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Ne plus être obligé d'acheter un album entier de musique...
Un autre changement déroutant est l’éclatement du modèle d’achat en milliers de sous-achats. Cela mérite une explication. Si nous étions habitués à acheter un livre ou un CD intégralement, nous voici maintenant habitués à n’en vouloir qu’un morceau ou même une partie. Par exemple, quelques notes musicales pour mon téléphone mobile, quelques pages d’un livre ou encore quelques extraits de films. Tout cela est disponible par simple downloading ou streaming. Nous ne payons pour cette fraction consommée que quelques centimes à quelques francs. Bref, cet éclatement introduit une économie du centime. Les Banques et les organes de Cartes de Crédit ne sont pas aptes à gérer cette situation. Sans doute, l’industrie des télécommunications et quelques start-up de la FinTech en seront les bénéficiaires.
Dans le monde virtuel extrême dont font partie les jeux vidéo, massivement «multi-players» comme «World of Warcraft», «Pokemon Go» une économie directe bien étrange, sans doute précurseur d’un monde nouveau, prend place. On estime la participation à près de 50 millions de joueurs répartis sur toute la planète qui, à travers leurs écrans sur portables, interagissent en atteignant une forme supérieure du jeu par la découverte et la création de situations ou de personnages. Possédant un compte d’acteurs-joueurs, les internautes échangent l’essence même de leurs propriétés intellectuelles.
La créativité des gens ordinaires est en train de bouleverser également le monde de la mode. «Hel Looks», «Gentle Monster» ou «The Satorialist» sont des entreprises de mode qui mettent en valeur les tendances fashions qui se basent sur une vision originale à partir de photographies de rue de gens ordinaires, mais branchés. Aujourd'hui les grands designers de New York, de Tokyo ou encore de Berlin s’inspirent de plus en plus de ce type d'approche.
Dans d’autres domaines, des sites comme «Istockphoto», «Innocentive» ou «Marketocracy» animent le monde de la photographie, de l’innovation et de la gestion financière en faisant largement confiance au public.
Le site Kickstarter a donné ses lettres de noblesse au «crowdfunding», lançant ainsi la mode du financement participatif. Soutenir un projet révolutionnaire pour quelques centaines de francs avec un très grand nombre de participants permettait de réaliser ce que l'industrie du capital risque faisait jusqu'alors. Ainsi des entreprises comme Pebble (spécialiste de la montre connectée) ont pu soulever des millions de dollar. Tous investisseurs ! telle est aussi une conséquence de l'économie directe.
Le philosophe Pierre Lévy nous avait averti, il y a plusieurs décennies déjà, que l’intelligence collective serait le fruit direct du transfert d’interactivité et de compétences vers le plus grand nombre : «nous-mêmes». Times magazine l’a bien reconnu, il y a quelques années aussi, en décernant le titre de l’homme de l’année à «You», c’est-à-dire à «nous-mêmes»! Cet aspect de l'économie du partage renforce encore nettement l'économie directe émergente.
Mais le futur de cette économie révolutionnaire reste le fait que la production massive de données, par nous-mêmes sur nous-mêmes et si possible pour nous-mêmes, va permettre l'éclosion d'une toute nouvelle économie dont les contours sont encore suffisamment flous pour autoriser la génération montante de rêver son propre monde.
Zalando, Spotify, WhatsApp et des milliers de start-ups inventent au quotidien de nouveaux usages des Big Data ... de là grandira sans doute cette économie directe.
Pour conclure, nous pourrions oser faire une analogie avec la démocratie directe. Lorsque la Suisse a poussé le concept de démocratie jusqu’à donner des instruments de gouvernance au peuple comme l’initiative et le référendum, les Suisses ont inventé la démocratie directe. Sommes-nous parvenus à la veille d’un même type d’invention sur le plan économique ? Si le vrai pouvoir des consom'acteurs s’inscrit dans des actions comme supprimer les intermédiaires, changer les modèles ou fixer les prix, ne sommes-nous pas déjà en train de modifier les fondements de l’économie? Tout comme ceux de la démocratie directe d’ailleurs, dont les nouveaux processus de formation et d’expression d’opinion risquent bien de déclasser les « intermédiaires » classiques (partis, députés, lobbyistes)? La réponse ne peut être qu’affirmative ! MSM
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