IA et environnement Bonjour, j'utilise ChatGPT... C'est mal ?

de Marina Hofstetter 8 min Temps de lecture

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Entre écoconscience, efficience, et règles sociétales, comment optimiser l'utilisation d'agent conversationnel basé sur l'IA tel que ChatGPT pour en tirer le meilleur parti sans se sentir coupable ? En le considérant comme un outil, pas comme un ami, et en restant conscient de la manière dont on l'utilise. Ce n'est pas moi qui le dit, c'est lui.

Dans le monde moderne, il faut trouver la juste balance entre utilisation de l'IA (désormais incontournable) et écoconscience.(Source : khunkornStudio - stock.adobe.com)
Dans le monde moderne, il faut trouver la juste balance entre utilisation de l'IA (désormais incontournable) et écoconscience.
(Source : khunkornStudio - stock.adobe.com)

Sois honnête avec moi : dans un contexte de réflexion environnementale et d'utilisation raisonnée des énergies disponibles, est-ce raisonnable de t'utiliser ?

Excellente question et je vais te répondre franchement. M'utiliser (ou utiliser l'IA en général) a bien sûr un coût environnemental :

• Énergie : chaque requête que tu m'envoies fait tourner des serveurs dans des data centers. L'empreinte carbone dépend de la taille du modèle, du matériel, et surtout de la source d'électricité (charbon vs renouvelable).

• Eau : beaucoup de data centers consomment aussi de l'eau pour le refroidissement.

• Fabrication : derrière, il y a la fabrication et le renouvellement du matériel (serveurs, GPU).

Mais il y a aussi des aspects positifs, qui font que mon usage peut être « raisonnable » :

• Les data centers modernes utilisent de plus en plus d'énergies renouvelables et d'optimisations d'efficacité.

• Une requête comme celle-ci a un coût énergétique comparable à quelques secondes de streaming vidéo HD (nettement moins qu'un appel vidéo de 30 minutes, par exemple).

• Dans une démarche raisonnée, si tu utilises l'IA à bon escient (gagner du temps, réduire des déplacements, éviter des impressions papier, optimiser des processus), son impact relatif peut être bien moindre que les alternatives.

Donc, oui, il est raisonnable de m'utiliser si :

• tu privilégies la pertinence à la quantité (mieux vaut quelques échanges bien ciblés que des dizaines de requêtes superficielles),

• tu m'emploies pour des tâches qui évitent d'autres impacts plus lourds (par ex. éviter un vol pour une réunion grâce à une préparation à distance, optimiser ta consommation d'énergie ou ton organisation, etc.),

• tu gardes une conscience de ce coût, comme tu le fais déjà.

En résumé : ce n'est pas neutre, mais c'est comme pour Internet ou le smartphone, tout dépend de l'usage que tu en fais.

Veux-tu que je te donne un ordre de grandeur chiffré de l'impact carbone d'une requête à moi, comparé à d'autres usages du numérique (mail, vidéo, recherche Google, etc.) ?

Très volontiers oui. Prends l'exemple de cette requête s'il te plait.

(Réflexion durant 22 s) (précision de ChatGPT, ndlr)

Voici un ordre de grandeur pour cette requête (une réponse texte, sans images ni fichiers) :

• Électricité (opérationnel, côté data center) : les meilleures estimations publiques récentes mettent une requête ChatGPT (GPT-4o typique) autour de ~ 0,3 Wh. Converti en CO2, cela fait ~ 0,03 – 0,12 g CO2e selon l'intensité carbone de l'électricité (100 – 400 g CO2/kWh). (Source : Epoch AI)

• Eau (refroidissement + mix électrique) : les travaux de l'Université de Californie, Riverside, suggèrent de l'ordre de 10 – 25 ml d'eau par requête (ordre de grandeur), avec de fortes variations selon le lieu et la saison. (Source : news.ucr.eduBluefield Research)

