Reprise difficile pour l'industrie MEM

Les faibles marges pèsent lourd sur l'avenir de l’industrie MEM

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Le changement de structure se poursuit

La situation difficile des entreprises MEM a des conséquences aussi sur le nombre des collaborateurs. A la fin 2016, l’industrie MEM occupait au total 317’600 personnes. Ainsi, quelque 12’600 emplois ont été supprimés au cours des deux dernières années. Au moins, le nombre d’emplois vacants dans les entreprises membres de Swissmem augmente de nouveau depuis le début de l’année 2016.

Le changement de structure rapide devrait se poursuivre encore en 2017. Selon l’enquête encore non publiée « Swiss Manufacturing Survey » de l’institut de gestion technologique de l’université de St-Gall, 46% des entreprises industrielles envisagent des mesures de délocalisation à l’étranger dans les trois années à venir. La réduction des coûts en est la raison principale. Outre les innovations dans les procédés et la production, ceci est le seul moyen pour ces entreprises d’augmenter leur rentabilité en Suisse. Ces résultats sont confirmés par l’évaluation des entreprises recensées en ce qui concerne les emplois menacés. Elles pensent que le nombre d’emplois va diminuer dans la production et augmenter dans les secteurs de la recherche, du développement ainsi que de la gestion de projets.

De meilleures conditions-cadres sont plus que jamais indispensables

L'évolution de la situation dans la branche MEM en 2017 dépend fortement des cours des devises - notamment de l’euro - et de l’évolution de la conjoncture dans les marchés les plus importants. A court terme, seul un affaiblissement du franc par rapport à l’euro pourrait détendre la situation en matière de rentabilité dans de nombreuses entreprises. A moyen et à long terme, des innovations dans les procédés et la production peuvent mener durablement la branche sur la voie de la croissance. Pour cela, il faut d'abord que les entreprises puissent à nouveau générer des marges suffisantes.

La politique a les ressources pour encourager durablement l’industrie suisse en améliorant activement les conditions-cadres au niveau de la politique économique. Concrètement, les entreprises ont besoin d’allègements au niveau des coûts. Nous ne constatons aucun effort à cet égard.

  • Le refus de la RIE III, dont auraient notamment profité les PME de l’industrie MEM performantes dans l’innovation, constitue une opportunité manquée. Swissmem salue la décision du Conseil fédéral de vouloir présenter rapidement une réforme fiscale adaptée. Cette dernière doit en premier lieu permettre de renforcer la place industrielle suisse et de maintenir la charge fiscale des entreprises à un niveau compétitif à l’échelle internationale.
  • La « Stratégie énergétique 2050 » occasionne des coûts supplémentaires sans assurer la sécurité d’approvisionnement en hiver. Par conséquent, Swissmem rejette la nouvelle loi sur l’énergie qui sera soumise au vote le 21 mai 2017.
  • L’assainissement de la prévoyance vieillesse au moyen du paquet « Prévoyance vieillesse 2020 » est importante et urgente. Néanmoins, pour l’industrie il est important que le parlement trouve une solution qui n’entraîne pas de coûts supplémentaires élevés pour les entreprises.

Finalement, les incertitudes actuelles concernant les relations futures de la Suisse avec l’UE compromettent le climat d’investissement en Suisse. Il est grand temps que la politique intérieure retrouve le calme. C'est la raison pour laquelle Swissmem rejette l’initiative « Sortons de l’impasse » et s’oppose aussi au référendum IIM. Les autorités et l’économie doivent veiller à ce que l’application de l’IIM décidée par le parlement règle effectivement l’immigration au moyen de mesures adéquates et que le potentiel de la main-d'œuvre indigène soit utilisé le mieux possible. MSM

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