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MSM : A ce sujet que pensez-vous du système scandinave qui réduit le temps de travail de ses collaborateurs les plus âgés pour leur permettre de transmettre leur savoir aux plus jeunes?
Philippe Cordonier : C'est une très bonne solution, on ne peut qu'encourager nos entreprises et aussi nos milieux politiques et médiatiques a soutenir ce genres de modèles. Cela demandera un changement culturel, mais c'est ce dont nous parlons ici, flexibilisation de la LPP et ce que nous appelons possibilité de développement horizontal.
C'est à dire qu'habituellement la carrière se développe de manière presque linéaire avec une progression jusqu’à 65 ans et ensuite c'est l'arrêt brutal. Ce que nous souhaiterions ce serait une progression plus horizontale, donc à partir de 55-60 ans au lieu de continuer absolument à progresser il faudrait stabiliser la progression, réduire le temps de travail, consacrer du temps aux jeunes et à la transmission du savoir et de la culture d'entreprise et peut-être travailler 2 ans de plus. Mais cela sous-entend une solution au niveau de la LPP pour compenser les pertes de revenu dues à la diminution du temps de travail. Nous souhaiterions une transition plus en douceur et pouvoir amener cette idée sur la scène médiatique et politique pour ouvrir le débat.
MSM : Et la place des femmes dans l'industrie MEM?
Philippe Cordonier : Le problème des femmes dans l'industrie MEM est multiple. Peu de femmes y sont présentes car peu ou pas orientées dans ces domaines, ce problème est culturel mais pas uniquement. Celles-ci ne représentent que 25% des effectifs contre 46% dans les autres secteurs. L'industrie MEM est aussi la branche où le taux d'occupation est le plus élevé, il n'y a pas de temps partiel et les aménagements ne sont guère envisageables. Si l'ont veut utiliser au mieux le potentiel de main d’œuvre, une des solutions serait de baisser un peu le temps moyen de travail pour peut être garder du partiel pour les plus âgés et pour les femmes. Et là on voit bien l'autre problème pour les femmes dans l'industrie, il n'y a que dans le domaine administratif ou la vente où l'on arrive à 65% de personnel féminin mais dans tout les domaines techniques nous sommes entre 5 et 10%. C'est extrêmement faible.
Les femmes formées, un atout limité pour l'industrie
Philippe Cordonier : Selon une étude, seulement un tiers des femmes formées dans la technique continuent leur carrière au sein de la branche MEM. Donc deux tiers des femmes que nous formons dans nos métiers changent de secteur, soit pour des raisons familiales ou parce qu'elles vont travailler ailleurs.
MSM : Avez-vous des pistes pour arrêter cette hémorragie et rendre les professions de l'industrie MEM plus attractives pour les femmes?
Philippe Cordonier : Il faut éveiller dès l'école l'intérêt des jeunes filles pour les métiers de l'industrie. Nous désirons aussi créer une entité au sein de laquelle les femmes qui sont déjà employées par l'industrie MEM feraient la promotion des métiers techniques auprès de leur consœurs en recherche d'emploi ou de reconversion.
Ils nous faut aussi trouver comment encourager les femmes a rester dans nos métiers, leur proposer des conditions plus intéressantes, à savoir favoriser la possibilité de faire une carrière tout en ayant une vie de famille épanouie. Il faudra pour cela permettre l'accès à un temps de travail partiel, créer des structures d’accueil et des cantines pour les enfants de ces collaboratrices ou encore favoriser l'accès à du temps partiel pour les époux. Ce sont des pistes que nous explorons, nous ne pouvons pas les mettre en place nous même mais nous incitons nos entreprises à se tourner vers des modèles de ce genre pour essayer d'optimiser l'utilisation de la main-d’œuvre indigène.
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