Automatisation - Robotique - Fabrication d'outils

Un robot Fanuc dope la fabrication d'outils chez Lamina

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Il convient de mentionner que le succès de l’entreprise Lamina s’appuie sur plusieurs piliers. Ce n’est pas uniquement la maîtrise parfaite du processus d’automation dans la fabrication de plaquettes de coupe; maîtrise que d’autres producteurs peuvent aussi faire valoir. Lamina occupe en plus une position particulière du fait que ses plaquettes conviennent pour l’usinage de plusieurs matières; un avantage essentiel assurant son succès sur le marché mondial. À cela s’ajoute un autre élément: fabriquer des plaquettes ayant un arrondi d’arête de coupe de 35 µm rien que par la compression et le frittage est un exploit techniquement hors du commun. Finalement la distribution: au moment où les plaquettes de coupe sortent de l’unité de revêtement, elles ne sont évidemment pas encore vendues.

Avec une part à l’exportation de 98%, la PME de 30 personnes (au niveau de la production) doit forcément disposer d’une organisation de vente de premier plan. En définitive, les utilisateurs doivent être satisfaits de la qualité des plaquettes venant d’Yverdon-les-Bains pour en commander à nouveau. Pour cela, un excellent rapport prix-performance est indispensable. Les utilisateurs apprécient beaucoup le fait qu’une plaquette de coupe suffise pour l’usinage d’une multitude de différentes matières.

La dernière pièce du puzzle et non la moindre sont les processus de production parfaitement adaptés les uns aux autres. C’est là où les robots Fanuc y compris le savoir-faire en méthodes de production sont des atouts essentiels. Ils assurent la rentabilité de l’entreprise à un niveau supérieur permettant de continuer à produire en Suisse.

Entretien avec Yuval Amir

SMM: Comment avez-vous trouvé concrètement cette solution d’automation?

Yuval Amir: Nous étions depuis un certain temps déjà à la recherche d’une solution économique par robot pour ce processus de manutention. À ce sujet, nos idées étaient relativement précises et nous avions cherché en fait des solutions par un robot Delta.

La vitesse et l’accélération sont-elles décisives pour cette manutention?

Y. Amir: Dans le domaine de la prise et dépose, c’est le cas de notre application actuelle, la vitesse est primordiale. D’après nos connaissances, le robot Delta présente la solution robotique la plus rapide de toutes les solutions d’aujourd’hui du marché. Un autre critère a été la portée du robot par rapport à notre utilisation; un critère aussi entièrement satisfait. Sur la base de nos expériences avec les robots Fanuc, c’est-à-dire une excellente disponibilité et une fiabilité absolue, la décision d’acheter de nouveau un robot de ce fournisseur japonais a été assez facile à prendre.

Y-avait-il encore d’autres critères de décision?

Y. Amir: Un autre point très important a été que nous voulions jouer le rôle de précurseur technique; raison pour laquelle nous utilisons une technique de pointe avec le robot Delta. En effet, dans le secteur de prise et dépose, ce robot occupe actuellement de loin la première place; son design est exceptionnel, sa vitesse impressionnante et la conception globale intégrée absolument convaincante.

En matière de maîtrise de la technique, les Japonais sont-ils en avance sur les Européens?

Y. Amir: C’est une bonne question qui me permet de donner mon avis. En fait, je ne peux le confirmer ainsi. Vous devez savoir que le principe du robot Delta est un développement suisse. Il a été conçu en 1980 par Raymond Clavel. L’une des caractéristiques des cinématiques parallèles c’est leur rigidité élevée pour une masse en mouvement faible. Entre temps, les droits de brevet venaient à expiration et l’entreprise Fanuc a repris la conception, l’a réalisé et commercialisé ce qui n’a pas été moins exigeant. C’est dans ce contexte que le robot Delta peut tout à fait être considéré comme une symbiose suisse-japonaise.

Quels sont les outils logiciels mis en oeuvre?

Y. Amir: C’est vrai que pour cette application, l'aspect logiciel est très complexe. Dans ce processus de prise et dépose, cinq systèmes informatiques jouent chacun un rôle essentiel. Ce sont entre autres un progiciel pour le service, un logiciel destiné à la cinématique du robot et un pour le système de vision. Nous devons maîtriser tous ces systèmes dans les moindres détails pour pouvoir les adapter à nos besoins. Ces progiciels doivent parfaitement fonctionner ensemble. C’est un travail très exigeant dont notre équipe peut être fière de la réussite.

Quels sont les points forts de l’entreprise?

Y. Amir: Je pense que notre force principale réside dans notre savoir-faire de processus. En regardant notre dernière intégration de robots Delta, nous étions occupés assez longtemps à apporter des réglages fins au système. C’était une période intensive et exigeante; cela n’est possible qu’avec du personnel hautement motivé et qualifié. Pour revenir à Fanuc: si l’on sait comment utiliser ces robots dans la production et le montage, le lieu de fabrication ne joue plus aucun rôle. Par contre, il est primordial d’avoir des collaborateurs qui savent comment réaliser et maîtriser le processus.

Serait-il possible de réaliser une telle fabrication aussi ailleurs?

Y. Amir: Ceci ne peut être généralisé. Il faut pouvoir s’entourer des bonnes personnes. Nous avons une productivité de 98%. En Allemagne, on peut atteindre une productivité de 93%. En utilisant le même système en Italie, la productivité sera de 85%. Si l’on investit des moyens considérables dans un système comme le nôtre, il faut aussi pouvoir le maîtriser. Cela n’est pas évident. La Suisse est un lieu fabuleux pour une production sous cette forme. L’infrastructure est remarquable et nous pouvons trouver en France aussi des collaborateurs de haute qualité. Finalement, je ne crois pas que nous puissions fabriquer aujourd’hui nos plaquettes de coupe dans d’autres pays de façon plus économique. Nos processus de production sont exceptionnels.

Cela signifie que la Suisse est une place industrielle d’avenir ?

Y. Amir: Je pense que généralement, nous pouvons fabriquer en Suisse non seulement des composants de haute qualité au prix élevé mais également des pièces et des sous-groupes plus simples. Le grand défi c’est de produire en Suisse des composants plus avantageux qu’en Chine sous toutes autres conditions. En Suisse, nous pouvons produire des montres à 500 000 francs mais aussi des montres à 100 francs. C’est précisément ce qui caractérise la place industrielle suisse. Les exigences sont totalement différentes. Autrement dit, avec une production adéquate, nous sommes capables de fabriquer en Suisse n’importe quel produit. <<

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