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2016 : Vers une stabilisation des difficultés pour l’industrie Baromètre industriel, attentes pour le premier trimestre 2016

| Rédacteur: Jérémy Gonthier

Le baromètre industriel de la Chambre d’économie publique du Jura bernois (CEP) indique, à l’occasion de son quatrième sondage de l’année, un prolongement sans aggravation des difficultés que connaissent les entreprises depuis le mois de janvier 2015. L’extension de cette phase délicate au premier trimestre 2016, dans le meilleur des cas, menace toutefois d’engendrer des effets dommageables à long terme pour le tissu industriel de l’Arc jurassien et ses petites entreprises qui ont déjà versé un lourd tribut.

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Courbe du baromètre industriel de la CEP.
Courbe du baromètre industriel de la CEP.
(Image: Chambre d'économie publique du Jura bernois (CEP))

Outil subjectif d’évaluation des anticipations conjoncturelles, le baromètre industriel de la Chambre d’économie publique du Jura bernois (CEP) met en lumière les grandes orientations des activités industrielles de l’Arc jurassien. Basé sur un sondage trimestriel plongeant au cœur d’entreprises significatives du tissu industriel régional, ce baromètre révèle les appréciations des acteurs économiques au niveau du volume d’affaires, des résultats financiers, de la capacité d’investissement et, plus généralement, du développement à moyen terme.

Pour le premier semestre 2016, l’outil de compréhension des dynamiques industrielles de la CEP indique que les entreprises s’attendent à un volume d’affaires comparable à celui de la fin de l’année 2015. « La détérioration des affaires ne devrait pas s’accentuer en 2016 même s’il faut rappeler que le niveau d’entrées de commandes est faible depuis l’été 2015 et que cette baisse occasionne des dommages aigus pour les entreprises, notamment les plus petites » précise Patrick Linder, directeur de la Chambre d’économie publique du Jura bernois (CEP). Dans la continuité des tendances indiquées lors de l’année écoulée, les entreprises sondées confirment une baisse des affaires et s’attendent à ce qu’elle se prolonge pour le début 2016.

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Au niveau des finances, l’hémorragie de la seconde partie de l’année 2015 paraît se stabiliser selon les anticipations de la plupart des entreprises interrogées. Les effets de change liés à une monnaie nationale trop forte continuent en revanche de développer des conséquences négatives dans ce domaine entre autre pour toutes les entreprises industrielles. Cette situation délicate se répercute sur l’investissement qui parvient à se maintenir à un niveau acceptable aux yeux de la majorité des sondés, mais demeure inférieur au degré nécessaire tant pour l’alimentation du système interdépendant de production régional que pour la conservation de ses capacités fondamentales d’innovation. Le développement des entreprises dans le moyen terme reste, lui, stable dans la perception de la majorité des acteurs industriels sondés, malgré les fortes pressions imputables aux difficultés de la période. A ce sujet, l’outil du chômage partiel demeure essentiel pour la préservation de la place industrielle et son extension à une durée de 18 mois paraît une disposition nécessaire pour permettre aux entreprises de passer l’écueil.

Difficultés à catégoriser des mesures précises

Pour le sondage consacré au début 2016, les acteurs industriels de la région ont été interrogés de façon précise sur les mesures concrètes qui seraient susceptibles d’améliorer l’exercice 2016. Les réponses des entreprises ne mettent en exergue aucune action directe envisagée ou demandée mais permettent de décrire l’existence de différents champs de préoccupation.

Les conditions-cadre - et spécialement la nature des relations avec l’Union européenne – semblent devoir à tout le moins être préservées et défendues.

L’innovation, difficile en raison de l’érosion des marges et des mauvais résultats financiers, reste la piste la plus importante. Une approche pragmatique et adaptée aux besoins des PME doit néanmoins être privilégiée. Beaucoup jugent en effet que la réponse constituée par la Commission pour la technologie et l’innovation (CTI) n’est pas suffisante et ne correspond pas aux contingences des PME. Des alternatives devraient être rapidement étudiées au niveau fédéral pour prendre en compte la réalité de la structure économique suisse.

Un soutien à l’exportation, renforcé, réactif et prenant en compte les besoins des petites entreprises transparaît également de façon tranchée.

La difficulté à imaginer des mesures concrètes doit cependant être reliée à l’hétérogénéité des situations respectives, à l’organisation propre à chaque entreprise, à des positionnements spécifiques sur les marchés ou à des réseaux productifs différents. Ces différentes situations compliquent une éventuelle réaction collective au niveau politique ou dans les associations économiques. « Si la période est délicate pour tous les acteurs industriels, ses effets se manifestent diversement dans chaque entreprise et entravent la construction d’une réponse uniforme » commente Patrick Linder, directeur de la Chambre d’économie publique du Jura bernois (CEP). Dans l’immédiat, un soutien direct à l’innovation dans les entreprises paraît promettre les meilleurs effets pour l’économie suisse. <<

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