Starrag Tornos annonce des entrées de commandes stables mais des marges en baisse, fortement impactées par le déclin du secteur due l'horlogerie et du luxe. Malgré le chômage partiel en Suisse romande, le groupe fusionné affiche une trésorerie et des bases solides pour l'avenir.
Martin Buyle, CEO du Groupe StarragTornos.
(Source : Ralf Baumgarten)
Le groupe StarragTornos navigue actuellement dans un paysage complexe, défini par de forts contrastes régionaux et sectoriels. L'entreprise, une référence mondiale pour les solutions d'usinage de haute précision en fraisage, tournage, meulage et alésage, a présenté des résultats financiers mitigés mais résilients pour l'année écoulée. Avec une riche histoire remontant aux années 1860, un effectif de 1800 employés, et 11 sites de production dans le monde, le groupe exploite activement les synergies de sa fusion pour surmonter la crise sévère de certaines industries clés, en particulier en Suisse, tout en capitalisant sur des secteurs en plein essor.
Martin Buyle, CEO du groupe StarragTornos
Interview
Qu'est-ce qui motive aujourd'hui les investissements de vos clients ? Quel impact vos racines européennes ont-elles sur le marché européen ?
Les moteurs d'investissement varient considérablement selon les secteurs. Dans la défense, c'est le besoin immédiat de construire un mur de défense crédible ; dans l'aérospatiale, c'est la mobilité mondiale et des carnets de commandes massifs d'avion de ligne. De manière générale, les clients investissent pour gagner en efficacité, en précision et en automatisation, face à une grave pénurie mondiale de main-d'œuvre qualifiée. Ils ne veulent plus seulement des machines, mais des systèmes de fabrication complets. Nos racines européennes sont effectivement un atout crucial, surtout pour le secteur de la défense.
Comment s'annonce 2026 pour les sites de production de Suisse romande, compte tenu du chômage partiel actuel ?
Ces sites sont très lourdement impactés par le déclin du segment des biens de luxe, ce qui justifie le maintien du chômage partiel. Cependant, au lieu de déplacer notre personnel entre les régions, nous déplaçons la charge de travail. Nous utilisons par exemple activement l'usine de Moutier comme usine de débordement pour la production que nos sites saturés ne peuvent pas absorber. Cette synergie nous permet d'équilibrer nos capacités, d'atténuer les effets du ralentissement et de conserver la main-d'œuvre hautement qualifiée dans l'Arc jurassien, garantissant ainsi que l'entreprise restera pleinement opérationnelle lorsque le marché du luxe rebondira.
Stabilité financière, mais rentabilité en baisse
Les entrées de commande sont restées stables en 2025 par rapport à l'année précédente, avec 473 millions de CHF enregistrés. Cependant, le chiffre d'affaires net a connu une baisse d'environ 10,5 %, s'établissant à 442 millions de CHF. cette baisse s'explique en particulier par la réduction drastiques des investissements dans le secteur du luxe et plus précisément de l'industrie horlogère suisse. Pour cette raison, la direction a pris des mesures pour réduire les charges de personnel et d'exploitation avec l'introduction du chômage partiel sur les sites de production de Moutier, Vuadens et Chemnitz.
Cette contraction des revenus a eu un impact prononcé sur la rentabilité. L'EBIT du groupe a chuté de 15 à 6 millions de CHF, représentant une marge EBIT de 1,4 %, un chiffre que la direction admet volontiers être bien en deçà de son objectif ambitieux de 8 % à moyen terme. Le bénéfice net 2025 s'est ainsi établi à 5,3 millions de CHF.
Malgré ces obstacles, le bilan du groupe est plutôt robuste. Le flux de trésorerie disponible a bondi de manière spectaculaire. En remboursant totalement ses dettes, l'entreprise a atteint une position de trésorerie nette solide de 29 millions de CHF. L'entreprise a investi plus de 32 millions de CHF dans les programmes de R&D. Un programme de réduction des stocks est également en cours et a fait ses preuves en 2025, réduisant la valeur d'inventaire de 215 à 177 millions de CHF. Cette valeur particulièrement élevée est un héritage des actions mises en place lors de la pandémie de COVID-19 pour contrecarrer les perturbations logistiques.
Deux innovations sorties en 2025
Pour répondre aux besoins de ses clients dans tous les domaines, le groupe a présenté en 2025 les Tornos Swiss DT 7 et Swiss DT 10. Ces machines modulaires et compactes intègrent des capacités de fabrication numérique en boucle fermée.
La nouveauté Starrag STC 1250 HD s'adresse quant à elle aux acteurs de l'aérospatiale et la fabrication de structure en titane.
Industrie du luxe : une crise temporaire
Le secteur du luxe et de l'horlogerie nécessitent des machines capables d'offrir une qualité de surface inégalée et une micro-précision absolue pour les composants horlogers complexes, et est de ce fait un marché historique pour StarragTornos. Cependant, le marché connaît actuellement un ralentissement drastique. Les entrées de commandes dans ce segment spécifique ont plongé de 45 % entre 2024 et 2025, tombant ainsi sous la barre des 30 millions de CHF. La direction ne s'attend à une reprise avant 2027.
Cette crise est visible sur les résultat du groupe en Europe. Bien que ce marché reste le principal marché de l'entreprise, les entrées de commandes en provenance de l'Europe ont chuté de 19 %, alors qu'elles ont augmenté sur les autres continents.
MedTech et dentaire sous pression des coûts
Un autre domaine de spécialisation essentiel pour le groupe sont les industries MedTech et dentaire. Ces secteurs sont structurellement soutenu par le vieillissement de la population mondiale, qui entraîne une demande soutenue de produits orthopédiques, d'implants dentaires, et d'instruments chirurgicaux de précision.
Bien que ce marché reste un pilier fiable, il n'est pas à l'abri de la réalité économique. L'industrie de la santé est confrontée à des pressions importantes sur les coûts. Les fabricants exigent de plus en plus des machines hautement efficaces et automatisées pour faire face à la pénurie mondiale de main-d'œuvre qualifiée. Par conséquent, StarragTornos aborde ce segment en proposant à ses clients des solutions de fabrication complètes et automatisées intégrant l'outillage, les logiciels, et la robotique.
Bien que le segment MedTech ait connu une baisse notable en 2025, les fondamentaux à long terme restent solides en raison de la nature non cyclique de la santé.
Impact sur la Suisse romande
La forte divergence de la demande en fonction des secteurs a également de profondes implications géographiques, en particulier pour les sites de production du groupe en Suisse romande, comme les sites historiques de Tornos à Moutier et de Starrag à Vuadens. Ces usines sont profondément liées aux industries horlogères et MedTech.
Situation au30.10.2020
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En raison de l'important ralentissement du secteur du luxe, ces sites romands souffrent actuellement de sous-utilisation, ce qui a conduit l'entreprise à recourir au chômage partiel. Le défi pour la direction est complexe : le groupe ne peut pas simplement temporairement délocaliser sa main-d'œuvre francophone hautement spécialisée vers des usines tournant à plein régime comme celle de Rorschach en Suisse alémanique, car cela est logistiquement compliqué et très coûteux. Par ailleurs, tous les sites n'ont pas nécessairement les compétences techniques nécessaires pour décharger les sites de production en surcharge.
La situation pour la Suisse romande en 2026 risque fortement de ressembler à celle de 2025, en attendant le rebond de l'industrie horlogère (voir encadré).