Vers un nouveau paradigme de création de valeur. Chapitre 3 : Data-Driven Value Chain, une nouvelle vision de la chaîne de valeur Une nouvelle vision de la chaîne de valeur

Auteur / Rédacteur: Source : Manufacture thinking / Gilles Bordet

Le premier constat est que la chaîne de valeur, que l'on appellera « traditionnelle », existe toujours et reste valable pour plusieurs types d'entreprise. Il serait donc maladroit de proposer une nouvelle vision en faisant juste abstraction de ce qu'existe déjà.

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Damian Chiossone, membre du Think Tank Manufacture Thinking.
Damian Chiossone, membre du Think Tank Manufacture Thinking.
(Source : Damian Chiossone)

Cependant, et comme argumenté ci-dessus, il existe aussi un certain nombre de nouveaux processus métier liés à la génération de la valeur par des moyens digitaux, plus précisément à partir de données et d'algorithmes.

On propose alors une nouvelle vision de la chaîne de valeur dans laquelle on puisse trouver tous les éléments mentionnés : ceux qui nous viennent depuis sa forme traditionnelle, largement étudiée depuis les années 80 et donc hors de l'emprise de cet article, ainsi qu'un certain nombre d'éléments nouveaux, regroupés sous une nouvelle dénomination.

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Data-Driven Value Chain

La « Data-Driven Value Chain » regroupe l'ensemble des éléments qui génèrent de la valeur par des moyens digitaux - ils feront alors partie intégrante de la chaîne de valeur. On a mentionné ci-avant certains cas (par exemple les chatbots) et on a aussi établi que toutes ces applications dépendent des données à disposition et des algorithmes pour les traiter afin de bien fonctionner (voir figure 1).

Afin de continuer la réflexion, on propose ensuite une première division dans ce nouveau groupe, trop vaste ; il est impossible de s'arrêter juste après avoir mentionné les digitaux qui génèrent de la valeur. À la suite de nos recherches, nous avons conclu que parmi ces éléments générant de la valeur par des moyens digitaux, il y en a certains qui gardent une relation étroite avec des « Primary Business Processes » traditionnels appartenant à la chaîne de valeur. Il y a alors une nouvelle manière de faire de la logistique ainsi qu'une forme nouvelle de s'attaquer au « marketing & sales » ou de mener le service après-vente. Ce sont donc des processus métier, focalisés sur des domaines spécifiques qui sont partagés avec leurs cousins plus traditionnels, avec des différences notables en termes d'approche par rapport aux derniers, car la technologie, plus particulièrement les données et les algorithmes, joue un rôle central, et sous l'optique traditionnelle la technologie n'est qu'un soutien à l'activité principale.

Data-Driven Business Processes

On définira les « Data-Driven Business Processes » comme des homologues digitaux des processus métier traditionnels, lesquels sont déjà représentés dans la chaîne de valeur originale (supply chain, marketing and sales, customer service).

En revanche, ces nouveaux processus sont majoritairement menés par la technologie, qui devient l'élément central du processus, et non un outil mère de soutien. Il ne s'agit pas juste d'une amélioration des processus existants mais d'une toute nouvelle gamme de processus qui génèrent de la valeur différemment. Ils représentent une autre manière du faire du marketing, de la logistique et du service après-vente. Enfin, ils constituent une toute nouvelle manière de faire du business et de créer clairement de la valeur, tel qu'illustré par les exemples susmentionnés.

Il devient évident que ni la « Data-Driven Value Chain », ni les « Data-Driven Business Processes » ne résisteraient à la moindre analyse à moins qu'on parle aussi de Data de manière explicite dans cette chaîne de valeur. Toutefois, cela ne suffit pas vraiment car les données ne sont qu'une partie de ce construction conceptuelle qui nécessite aussi un élément actif qui dévoile leur potentiel et cet élément n'est autre que les algorithmes.

On retombe sur les propos initiaux : il faut absolument que dans ce nouveau paradigme de création de valeur, les données et les algorithmes y trouvent leur place en tant que fondamentaux pour que ces nouveaux processus métier qu'on mentionnait auparavant puissent y exister tout simplement. On commence alors à déboucher sur une autre sous-division de ces éléments digitaux qui génèrent de la valeur et cette deuxième sous-division va alors regrouper des fondamentaux de ce groupe. Ces éléments sont transversaux à la chaîne de valeur elle-même et permettent aux « Data-Driven Business Processes » d'exister. Ils ne sont pas relatifs à un domaine métier mais ils sont plutôt des compétences organisationnelles requises afin que l'ensemble fonctionne.

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