Histoire d'un matériau : le caoutchouc

L'histoire fascinante du caoutchouc

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Le caoutchouc en chiffre

Malgré tout ça le caoutchouc naturel reste un produit essentiel même si aujourd'hui la production de caoutchouc synthétique dépasse les volumes de son cousin naturel. C'est principalement pour certaines de leurs caractéristiques chimiques ou mécaniques supérieures au caoutchouc naturel que les caoutchoucs synthétiques dominent le marché d'une courte tête car dans la pratique, naturel ou synthétique, les volumes de production sont somme toute assez proches.

En 2018, la production de caoutchouc naturel atteignait 13,6 millions de tonnes par année et occupe plus de 10 millions d'hectares. L'offre de caoutchouc naturelle représente environ 45 % du marché mondial pour un total de plus de 27 millions de tonnes au total (naturel et synthétique). Ces chiffres fluctuent en fonction de la demande et de l'offre bien entendu mais également des incidents climatiques tels que les inondations, sécheresses, tempêtes, etc... Le potentiel de croissance des cultures d'hévéa est important tout particulièrement en Afrique où la Côte d'Ivoire est devenue en 2020 le quatrième producteur mondial. Au niveau des caoutchoucs de synthèse les Etats-Unis dominent le marché suivi par la Chine, le Japon, la Russie, l'Allemagne, la Corée du sud et la France. L'Europe fourni près de 20 % de la production mondiale de caoutchouc synthétique. Selon les experts financiers la tendance de fond du marché du caoutchouc est positive et à la hausse. La demande en caoutchouc est portée par les demandes toujours plus importantes des économies émergentes et continuera sa croissance ses prochaines décennies. Par exemple la Chine consomme deux fois plus de caoutchouc qu'elle n'en produit elle-même et le nombre de Chinois ne possédant pas encore de voiture est toujours important. Et il ne faut pas oublier également que le cours du caoutchouc synthétique est indexé à celui du pétrole ce qui fait que lorsque le prix du pétrole augmente la demande en caoutchouc naturel augmente également car ce dernier devient plus rentable.

Les fabricants de pneumatiques restent les plus importants consommateurs de caoutchouc au niveau mondiale. Ce secteur industriel consomme à lui seul 70 % de la production mondiale de caoutchouc naturel et synthétique ! Contrairement à ce que l'on pourrait penser la part de caoutchouc naturel dans la fabrication de pneumatique reste importante.

Certes les pneumatiques destinés aux marchés automobiles ne contiennent plus que 5 % de caoutchouc naturel mais les productions dédiées à l'aéronautique sont constituées à 100 % de caoutchouc naturel plus résistant. Mais bien d'autres secteurs industriels utilisent ce matériau fantastique comme les acteurs des domaines de la santé, gants et préservatifs en tête. Le latex issu de l'hévéa contient des substances allergènes c'est pourquoi on lui préfère souvent le latex de guayule. Il y a ensuite cette kyrielle de produits divers et variés qui utilisent du caoutchouc naturel ou synthétique qu'il serait impossible de lister tellement ils sont nombreux. On peut citer entre autres les joints, les semelles, les silentblocks, les chaussures (nos bottes de jardinage comme celles des combinaisons spatiales des missions Apollo), les revêtements acoustiques, les isolants des câbles électriques, les courroies, les revêtements synthétique (gazon). Sans caoutchouc il n'y aurait plus d'avions en vol ni d'automobiles sur les routes, pas de tunnel sous la manche ou de fusée spatiale. Ce matériau aux multiples caractéristiques nous est devenu indispensable qu'il soit d'origine naturelle ou artificielle.

Un avenir radieux parsemé d'embûches

Plusieurs facteurs affectent négativement l'industrie du caoutchouc. Pour le caoutchouc d'origine naturelle ce sont principalement des facteurs naturels comme le temps de maturation de la plante (6 ans), le dérèglement climatique et le champignon microcyclus ou induit par l'homme comme la monoculture. Il y a également les facteurs sociaux liés aux conditions de travail qui restent difficiles et précaires pour beaucoup de cultivateurs conséquence de la spéculation sur les prix.

En ce qui concerne les caoutchoucs de synthèse les risques sont liés aux cours des marchés des hydrocarbures et aux risques de pénuries. Le pétrole n'étant pas un produit renouvelable contrairement aux plantes à latex.

Dans les deux cas le risque le plus important reste la pénurie et la flambée des prix. Actuellement il n'existe aucun matériau pour remplacer le caoutchouc à cette échelle. Le monde ne peut plus s'en passer et il faudra d'un côté pérenniser notre approvisionnement et de l'autre augmenter la part de recyclage des caoutchoucs.

Il existe trois principales méthodes pour recycler les caoutchoucs :

  • La micronisation : c'est un broyage mécanique pour obtenir des microparticules qui seront réincorporées à hauteur de 10 % dans du caoutchouc neuf.
  • La dé-vulcanisation : c'est un procédé qui détruit les liaisons de soufre de manière propre ce qui permet d'obtenir un matériau recyclé de qualité et réutilisable à 100 %.
  • La pyrolyse : c'est un processus de valorisation du caoutchouc décomposé sous forme d'huile, de carbone noir et d'énergie.

Il y a également des projets alternatifs qui exploitent le latex d'autres plantes plus faciles à cultiver. En effet il faut 6 à 7 ans pour qu'un hévéa soit productif et son exploitation pourra durer jusqu'à 30 ans.

L'université d'État de l'Ohio étudie quelles plantes pourraient remplacer l'hévéa. Parmi les plantes sélectionnées il y a un pissenlit, le Taraxacum kok-saghyz qui présente de nombreux avantages.

Bien que ne produisant qu'un dixième de la quantité de latex par hectare comparé à l'hévéa, ce pissenlit originaire du Kazakhstan est bourré de qualités. À commencer par l'excellente tenue à l'abrasion de son caoutchouc, la possibilité de le récolter trois mois seulement après les semailles et sa grande production de graines ce qui permet d'augmenter rapidement la production.

L'institut de recherche allemand Fraunhofer ISC a développé récemment un pneu appelé Biskya. L'ISC affirme que ce pneu en caoutchouc de pissenlit présente une plus grande résistance à l'usure que le caoutchouc d'hévéa.

Il y a aussi le guayule, un arbuste des régions désertiques des États-Unis et du Mexique qui suscite de l'intérêt.

Quelles que soient les solutions que nous trouverons nous continuerons toujours d'utiliser le caoutchouc pour ses fantastiques propriétés. Sa production, peu importe la plante utilisée n'est pas prête de s'arrêter. La gigantesque demande chinoise comme indienne porte presque à elle seule ce marché qui ne connait que très peu la crise. MSM

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