Hausse des prix des matières premières Quel est l'impact de la forte hausse des prix des matières premières sur l'industrie MEM ?

de Source : Swissmem / Jean-Philippe Kohl

Au cours des derniers mois, l'industrie s'est bien remise de l'effondrement lié à la pandémie. Toutefois, les prix des matières premières et de l'énergie ont fortement augmenté. Les acteurs ayant conclu des contrats de livraison à long terme avec des prix fixes sont pour l'instant encore protégés. Les autres entreprises se voient actuellement dans la situation d'essayer de compenser les coûts supplémentaires en les répercutant sur leurs clients. À moyen et long terme, il leur reste la possibilité d'éviter l'augmentation des prix des matières premières et de l'énergie par la substitution.

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L'industrie MEM dépend des matières premières, des intrants et de la consommation d'énergie pour fabriquer ses produits. Or, tous les prix sont en augmentation.
L'industrie MEM dépend des matières premières, des intrants et de la consommation d'énergie pour fabriquer ses produits. Or, tous les prix sont en augmentation.
(Source : Gerd Altmann / Pixabay)

Globalement, la situation dans l'industrie MEM est en fait très encourageante, même s'il existe des différences entre les sous-branches (par exemple, les sous-traitants automobiles sont menacés par le chômage partiel). Les chiffres d'affaires et les entrées de commandes ont si bien évolué au cours du premier semestre 2021 que le niveau d'avant Corona devrait très probablement être retrouvé, voire dépassé, au troisième trimestre. La forte baisse liée à la pandémie de l'année dernière serait donc suivie d'une reprise tout aussi forte cette année. Un développement typique en forme de V propre à notre branche. Toutefois, la question reste ouverte de savoir comment la forte hausse récente des coûts d'approvisionnement en matières premières, énergie, intrants et composants électroniques va ralentir la reprise de l'industrie MEM.

L'industrie MEM dépend naturellement des matières premières, des intrants et en particulier de la consommation d'énergie pour fabriquer ses produits. Les prix de ces facteurs de production ont fortement augmenté au cours des dernières semaines et des derniers mois. Selon les chiffres de l'Office fédéral de la statistique, entre septembre 2019 (c'est-à-dire avant Corona) et septembre 2021, l'acier a augmenté de 64 %, les tuyaux en acier de 39 % et l'acier transformé de 27 %. Le prix de l'électricité sur le marché spot est passé à plus de 20 centimes/kWh. Avant cela, il fluctuait depuis des années dans une fourchette de 3 à 5 centimes/kWh. Le prix du gaz a plus que doublé. Les prix des métaux industriels les plus importants ont également fortement augmenté par rapport à la période pré-Corona : cuivre + 60 %, zinc + 55 %, aluminium + 55 %.

S'ajoute à cela qu'il existe des goulots d'étranglement et des retards de livraison dans de nombreux domaines, notamment en ce qui concerne les composants électroniques. Les raisons de cette évolution des prix varient.

Alors comment les entreprises MEM peuvent-elles faire face à la forte hausse des coûts d'approvisionnement ? Elles ont trois possibilités :

1. Les contrats d'approvisionnement à long terme avec des prix fixes, qui sont cependant limités dans le temps, peuvent les protéger un certain temps. Toutefois, dès que ces contrats expirent, les prix actuels sur les marchés publics serviront de base au moment de renouveler les contrats.

2. Il est compréhensible que les entreprises vont tenter de répercuter les prix d'approvisionnement plus élevés sur leurs clients. Cette approche peut être acceptée si l'entreprise a la chance d'être active dans un secteur de niche sans véritable concurrence. Le client n'a alors guère d'autre option que d'accepter l'augmentation des prix. Toutefois, si cela n'est pas le cas, les coûts d'approvisionnement plus élevés se font au détriment de la marge bénéficiaire de l'entreprise. L'industrie MEM serait ainsi soumise à une pression supplémentaire, car la situation bénéficiaire de l'ensemble de la branche n'est pas très réjouissante. Dans l'année corona 2020 (chiffres les plus récents), 24 % des entreprises indiquaient une marge EBIT négative. Pour 31 % des entreprises cette dernière se situait même seulement entre 0 % et 5 %.

3. À moyen et long terme, il reste la possibilité d'éviter l'augmentation des prix des matières premières et de l'énergie par la substitution. Toutefois, cela n'est pas le cas de façon générale et n'est possible que par l'intermédiaire du cycle d'investissement. La condition pour cela consiste dans le fait d'avoir une technologie alternative, qu'il s'agisse du remplacement de l'ancien matériel par un nouvel équipement ou de l'exploitation de l'énergie en remplaçant le gaz par l'électricité. Pour différents procédés à haute température, par exemple, cette alternative technologique n'existe pas encore aujourd'hui. De plus, toute substitution technologique doit également être rentable. Si tant le gaz que l'électricité augmentent en même temps, comme c'est le cas actuellement, seul le cas individuel mettra en évidence si l'utilisation de l'électricité au lieu du gaz est également rentable.

Les prochains mois montreront quelle sera l'influence de la situation difficile actuelle en matière d'approvisionnement sur le développement de l'industrie MEM. Bien que certaines hausses de prix aient été quelque peu corrigées entre-temps (par exemple le gaz), on ne sait pas encore combien de temps durera la tendance à la hausse et quel pourrait être l'impact d'une réaction inverse.

MSM

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