Le 23 septembre 2024, Innovaud organisait une conférence de presse dans ses locaux lausannois pour dresser un premier bilan de son programme SyNNergy.
Isabelle Moret, cheffe du DEIEP a insisté sur l'importance de la transition numérique pour nos entreprises et nos institutions.
(Source : Innovaud)
L'objectif de ce programme est de soutenir la transition numérique des PME vaudoises en finançant et en accompagnant des projets collaboratifs et innovants. Aujourd'hui, deux ans après son lancement, ce sont 21 consortiums qui ont vu le jour et, à n'en pas douter, d'autres suivront au vu du succès rencontré par ce programme. SyNNergy est né à la suite d'une étude menée par le Service de la promotion de l'économie et de l'innovation (SPEI) entre 2017 et 2018 sur l'économie numérique. Les résultats de cette étude ont mis en lumière la nécessité de promouvoir une culture de l'innovation collaborative ouverte, favorisant les échanges entre le secteur public et privé, ainsi qu'entre les grandes entreprises, les PME et les start-ups. L'objectif est de dynamiser un écosystème vaudois où se rencontrent la demande et l'offre de solutions numériques. Par ailleurs, l'ambition est de développer localement des solutions numériques exportables et commercialisables à l'international.
Le SPEI, qui finance les projets au travers du Fonds de soutien à l'innovation, dispose d'un budget de 8,5 millions sur 5 ans pour mener à bien le programme SyNNergy.
Le succès du programme SyNNergy démontre l'importance de l'innovation collaborative dans la transformation numérique de l'économie vaudoise. Pour rappel, les projets validés par SyNNergy doivent être portés par un consortium d'au minimum trois entreprises, avec une majorité établie dans le canton de Vaud. L'aspect collaboratif est au cœur de ce programme. La diversité des savoir-faire et des connaissances est mutualisée pour résoudre une problématique ou atteindre un objectif que les acteurs du consortium n'auraient pas pu accomplir individuellement en raison de la complexité ou de l'étendue des compétences requises.
Le canton de Vaud dispose de nombreux atouts, comme le rappelait lors de cette conférence de presse Isabelle Moret, cheffe du Département de l'économie, de l'innovation, de l'emploi et du patrimoine (DEIEP) : « Notre stabilité politique est aussi un élément essentiel, une condition cadre favorable, particulièrement pour la question de la sauvegarde des données. Nous disposons également de personnel hautement qualifié grâce à nos différentes écoles. Nous avons des start-ups locales, des multinationales, et beaucoup d'entreprises actives dans les domaines des technologies de l'information et de la communication, car elles ont trouvé un cadre idéal dans notre canton. »
La cheffe du DEIEP a également insisté sur l'importance des technologies numériques pour permettre aux entreprises d'améliorer leur productivité, d'optimiser leurs opérations et d'accéder à de nouveaux marchés : « La transition numérique concerne toutes les entreprises, mais c'est également un enjeu sociétal. Les interactions sociales sont totalement modifiées par ces outils numériques. Ce sont des opportunités, mais aussi des défis importants. Je pense notamment à la protection de la vie privée, la sécurité des données et l'inclusion numérique. C'est pour cette raison que les gouvernements et les entreprises doivent travailler ensemble pour garantir une transition numérique équitable mais aussi durable. En résumé, la transition numérique est un enjeu de souveraineté et de sécurité. »
Permettre aux entreprises de créer des synergies au travers de projets collaboratifs n'est pas toujours facile, en particulier dans des secteurs qui peuvent être très concurrentiels. Cependant, le programme SyNNergy a réussi à réunir de nombreux acteurs différents qui ont créé ensemble de la valeur ajoutée pour l'économie vaudoise.
« Une des vocations de ce fonds de soutien à l'innovation est également de renforcer la visibilité de notre écosystème. Nous avons énormément de savoir-faire, de compétences et d'expertises en Suisse, et nous devons le faire savoir auprès de la communauté nationale et internationale. Quoi de mieux qu'un projet réalisé par des entrepreneurs locaux, déployé dans une phase pilote ici, et qui puisse se déployer à une échelle plus grande. Nous cherchons aussi à créer de nouveaux emplois, beaucoup de ces projets débouchent sur la création de nouvelles start-ups », explique Raphaël Conz, chef du Service de la promotion de l'économie et de l'innovation du canton de Vaud (SPEI).
Situation au30.10.2020
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Lors de sa prise de parole, Arnaud Croisier, responsable du programme SyNNergy au sein d'Innovaud, a souligné la richesse et la diversité des thématiques soutenues par le programme. Il est également revenu plus en détail sur l'actualité du programme et les retombées pour le tissu économique vaudois. « Ce qui est vraiment très intéressant avec SyNNergy, c'est que tout secteur d'activité est concerné par le programme, toute entreprise est éligible. Nous avons des projets dans des domaines aussi variés que la restauration, la durabilité, l'industrie, les drones, le médical, la culture ou encore le sport », s'enthousiasme-t-il.
