Les effets de la force du franc sur les entreprises La force du franc affecte diversement les entreprises

Rédacteur: Jérémy Gonthier

>> Indicatif des grandes orientations des activités industrielles de l’Arc jurassien, le baromètre de la Chambre d’économie publique du Jura bernois (CEP) révèle certaines conséquences concrètes de la décision de la BNS de cesser la défense du taux plancher du franc face à l’euro.

Entreprises liées

Barometre du CEP
Barometre du CEP
(Image: CEP)

Cet outil de collecte d’appréciations subjectives auprès d’entreprises représentatives met en exergue la diversité des situations et la très grande variété des effets sur les entreprises, des différences à considérer en fonction des secteurs, des produits, des positionnements respectifs, des marchés, ou encore des modalités d’organisation. Ces expositions particulières à la force du franc expliquent de surcroit la diversité des mesures appliquées ou envisagées par les entreprises.

« L’hétérogénéité des sensibilités face à l’appréciation subite du franc ne doit pourtant pas occulter qu’une forte majorité des entreprises paraît concernée directement ou indirectement par la hausse rapide de la monnaie nationale » rappelle Patrick Linder, directeur de la CEP. A ce titre, il est capital de constater que la force du franc n’affecte pas uniquement les entreprises exportatrices, mais l’ensemble du système de production industriel et, possiblement, les services et l’artisanat qui lui sont liés. Force motrice de l’industrie de l’Arc jurassien, l’horlogerie paraît, elle, moins brutalement affectée bien qu’elle montre des signes tangibles d’inquiétude. Une observation attentive et régulière de la situation prévaut chez beaucoup à ce stade.

Des effets immédiats et importants se sont manifestés sur les entrées de commandes, parfois dans les minutes suivants l’annonce de la BNS, pour un nombre considérable de sociétés qui ont expérimenté des baisses significatives dans les dernières semaines. Le chiffre d’affaire est déjà affecté pour une bonne part des acteurs industriels interrogés dans le cadre du baromètre industriel de la CEP de telle façon que les tendances générales attendues avant mi-janvier pour 2015 doivent être corrigées à l’aune de la nouvelle configuration relative à la force du franc. Dans une même logique, les attentes concernant les résultats financiers pour les prochains mois sont revues à la baisse par les sondés.

Les mesures drastiques semblent éloignées

Souvent évoquée dans la période récente par différents commentateurs, la perspective du chômage partiel s’avère encore lointaine pour la plupart des sondés, bien que certaines entreprises de la région sont déjà en train d’y recourir pour différentes raisons, probablement moins directement liées à la hausse de la valeur du franc. Pareillement, les licenciements ne sont pas encore à l’ordre du jour malgré la gravité de la situation pour l’essentiel des entreprises interrogées. La volonté des préserver la bonne dynamique de 2014 et le souhait de favoriser la conservation des places de travail et des compétences s’imposent comme des priorités aux yeux des industriels. A cet égard, la compréhension montrée par le domaine bancaire risque de s’avérer cruciale.

Enoncer des réponses adaptées et ciblées

Face à la situation préoccupante que dessinent les appréciations subjectives collectées par le baromètre industriel de la CEP, des réponses précises et adaptées permettant de contourner ou de détourner la gravité de cette phase paraissent devoir être élaborées rapidement, au plan individuel, au plan régional et au plan cantonal.

La commission industrie renforcée de la Chambre d’économie publique du Jura bernois, un organe permanent de conseil groupant des entreprises significatives de la région, estime pertinent de privilégier des outils soutenant le développement des entreprises dans le moyen terme, par exemple au travers d’une prospection dans de nouveaux domaines et sur de nouveaux marchés, d’une aide à l’exportation ou grâce à une présence dans des salons internationaux. La nécessité d’opposer prospection et essor au contexte économique actuel s’impose comme une option privilégiée pour la commission industrie renforcée de la CEP.

Un second axe prioritaire retenu concerne la formation et de la formation continue où des mesures précises et adaptées doivent être élaborées. Il apparaît essentiel à CEP de chercher à permettre au tissu industriel de sortir renforcé de cette période. <<

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