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Et la Chine pourrait enfin passer de croissance externe à croissance interne
Car une nouvelle phase de développement se profile pour elle, mais pas dans la configuration actuelle. Son facteur capital est surévalué et son facteur travail figé par la pénurie de main d’œuvre. Comme dans toute situation de plein emploi des facteurs de production, elle doit passer d’une croissance externe à une croissance interne par une hausse de la productivité. Or, le coût du travail, même en ayant augmenté ces dernières années, y est encore un sixième de la moyenne de l'OCDE. Et l’évolution actuelle de sa main d’œuvre vers les cadres ou « cols blancs » est un levier possible de compétitivité sur le facteur travail. Alors que la tendance démographique en baisse est un avantage pour le coût du capital. La Chine a donc les moyens pour atteindre 20000$ de revenu par habitant d'ici 2030, soit le niveau actuel de la Corée ou de Taiwan. Mais cette transition entre croissance externe et interne nécessite une phase de consolidation dont beaucoup croient qu’elle causera chômage et instabilité sociale. De telles inquiétudes ne sont pas fondées : la réforme économique de 1997-2001 concernait une population active plus importante et n’a pas pour autant causé de heurts majeurs car les Chinois étaient conscients de l’espoir de prospérité qu’elle représentait. Les conditions d'une consolidation ne sont que plus favorables aujourd’hui car avec la pénurie de cols bleus sur le marché du travail, une consolidation n’aura pas d’impact majeur sur le chômage.
Le changement est donc pour maintenant...
Car le temps presse : l'investissement en capital fixe a triplé en cinq ans pour atteindre un niveau actuel de 70% du PIB nominal. S’il triple à nouveau, son montant sera supérieur à celui de toute l'économie des Etats-Unis et il n'y aurait pas assez d'argent dans le monde pour le financer. Qu’il le veuille ou non, Xi Jinping sera l’homme de la réforme de l’économie chinoise. <<
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