Et le message d'Innovaud a été entendu ! La transition numérique parle aux entreprises et aux institutions étatiques, comme le confirme Arnaud Croisier : « En deux ans d'activité, SyNNergy, c'est 35 projets inscrits toutes étapes confondues, 21 projets validés par les 7 membres du comité (Centre Patronal, CVCI, Fondation pour l'innovation technologique, État de Vaud, BCV, HEIG-VD et platinn), 12 projets actuellement en cours et 6 projets terminés. Ces 18 projets impliquent 70 entreprises, allant de la PME à la start-up ».
Il a également mis en lumière tous les bénéfices générés par la transition numérique, que ce soit pour lutter contre le franc fort, acquérir de nouveaux savoir-faire, réduire son empreinte carbone ou tout simplement augmenter sa productivité.
Arnaud Croisier a conclu sa présentation en insistant sur l'importance des coachs qui accompagnent les entreprises du consortium pendant la réalisation du projet. « Leur rôle est de garantir que le groupe reste motivé tout au long du projet, que les objectifs soient atteints dans les limites définies par le plan du projet. Ils apportent leur expertise et rendent le groupe attentif à certains détails auxquels il n'aurait pas pensé », conclut-il.
Cloud Assess : maîtriser l'empreinte carbone de ses activités numériques
Cloud Assess lutte contre le greenwashing dans le domaine du stockage des données sur les clouds. Ce projet, qui s'adresse aux fournisseurs de services cloud, réunit trois entreprises vaudoises. Resilio, active dans le numérique durable, Kleis Technology, experte en développement de produits digitaux et Exoscale, fournisseur cloud au niveau européen.
Né du programme SyNNergy, le projet Cloud Assess a été présenté par Louise Aubet, responsable du pôle R&D chez Resilio :
« Ce projet a été mené de juin 2023 à février 2024. Auparavant, nous avons eu l'occasion de nous rencontrer et nous avons discuté de nos problématiques et des sujets de nos travaux. Au cours de nos échanges, nous avons identifié une problématique qui nous tient à cœur, en rapport avec les impacts environnementaux liés à l'utilisation des outils numériques. Il y a de plus en plus de demandes vis-à-vis des fournisseurs de services numériques, et des services cloud tout particulièrement, pour fournir des données sur les impacts environnementaux associés à leurs activités. Notre objectif est de fournir à ces entreprises un outil qui leur permet d'extraire, de manière automatisée et à grande échelle, les données liées à leurs impacts environnementaux. »
Grâce au programme SyNNergy, ce projet a pu être concrétisé et a permis la création du produit Cloud Assess, disponible en open source. Ce « calculateur » permet de compiler les données liées aux infrastructures, serveurs, machines virtuelles, équipements réseaux, bâtiments et autres consommateurs d'énergie des fournisseurs cloud, pour les convertir en données exploitables, en l'occurrence en équivalent carbone. Cloud Assess s'intègre directement au sein de l'architecture cloud du client. C'est un système dédié, sans transfert de données vers l'extérieur, un aspect essentiel pour la sécurisation des données stockées sur les clouds.
En pratique l'outil est simple d'emploi et peut être implémenté directement par l'utilisateur, open source oblige, s'il dispose des compétences nécessaires. Dans les autres cas, les équipes de Cloud Assess se chargeront du soutien technique pour la mise en œuvre du logiciel. Les données collectées affichent les valeurs consommées d'équivalent carbone sous la forme d'un tableau de bord avec un historique dans le temps, ou sont intégrées directement dans la facture du client.
À l'issue du projet SyNNergy, la collaboration entre Kleis et Resilio a continué, donnant naissance au spin-off R&K Assess, qui a pour but de commercialiser le produit Cloud Assess. Parallèlement, le déploiement de Cloud Assess chez Exoscale est en phase de finalisation et sera très prochainement disponible pour les clients du fournisseur de services cloud. Déjà en place chez d'autres clients, dont Infomaniak, cet outil est également utilisé dans le cadre d'une mission collective avec d'autres fournisseurs cloud initiée par l'ADEME, L'Agence de la transition écologique française.
Peva Blanchard, associé fondateur de Kleis Technology, insiste sur l'importance de la transparence et l'intérêt de proposer cet outil en open source. « Une partie du code exécute des règles d'attribution des impacts environnementaux. Ce sont ces règles qui sont précisées dans le référentiel méthodologique publié par l'ADEME. Le code n'est que la traduction exécutable de ce document. Ce point est important pour nous, pour notre légitimité et, par souci de transparence, il était important que ces données soient visibles pour tous », précise-t-il.
« Étant donné la taille de nos entreprises et les moyens que nous avions à disposition, nous n'aurions jamais pu mener ce programme à terme sans le soutien du programme SyNNergy. Ce soutien nous a permis de réduire les risques associés à un engagement financier, en temps et en personnel, dans un projet de cette envergure. Un point important pour nous a été l'accompagnement par un coach, qui nous a permis de nous poser les bonnes questions, notamment pour le développement du business model ou les problématiques liées à la propriété intellectuelle. Pour tout ce soutien, nous tenons à remercier chaleureusement toute l'équipe SyNNergy », conclut Louise Aubet.
