Le gouvernement américain a décidé d'imposer des droits de douane forfaitaires de 31% sur les produits de l'industrie tech suisse. Alors que la Suisse avait de son côté supprimé tous les droits de douane sur les produits industriels en 2024, cette décision est difficile à comprendre.
L'instauration de droits de douane élévés sur les produits industriels suisses secoue le pays, des secteurs industriels aux instances politiques.
(Source : momius - stock.adobe.com)
Cette mesure touche très durement la branche de l'industrie tech suisse, dont les entreprises se trouve déjà dans une situation conjoncturelle tendue après de nombreux mois de baisse des ventes.
Avec 14,9 %, les États-Unis sont le deuxième marché principal pour l'industrie MEM. Swissmem demande donc au Conseil fédéral d'agir rapidement afin d'au moins atténuer les droits de douane et de faciliter l'accès à d'autres marchés. La politique doit également faire tout ce qui est en son pouvoir sur le plan intérieur afin d'éliminer certains obstacles pour les entreprises. Le chômage partiel, notamment, doit être simplifié et prolongé.
Selon une première analyse, tous les produits de l'industrie tech suisse qui ne sont pas déjà touchés par les droits de douane de 25 % appliqués sur les produits en aluminium et en acier seront soumis à un droit de douane de 31 % ; pour les sous-traitants automobiles, le taux est de 25 %. Ce à quoi s'ajoute encore le fait que les exportations de l'UE ne sont soumises « qu'à » un droit de douane de 20 %. L'industrie tech perd donc relativement en compétitivité sur le marché américain, même par rapport à ses concurrents de l'UE. C'est la raison pour laquelle Swissmem s'attend à une réduction massive des exportations de biens de l'industrie tech vers les États-Unis.
Les PME qui ne produisent pas aux États-Unis sont particulièrement touchées. Ce marché risque de leur échapper, à moins qu'elles ne disposent de produits indispensables. Par conséquent, les entreprises suisses devront désormais faire encore plus leurs preuves à travers leur stratégie consistant à se concentrer sur une niche avec des produits de haute technologie.
85 % des exportations sont destinées à d'autres pays
Pour l'industrie tech suisse, les États-Unis sont le deuxième plus grand marché après l'UE, qui représente 55 %. L'année dernière, les exportations vers les États-Unis se sont élevées à 10,1 milliards de francs suisses, ce qui représente une part d'exportation de près de 15 %. Il ne faut toutefois pas oublier que 85 % des exportations de biens sont destinées à d'autres marchés. Il s'agit maintenant d'agir avec détermination, tout en gardant néanmoins la tête froide, tant au niveau des entreprises que de la politique.
Dans ces circonstances, les autres marchés deviennent encore plus importants pour les entreprises. Le marché principal qu'est l'UE reste au premier plan, mais l'accent est aussi et surtout à mettre sur les marchés émergents comme l'Inde, l'Amérique du Sud, l'Asie du Sud-Est et la Chine. De plus, les investissements dans l'innovation prennent encore plus d'importance. Seuls de meilleurs produits et une efficacité accrue permettront aux entreprises de regagner en compétitivité.
Swissmem conseille déjà activement ses entreprises membres depuis des semaines par le biais de webinaires d'information et de travaux de clarification sur des questions douanières concrètes et continuera à développer ses prestations de soutien.
Agir avec détermination au niveau politique extérieure et intérieure
Au niveau politique, le Conseil fédéral doit maintenant chercher personnellement et de toute urgence à discuter avec les milieux concernés de l'administration américaine et expliquer la politique commerciale ouverte et les avantages de la Suisse. L'objectif doit être d'éviter les droits de douane ou du moins de les atténuer. De plus, la Confédération doit accélérer la facilitation de l'accès aux autres marchés. Concrètement, l'accord de libre-échange avec l'Inde doit entrer en vigueur le plus rapidement possible après l'expiration du délai référendaire. L'accord de libre-échange avec le Mercosur et l'extension de l'accord avec la Chine doivent également être conclus de toute urgence. Sans oublier les Bilatérales III, qui prennent encore plus d'importance qu'avant : la relation avec notre partenaire commercial de loin le plus important doit être réglée rapidement, et les Bilatérales III constituent la voie à prendre pour y parvenir.
C'est dans le domaine de la politique intérieure que la liberté d'action est la plus grande. Pour soutenir l'industrie, la guerre commerciale doit être reconnue comme une justification du chômage partiel et sa durée maximale doit être étendue à 24 mois le plus rapidement possible. De plus, Swissmem attend de toutes les branches et de tous les partis qu'ils soutiennent sans réserve la stratégie de libre-échange de la Confédération. Il s'agit en outre de libérer les entreprises des réglementations ou des charges financières inutiles.
Situation au30.10.2020
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Focus sur l’impact pour l'industrie MedTech
L'annonce publiée touche de plein fouet le secteur suisse des technologies médicales, fortement exportateur. Les États-Unis importent 55 % de dispositifs médicaux de plus de la Suisse qu'ils n'en exportent vers celle-ci. L'enjeu est de taille pour le secteur : en 2023, des dispositifs médicaux d'une valeur de 2,8 milliards de francs ont été exportés vers les États-Unis, ce qui correspond à 23 % (soit près d'un quart) de toutes les exportations suisses de technologie médicale. Les États-Unis sont le deuxième débouché le plus important après l'Union européenne (UE), vers laquelle les entreprises exportent environ deux fois plus (50 %).
L'autorisation de la FDA, un signal pour le commerce extérieur
« Swiss Medtech demande au Conseil fédéral de s'engager activement en faveur de la protection des canaux d'exportation primordiaux, avec des adaptations rapides de la réglementation et des discussions de politique commerciale avec Washington », déclare Damian Müller, président de Swiss Medtech. À ce jour, la Suisse ne reconnaît que les dispositifs médicaux certifiés par l'UE. En 2022 déjà, le Parlement avait chargé le Conseil fédéral d'approuver également les produits bénéficiant d'une autorisation de la Food & Drug Administration (FDA) américaine, afin de garantir l'approvisionnement et de renforcer l'attractivité du site. Désormais, la dimension géopolitique passe au premier plan : « Le Conseil fédéral a le pouvoir d'autoriser rapidement par ordonnance les produits approuvés par la FDA. Ce serait un signal clair au gouvernement américain en faveur du dialogue plutôt que de la politique douanière », a déclaré Damian Müller.
La diversification augmente la résilience
Swiss Medtech mise sur l'ouverture et la diversification, pas sur le cloisonnement. Les plus de 800 entreprises membres sont implantées dans toute la Suisse, des centres urbains aux vallées alpines, et connaissent un succès mondial. Pour assurer leur compétitivité, il faut de bonnes conditions-cadres et des relations commerciales stables. « Les barrières à l'exportation ne menacent pas seulement les entreprises, mais aussi les emplois, l'innovation et la sécurité de l'approvisionnement. La Suisse doit réagir de manière ouverte, déterminée et stratégique à de tels défis », déclare Adrian Hunn, directeur de Swiss Medtech.
Dans un monde géopolitiquement instable, la diversification des partenaires commerciaux gagne en importance. Swiss Medtech exige donc la suppression active des obstacles techniques au commerce et le développement des accords internationaux. « L'UE reste de loin notre principal marché : un emploi sur trois dans l'industrie suisse des technologies médicales dépend de commandes provenant de l'UE. Cette relation doit être renforcée de manière ciblée », souligne Adrian Hunn en guise de conclusion. MSM