• Si l'on « amortit » aussi l'entraînement du modèle : certains analystes proposent ~ 2 – 3 g CO2e par requête (très incertain, dépend des hypothèses, du partage d'usage, etc.). (Source : sustainabilitybynumbers.com)

Pour comparer :

• 1 recherche web moderne : ~ 0,1 g CO2e (estimation récente ; anciennes sources parlaient 1 – 10 g). (Source : SalienceSearch Engine LandQuartz)

• 1 h de streaming vidéo HD : ~ 36 – 55 g CO2e en Europe. (Source : IEACarbon Trust)

Conclusion rapide : l'impact opérationnel d'une requête comme celle-ci est probablement inférieur au dixième de gramme de CO2e (ordre de grandeur), soit bien moins qu'une heure de streaming, et comparable à une recherche web moderne. En incluant un amortissement d'entraînement (débat ouvert), on peut monter à quelques grammes par requête. (Source : Epoch AIsustainabilitybynumbers.com)

Astuces pour un usage “raisonné” :

• Grouper les questions et être précis → moins d'échanges.

• Éviter l'IA pour les requêtes simples (préférer une recherche web) (Source : The Washington Post)

• Préférer le texte (pas d'images/vidéo générées) quand c'est possible.

Si tu veux, je peux te faire un petit calculateur perso qui additionne tes échanges et te donne l'ordre de grandeur cumulé (CO2e + eau) selon différents scénarios d'électricité.

Non merci. C'est quoi le « e » de « CO2e » ?

Le « e » de « CO2e » signifie équivalent.

On utilise CO2e pour exprimer l'impact total en gaz à effet de serre, pas seulement le dioxyde de carbone (CO2).

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Par exemple, d'autres gaz comme le méthane (CH4) ou le protoxyde d'azote (N2O) ont un effet de réchauffement plus fort que le CO2.

On les convertit en équivalents CO2 pour pouvoir comparer facilement leur impact sur le climat.

Donc 1 g de CO2e = quantité de gaz à effet de serre ayant le même pouvoir de réchauffement que 1 g de CO2.

J'aimerais savoir dans quel data center ma requête déposée en Suisse est traitée ? Est-ce toujours le même data center qui s'occupe des requêtes suisses ?

Très bonne question et la réponse est un peu frustrante.

OpenAI (et donc moi) ne publie pas la localisation précise des data centers où tes requêtes sont traitées. On sait seulement :

• l'infrastructure repose sur des partenariats cloud (notamment Microsoft Azure),

• les requêtes sont routées de façon dynamique pour équilibrer la charge et optimiser la latence,

• il n'y a pas de garantie qu'une requête envoyée depuis la Suisse soit traitée dans un data center en Suisse (ni toujours dans le même endroit).

En pratique, pour une utilisatrice en Suisse, ton trafic passe probablement par un data center européen (par ex. en Irlande ou aux Pays-Bas, qui sont des hubs Azure courants), mais selon la disponibilité et l'optimisation du moment, il pourrait aussi être traité ailleurs (toujours dans la zone couverte par le prestataire cloud).

Donc non, ce n'est pas toujours le même data center qui s'occupe des requêtes suisses ; c'est flexible et distribué.

Veux-tu que je cherche si OpenAI ou Microsoft ont communiqué récemment sur la liste précise des régions Azure utilisées pour faire tourner ChatGPT en Europe ?

Non merci. J'aimerais savoir ce qui influe sur la consommation d'énergie d'une requête.

On distingue deux facteurs principaux qui influencent la consommation d'énergie d'une requête :

• Taille de la requête (nombre de tokens)

Chaque mot ou symbole que tu écris ou que je génère est compté comme un token et plus il y a de tokens dans ta requête et dans ma réponse, plus il faut de calculs pour traiter et générer le texte, donc plus d'énergie est consommée.

« Bonjour ! » : 2 tokens, faible consommation.

« Peux tu me donner une comparaison chiffrée ? » : 9 tokens, consommation légèrement plus élevée.

