Intelligence artificielle Quel est l'impact de l'intelligence artificielle sur la formation professionnelle ?

de Swissmem 5 min Temps de lecture

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Voici la thématique de la Journée Swissmem de la formation professionnelle 2025 qui s'est déroulée en janvier dernier. Plus de 220 personnes du monde de la formation professionnelle se sont réunies à Neuchâtel, ville natale du pédagogue Jean Piaget, qui a mené des recherches influentes notamment dans le domaine du développement de l'enfant, pour s'entretenir sur les bases, échanger des expériences personnelles et discuter de concepts.

Il est indispensable de former les jeunes à une utilisation adéquate et responsable de l'intelligence artificielle.(Source :  MOTOKO Stock - stock.adobe.com)
Il est indispensable de former les jeunes à une utilisation adéquate et responsable de l'intelligence artificielle.
(Source : MOTOKO Stock - stock.adobe.com)

Depuis que ChatGPT a été présenté au grand public il y a un peu plus de deux ans, les choses ont énormément évolué. Comment la formation professionnelle peut-elle réagir à ces évolutions fulgurantes ? Et peut-elle créer des liens avec l'intelligence artificielle et avancer avec elle vers le futur ? La Journée Swissmem de la formation professionnelle a permis de s'orienter et de trouver de l'inspiration.

Aucune nouvelle technologie ne s'est répandue aussi rapidement que les modèles linguistiques génératifs.

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L'intelligence artificielle soulève des questions fondamentales

Et une chose est claire pour tous les utilisateurs et toutes les utilisatrices : l'impact de l'IA sur la vie quotidienne est énorme et n'en est qu'à ses balbutiements. L'animatrice Jennifer Covo avait déjà guidé les participants et les participantes à travers un programme varié lorsque Richard-Emmanuel Eastes, responsable du développement académique et pédagogique du personnel enseignant à la Haute école spécialisée de Suisse occidentale (HES-SO), est intervenu. Il a résumé une nouvelle fois le thème avant de poser un cadre à travers les questions suivantes :

  • Comment enseigner l'IA ?
  • Comment pouvons-nous apprendre et enseigner avec l'IA ?
  • Comment enseigner dans la perspective d'un futur monde d'IA ?

Enseigner l'IA

Dans le cadre de la première question, il s'agit de faire comprendre ce qu'est l'IA et ce que l'on peut attendre d'elle. Silvia Quarteroni, responsable de l'innovation au Swiss Data Center de l'EPFL, avait déjà présenté dans son exposé d'introduction les différents types d'IA ainsi que leurs chances et leurs risques.

La table ronde avec des apprenti/es qui a suivi a démontré qu'ils et elles avaient bien compris les grandes lignes de l'IA. Cette catégorie de personnes utilise déjà l'IA de diverses manières, mais sait aussi tout à fait prendre une distance critique : à son avis, il ne faut faire confiance qu'à environ 50 % des résultats. M. Eastes partage également ce point de vue : il considère l'IA comme un assistant et un partenaire, mais pas comme une encyclopédie ou un prête-plume pour les travaux d'écriture.

Apprendre et enseigner avec l'IA

Tout au long de la Journée Swissmem, il est apparu que l'IA peut offrir un soutien précieux pour l'apprentissage et l'enseignement. Il ne s'agit donc pas d'ériger des murs, mais plutôt d'évaluer les potentiels. M. Eastes a identifié des avantages, par exemple dans le domaine de la création de documents de formation ou pour l'enseignement personnalisé pendant l'apprentissage. À l'aide de différents exemples pratiques, des formateur/rices et des apprenti/es du CPNE avaient auparavant donné un aperçu de leurs premiers essais et montré les avantages concrets de l'IA.

Former dans l'optique d'un monde d'IA

Un apprentissage doit préparer au futur monde du travail et poser les bases qui permettront d'apprendre tout au long de la vie. En raison des grands changements induits par l'IA, les questions suivantes se posent aux formateur/rices : que doivent apprendre les jeunes ?

Comment doivent-ils apprendre ? Comment organiser les leçons ? Comment évaluer les résultats ?

Une chose est claire : ce que l'IA peut faire seule ne devrait pas être l'objectif d'apprentissage. Il s'agit plutôt de développer et d'évaluer des solutions qui peuvent certes comporter une composante d'IA, mais qui reposent en premier lieu sur l'appréciation et la création personnelles des apprenti/es.

L'humain peut se démarquer de l'intelligence artificielle

Quelles sont les compétences qui devront faire l'objet d'une attention particulière à l'avenir ? Pour R.-E. Eastes, il est clair que l'être humain ne devrait pas entrer en concurrence unilatérale avec l'IA dans des domaines où l'IA peut aujourd'hui déjà, ou pourra dans un avenir proche, réaliser de meilleures performances. Il faut plutôt mettre l'accent sur les domaines dans lesquels les points forts humains sont mis en valeur.

R.-E. Eastes a proposé un modèle tridimensionnel qui comporte trois axes :

  • la complexité de ce qui est appris ;
  • la complexité des liens entre les domaines de connaissances ;
  • la complexité de la situation.

C'est surtout dans ce dernier axe que l'être humain peut se démarquer des modèles mathématiques.

Qu'est-ce que cela signifie pour la formation professionnelle dans un monde où l'IA est omniprésente ?

  • Les apprenti/es continueront de devoir maîtriser leur domaine de spécialisation. Ce faisant, certaines nouvelles compétences numériques viennent s'ajouter, tandis que d'autres disparaissent.
  • Les apprenti/es doivent savoir utiliser l'IA. Et ce, à un niveau général, mais aussi spécifique à la profession.
  • Les apprenti/es doivent être capables d'évaluer de manière critique les résultats de l'IA et de les contrôler.
  • Les apprenti/es doivent disposer de compétences que l'IA ne possède que de manière limitée. Il s'agit par exemple de l'évaluation des situations, de la prise en compte des besoins de la clientèle, de certaines formes de créativité ainsi que des compétences interpersonnelles.

L'IA dans l'industrie mais pas seulement

Comme chaque année, la Journée Swissmem a également invité les visiteurs et les visiteuses à regarder au-delà de leurs propres limites et à ne pas craindre d'être décontenancé. L'interview de Steve von Bergen, ancien joueur de l'équipe nationale et directeur sportif des BSC Young Boys, a montré que l'utilisation des données était devenue une compétence très demandée dans le football également. L'analyse des données fournit non seulement des informations sur les différents types de joueurs, mais permet aussi de tirer des conclusions sur les tactiques de jeu ou de faire des pronostics sur les sollicitations excessives au niveau de la santé. Steve Von Bergen a expliqué qu'en Suisse, on en était encore au stade initial dans de nombreux domaines, mais que le thème de l'IA revêtait une importance croissante pour le développement et la gestion des joueurs.

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Tout au long de la journée, le magicien David Schulthess a étonné le public. Ses tours jouaient avec les chiffres et les probabilités (la base de l'intelligence artificielle) et ont provoqué stupéfaction, rires et moments de poésie.

La prochaine Journée Swissmem se déroulera dans le canton de Vaud le vendredi 23 janvier 2026. MSM

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