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Les clichés ont la dure ! La désindustrialisation est une idée fausse

| Auteur / Rédacteur: Gilles Bordet, rédacteur MSM / Gilles Bordet

Pierre Veltz, né le 24 novembre 1945, est un chercheur français, ingénieur, sociologue et économiste, spécialiste de l'organisation des entreprises et des dynamiques territoriales.

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Dans son dernier ouvrage, Pierre Veltz tire un portrait très réaliste de l'industrie d'aujourd'hui et anticipe ses évolutions futures.
Dans son dernier ouvrage, Pierre Veltz tire un portrait très réaliste de l'industrie d'aujourd'hui et anticipe ses évolutions futures.
(Source : Witt/Sipa)

Il est l'auteur de plusieurs ouvrages dont « Le nouveau monde industriel » (Gallimard 2008) et « La grand transition » (Seuil 2008). Son dernier livre qui vient de paraître et qui s'intitule « La société hyper-industrielle. Le nouveau capitalisme productif » (Seuil, col. La République des idées) brise les idées reçues sur la quatrième révolution industrielle.

Une industrie en pleine mutation

Dans son nouvel ouvrage Pierre Veltz brosse un portrait plutôt optimiste de l'avenir industriel européen. Son avis d'expert tranche avec l'opinion générale qui prévaut dans ce domaine. Pour lui notre société se dirige vers une ère hyper-industrielle, alors que l'opinion publique s'inquiète d'une tendance inverse. Pierre Veltz s'explique : « L'opinion est très influencée par l'idée que nous serions entrés dans une ère post-industrielle, dématérialisée et que l'industrie disparaîtra peu à peu. Ou par l'idée que la robotisation nous conduirait à une raréfaction dramatique de l'emploi. Au contraire, la nouvelle industrie que l'ont voit émerger est une industrie servicielle, qui valorise les fonctionnalités, qui se fonde sur les usages et pas seulement sur des produits à obsolescence rapide. »

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La frontière entre industrie et services se confond désormais

Au centre de l'analyse faite par Pierre Veltz de l'industrie européenne d'aujourd'hui, la distinction entre industrie et services n'est plus pertinente. Voila déjà plusieurs années que la majorité des travailleurs de l’industrie sont employés à des tâches intellectuelles plus que manuelles. D'ores et déjà, l'industrie comporte une part de services complexes qui domine dans la valeur ajoutée. La part des salaires dans le prix final des produits est faible en regard du capital et des technologies utilisées. Pierre Veltz cite à témoin les ordres de grandeur de l'iPhone d'Apple : « Grosso modo, les deux-tiers des emplois sont hors Etats-Unis, essentiellement en Chine, mais les deux tiers des salaires versés le sont aux Etats-Unis. Les salaires chinois ne représentent que des miettes : 2 à 3 % du coût total. »

Pierre Veltz ne pense pas que nous soyons entrés dans une période de croissance faible en terme d'emplois : « Personnellement je ne crois pas l'idée d'une stagnation séculaire, à un épuisement des gains liés au progrès scientifique et technique. Sans doute, le nouveau capitalisme productif, dont je parle, n'en est qu'à ses débuts et ses effets réels ne sont pas encore manifestés.» Un ouvrage passionnant disponible chez Payot au prix de 18,30 chf. MSM

Source :Pierre Veya, le matin dimanche

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