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Mais il est difficile de diminuer le recours à cette pratique endémique
Car les gouvernements locaux restent propriétaires des terrains. Ils ont entretenu au maximum la bulle en volume comme en valeur, étant donné que chaque transaction immobilière y est pour eux source de revenu. Selon le BNS, 10,6 milliards de m2 carrés de propriétés étaient en construction fin 2012. Au prix moyen du marché actuel cela représente 1,5 fois le PIB chinois : Il n’y a pas assez d’argent dans tout le pays pour les financer. L’immobilier est décorrélé de la réalité et l’inflation est galopante : la masse monétaire totale (M2) a cru de 13,8% sur un an. Les fondamentaux économiques impliquent de la ralentir à 10% mais l’absorption des stocks existants nécessiterait au moins 20%. Et le marché immobilier montre déjà un ratio prix/revenu similaire à celui du Japon dans les années 80, avant qu’il ne s’écroule. La recherche de nouveaux fonds pour maintenir un tel élan a déjà conduit les gouvernements locaux à demander des paiements d’avance l’an dernier et à imaginer de nouvelles formes de taxation. Même s’il voit le mur se profiler à l’horizon, quel maillon de la gigantesque chaine gouvernementale accepterait de prendre sur lui d’arrêter de profiter de ce Ponzi s’il voit ses voisins continuer à le faire? Mais trop d’impôt tue l’impôt : la charge fiscale sur les consommateurs et les entreprises est déjà très élevée et de plus en plus de consommateurs chinois préfèrent faire leurs achats, voire émigrer, à l’étranger. Le défi dont Xi Jinping hérite est donc d’évoluer entre ces deux limites. Car si l’inflation et la bulle immobilière figent aujourd’hui le niveau de vie des Chinois, il faut que tous les agents en soient conscients dans leurs choix. Tout en sachant qu’une action trop forte du gouvernement serait contre-productive et bloquerait tout autant l’économie nationale.
Pourtant, la réduction des ICF est la seule solution durable pour Pékin
Sans remettre en cause son modèle de gestion par la planification de l’économie, le gouvernement central pourrait geler le montant total de ses dépenses à son niveau actuel de 16.2 milliards de Yuans (2 milliards d’Euros). La croissance économique ralentirait progressivement et proportionnellement et les acteurs privés seraient amenés à prendre le relai pour relancer l'économie d’une façon plus pragmatique et adaptée à la réalité actuelle, car motivée par la recherche du profit. Afin d’éviter qu’ils n’aient pas encore plus recours à l’ICF pour cela, ce qui causerait le reflux des IDE, la chute du Yuan et une crise sans précédent, Pékin devrait également plafonner la Formation Brute de Capital Fixe à son montant actuel de 12.4 milliards de Yuans (1,5 Milliards d’Euros). Seules ces réformes combinées pousseront les agents économiques à adopter un comportement en liaison avec le stade de développement dans lequel leur pays entre. A condition bien sûr que Mr Xi parvienne à réduire les exutoires souterrains de l’économie informelle en jugulant la corruption comme il l’a annoncé.
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