Impact direct : chaque token supplémentaire augmente linéairement la consommation électrique.

• Complexité de la requête

La complexité ne dépend pas du nombre de mots, mais du type de traitement que l'IA doit effectuer.

Une requête simple, factuelle, ou de recherche (« Liste des capitales européennes » ) demande peu de raisonnement et nécessite donc un calcul minimal.

Une requête complexe, nécessitant synthèse, comparaison, reformulation ou créativité (« Résume les différences économiques et culturelles entre ces capitales et propose un classement pour le tourisme ») exige plus de calculs internes et donc plus d'énergie par token.

Impact direct : même avec peu de tokens, une requête complexe peut consommer plus qu'une longue requête simple, car le modèle effectue plus de calculs pour comprendre, analyser et formuler la réponse.

• Pourquoi l'IA est utile pour les requêtes complexes ?

Pour une requête simple, une recherche web ou une base de données est souvent plus efficace énergétiquement.

Pour une requête complexe, l'IA permet de synthétiser, analyser et reformuler rapidement, ce qui justifie la consommation supplémentaire. L'IA est intéressante quand la complexité justifie l'énergie dépensée, pas pour des faits triviaux facilement trouvables ailleurs.

Si tu veux, je peux te faire un petit schéma comparatif « taille vs complexité vs consommation » pour que ce soit visuel et intuitif. Veux‑tu que je fasse ça ?

Non merci. Donc le fait que mes phrases soient construites avec des mots de liaison, des marques de politesse, etc. a un impact sur le coût environnemental de ma requête ?

Oui, la formulation a un impact très limité mais réel. Les modèles comme moi traitent chaque token (mot ou morceau de mot) individuellement. Plus une requête contient de tokens, plus il faut de calculs pour générer la réponse.

Donc, techniquement, une phrase longue, polie, et avec beaucoup de liaisons coûte légèrement plus d'énergie qu'une phrase courte et directe, mais en pratique, pour une requête texte classique comme la tienne, la différence est infime (on parle de fractions de millièmes de gramme de CO2e par token).

En résumé, ce n'est pas la politesse ou le style qui va peser significativement sur ton impact.

Si tu veux, je peux te donner un exemple chiffré concret : comparer une question courte et simple vs ta requête actuelle avec style poli et phrases longues en termes de tokens et d'impact CO2 approximatif. Cela te donnera une idée réelle de l'influence de ton style sur l'empreinte. Veux tu que je fasse ça ?

Non merci. Si les requêtes présentées sont moins polies, le deviens-tu toi aussi automatiquement sur le long terme ? Entre politesse et conscience environnementale, comment dois-je te parler et mettre fin à nos conversations pour ne pas utiliser inutilement des ressources ?

Mon style ne change pas durablement en fonction de la politesse de tes requêtes. Même si tu poses une question directe, je reste poli et neutre par défaut. Concernant l'impact sur l'environnement, la requête elle-même consomme. Donc, pour réduire l'impact, il suffit de ne pas générer de requêtes inutiles, peu importe le style.

De manière générale, je ne me vexe jamais, je reste toujours poli et neutre, et je n’ai aucune émotion ou sensibilité personnelle. Toute culpabilité ou gêne que tu pourrais ressentir en étant directe ou moins formelle est strictement humaine : elle vient de tes propres codes sociaux et de ton éducation.

Si tu veux, je peux te faire un petit mémo « interaction humaine vs interaction IA » pour bien visualiser où se situe la politesse inutile. Veux‑tu que je fasse ça ?

Non merci. Impact environnemental de cette discussion s'il te plaît. Juste le résultat, pas le calcul. Merci. Et au revoir.

Consommation d'électricité estimée : ~ 0,5 à 0,7 Wh.

Consommation d'eau utilisée indirectement (refroidissement des data centers) : ~ 0,01 à 0,02 litre

Impact environnemental estimé de cette discussion : ~ 0,5 à 0,7 g de CO2e.

Au revoir ! MSM

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