant plus qu'une grande partie des polymécaniciens continuent à faire des études en partant vers des HES.
MSM : Il existe un fossé assez important en termes d'évolutions technologiques, de parc de machines et outillages, entre les fabricants de machines, le domaine horloger ou le Medtech et le monde de la sous-traitance en mécanique générale. Quelle est l'avenir des petites structures activent dans la sous-traitance ?
Philippe Cordonier : Là effectivement il y a peut-être 2 mondes, j'ai effectivement plutôt en tête le monde des industries membres de Swissmem qui sont beaucoup de PME mais peut-être d'une taille supérieure aux entreprises de la sous-traitance qui n'ont peut-être pas toujours évoluées au niveau du parc de machines. Quoique des machines qui ont 20 ou 30 ans on souvent encore toute la précision nécessaire à leur utilisation. Ces machines ne disposent pas de la technologie d'aujourd'hui, pas forcément au service de la précision mais plutôt de la productivité ou de la quantité ce qui n'est pas absolument primordial pour un sous-traitant.
Les 2 mondes subsisteront. Il restera un monde de sous-traitance qui continuera à faire de la qualité mais sans avoir forcément besoin d'avoir un parc de machines ultra modernes et il y a les PME plus importantes qui font plus de fabrication de machines ou d'équipements et qui restent à la pointe car elles doivent vendre des machines à l'étranger. <<
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