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Quand l'humain donnera la parole aux choses, le quotidien en sera-t-il meilleur ? Les défis de l’Internet des objets

| Rédacteur: Jean-René Gonthier

>> René Bart, coach accrédité chez platinn nous propose une belle histoire, une sorte de parabole pour vulgariser le monde des objets interconnectés et leurs interactions sur notre quotidien. Le prochain forum platinn abordera, pour les systèmes de productions, les défis de l’Internet des objets (IdO, ou IoT Internet of Things).

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Tout un symbole, rConnect ou l'interaction des machines selon GF Machining Solutions.
Tout un symbole, rConnect ou l'interaction des machines selon GF Machining Solutions.
(Image: JR Gonthier)

Or, pensons-y. Hier en fin de journée, le drone d’amazon.com m’a déposé le livre que j’avais commandé la veille. Normal me direz-vous. Effectivement. Mais ce qui a retenu mon attention c’est qu’après avoir déballé le livre, le rayon de ma bibliothèque s’est mis à clignoter à l’endroit où je devais l’insérer ! Et puis, une fois en place, ma tablette me signalait que le fichier Excel d’inventaire de ma bibliothèque comportait le nouveau titre, dûment répertorié. Oui, oui, je sais, je suis un pionnier. J’avais créé ce fichier sur Multiplan en 1984. Lotus 1-2-3 n’existait pas encore et je ne parle pas de Symphony et des progrès « considérables » des différents tableurs pré-Excel qui offraient déjà tout, mais il est vrai moins de lignes et de colonnes !!! Et vous avez dit « onglet » ?

Donc revenons à ma livraison d’hier. Si mon livre trouve sa place « tout seul » et me signale lorsqu’il est « en cours » et « qui le lit », transposé dans ma production, je vais enfin pouvoir me libérer de toute la centralisation pesante, jamais à jour et toujours « truquée » au gré des petits malins qui savent comment insérer une donnée pour expliquer … pourquoi la production est en retard ! Et je n’oublie pas ceux qui « démarrent la production dans le passé », ou ceux qui « changent la date de livraison promise » pour obtenir un bon taux de service. Ou encore les plus stupéfiants (je me demande parfois ce qu’ils fument?) qui « règlent les problèmes de délais » avec des capacités … infinies. On ne va pas se battre ici tout de suite, je sais, il y a des adeptes irréductibles des deux systèmes : capacité limitée ou illimitée.

L’Internet des objets

Il représente l’extension d’Internet à des choses et à des lieux du monde physique. Il consiste en l’échange d’informations et de données vers le réseau Internet provenant de dispositifs, présents dans le monde réel. Il comporte un caractère universel. Ce n’est pas une technologie, mais un système de systèmes. Par exemple :

  • Le conteneur communique (la caissette, le bac … que sais-je ?)
  • Le carton sur l’étagère
  • L’étagère elle-même
  • La palette
  • La pièce qui arrive par la poste
  • L’outil, la machine, le poste de réglage
  • Le marbre de contrôle
  • Le brancard de l’ambulancier
  • Le frigo du boucher
  • Le fût d’huile
  • Le pot de dissolvant
  • La table de la monteuse
  • Le bureau du chef.

La révolution IoT

Je crois qu’il y a une révolution derrière la porte. En effet, tout ce qui est dûment suivi aujourd’hui, en atelier ou ailleurs, fait l’objet de documents, graphiques, signes, images, codes-barres, fiches … on peut allonger facilement la liste. Ces éléments (graphiques, codes, signes) sont imprimés à plat, en output de systèmes informatisés (programme de gestion, d’impression, d’étiquetage, etc). Ces systèmes d’identification ont une tare :

  • Pour les processus internes, en boucle fermée, ça fonctionne aujourd’hui;
  • Pour les situations avec interactions entre différents partenaires commerciaux, en boucle ouverte, l’interopérabilité est une condition sine qua non. La complexité n’est qu’une simple « donnée contextuelle », la compatibilité entre les différents systèmes est donc indispensable !

La transition connectée constitue une révolution. Elle suppose de profondes transformations des méthodes de production et de management. Elle chamboule l’approche classique de la division du travail : « La démocratisation de l’IoT … se conjugue avec une réorientation de la chaîne de production. Elle atteint un niveau de changement comparable à la différence entre le Taylorisme et le Toyotisme » (McKinsey, Internet of Things : Mapping the Value Behind the Hype).

Mais alors, sont en compétition :

  • Les étiquettes et systèmes de lectures,
  • Les applications, commerciales ou sociales ;
  • Les plateformes d’identification des liens et d’images ;
  • Les techniques de vision ;

Attention, éviter la balkanisation

L’existence même du concept IoT dépend de la volonté de standardisation de la communication entre les objets. En ajoutant la minimisation de la consommation énergétique, nécessaire au fonctionnement des objets, apparaissent des solutions comme celle de LoRa Alliance (https://www.lora-alliance.org/), avec laquelle platinn construit un test en grandeur réelle (à l’échelle d’une ville et d’une région).

Un tel système, le lendemain de la réception de mon livre et de son rangement ordonné dans le rayon adéquat de ma bibliothèque, me permettra demain d’arriver au bureau -oui oui celui dans cette rue éternellement encombrée (que vous connaissez)- en glissant tendrement, mais distinctement, les mots suivants à ma voiturette : « Va te garer dans le premier parking libre et revient me prendre à 11h45, j’ai un dîner d’affaires ». A 11h44, ma montre connectée m’aura indiqué que j’ai une minute pour débarrasser la rue du véhicule vide… qui m’attend.

Comment ? Mais en profitant d’une intelligence propre capable de s’auto-organiser. Le rêve. <<

Elle est pas belle la vie ?

Source de l'article: Focus N° 50 de Septembre 2015, www.platinn.ch

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