Aérospatiale - Espace - Recherche appliquée Micromoteur spatial ionique

Rédacteur: Edouard Huguelet

>> Un vol low-cost vers la lune est dorénavant envisageable, grâce à un micro-moteur ionique, en l'occurrence un moteur ultra-compact qui permettra à de petits satellites d'évoluer librement autour de la Terre et même au-delà. Le premier prototype vient de sortir des laboratoires de l’EPFL. Les chercheurs ont pour ambition de baisser drastiquement les coûts de l’exploration spatiale.

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Seulement un décilitre de carburant pour atteindre la Lune (représentation).
Seulement un décilitre de carburant pour atteindre la Lune (représentation).
(Image: http://bit.ly/HmtcHy)

Seulement 1 décilitre de carburant pour atteindre la Lune? Grâce au moteur ionique MicroThrust, les chercheurs de l’EPFL et leurs partenaires européens comptent inaugurer l’ère de l’exploration spatiale low-cost. Avec quelques centaines de grammes tout au plus, le dispositif est conçu pour prendre place dans de petits satellites d’un poids compris entre un et 100 kilos. Il leur permettra de changer d’orbite terrestre ou de rejoindre des destinations plus lointaines – des fonctions d’ordinaire réservées à de grands et coûteux engins spatiaux. Un premier prototype vient de sortir des laboratoires. Le système est d’ores et déjà pressenti pour équiper CleanSpace One – un nanosatellite nettoyeur de débris spatiaux également conçu à l’EPFL (voir aussi MSM-03/2012, dès page 20) – ainsi que l’essaim de nanosatellites hollandais OLFAR, qui ira traquer les ondes d’ultra-basse fréquence derrière la Lune.

Rendre réellement autonomes les petits satellites

Le moteur est conçu pour être logé dans un satellite aussi compact que 10 centimètres de côté, tel le SwissCube (voir aussi MSM-09/2009, dès page 6). Le prototype ne pèse qu’environ 200 grammes, carburant compris.

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«Pour l’instant, les nano-satellites sont confinés à leur orbite. Notre objectif, c’est de les en libérer», explique Herbert Shea, coordinateur du projet européen MicroThrust et directeur du Laboratoire de microsystèmes pour les techniques spatiales de l’EPFL. Les petits satellites ont le vent en poupe. Les coûts de fabrication et de lancement, notamment, sont moindres – à partir d’un demi-million de francs contre plusieurs centaines de millions pour des satellites conventionnels. Mais il leur manque encore le système de propulsion qui les rendrait véritablement autonomes pour des missions d’exploration ou d’observation.

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