Above Learning : préparations théoriques pour le pilotage de drones
Above Learning est un second projet mené à terme au sein du programme SyNNergy. Ce projet a été initié par Digisky, actif dans la gestion de tous les aspects liés à la sécurité et à la conformité de l'exploitation des drones, Vertical Master, qui propose des formations sur l'usage des drones, et Air-Espace, une académie de pilotage pour les pilotes privés et les compagnies aériennes.
Above Learning est une plateforme d'e-learning qui propose des formations théoriques de préparation à l'examen de pilote de drone. Les entreprises qui utilisent des drones doivent également obtenir une certification pour les opérer. La procédure pour obtenir ces certifications est complexe et il est vivement conseillé de se faire accompagner par un expert. C'est un service que propose Digisky en guidant les entreprises tout au long du processus d'autorisation.
Depuis janvier 2023, le cadre légal pour le pilotage des drones a changé. Désormais, les pilotes doivent suivre une formation spécifique, comme l'explique Adrien Paillard, fondateur et CEO de Digisky. « En janvier 2023, une nouvelle législation européenne concernant les drones est entrée en vigueur. La Suisse, à travers les accords bilatéraux, a repris ces nouvelles réglementations, car c'est toujours la norme dans l'aviation. Avec un petit retard dans son application en Suisse, car les modèles réduits ont été sortis de cette catégorie, au grand soulagement des modélistes. Pour piloter un drone, il est désormais obligatoire de suivre une formation adéquate et reconnue. » La particularité de cette législation, c'est qu'elle concerne aussi bien les pilotes professionnels que privés. « Dans ce domaine, il n'y a pas vraiment de distinctions entre une activité professionnelle ou de loisir, autre que par la nature de l'opération effectuée avec un drone. Ce qui intéresse les législateurs, ce sont les caractéristiques du drone : taille, poids et son domaine de vol, altitude, vol à vue ou en FPV, vol piloté ou automatique. Il est important de préciser ce dernier point : actuellement, les drones 100 % autonomes capables de prendre des décisions seuls sont interdits. Par contre, les drones automatiques qui suivent une trajectoire préprogrammée sont autorisés, mais dans tous les cas, une personne suit en permanence les données de la télémétrie et peut intervenir sur le drone en cas de besoin », précise Stanley Schmitt, CEO et fondateur de Vertical Master.
Cette formation peut assez vite s'avérer complexe, car tout est encore très nouveau et certains domaines d'application ne sont pas encore extrêmement bien définis. Le nombre important de licences pour des niveaux d'activités différents, privés ou professionnels, complique encore les choses. Comme toutes les activités en lien avec l'aéronautique, les réglementations sont assez contraignantes et il est demandé aux entreprises qui opèrent des drones de pouvoir fournir une traçabilité des licences (pilotes) et des certifications (entreprises) obtenues. « Avant la création de notre plateforme, rien n'était standardisé, chaque école de vol proposait des certifications différentes. Il était compliqué, dans ces conditions, pour une entreprise qui employait plusieurs pilotes d'avoir une vue d'ensemble des licences, majoritairement sur papier, en sa possession », précise Adrien Paillard.
Ce qu'a permis le projet Above Learning, c'est de numériser toutes ces données, que ce soit pour la formation théorique des pilotes mais également pour la gestion de leurs licences. Les pilotes peuvent se préparer en ligne avant d'aller passer leur examen sur un site agréé par l'OFAC. « Si nous faisons l'analogie avec le permis de conduire, ce qui est souvent la base de comparaison, c'est assez similaire, car les pilotes passent un examen théorique et ensuite pratique. Pour la partie théorique, ce qui diffère, c'est qu'il y a beaucoup plus de catégories différentes pour le pilotage des drones. » Cette formation théorique peut être couplée à la pratique avec une formation de pilotage chez Vertical Master. En avril 2014, la PME payernoise a reçu l'agrément qui l'autorise à délivrer la pratique. « Cet agrément nous permet désormais de proposer un package pour la théorie et la pratique », précise Stanley Schmitt (Vertical Master). « La théorie s'effectue sur la plateforme, le pilotage en présentiel et ensuite la gestion des certificats peut être faite sur la plateforme », complète Adrien Paillard.
Potentiellement, le marché pour la plateforme Above Learning est important, car il concerne toute l'Europe, la législation étant commune. Ce projet incarne parfaitement les objectifs du programme SyNNergy en pouvant être déployé à plus grande échelle, à un niveau national comme international. « Nous sommes reconnaissants à Innovaud et au programme SyNNergy, sans qui ce projet n'aurait pas été rendu possible. Ce projet nous a également permis d'engager deux nouveaux collaborateurs », concluent Adrien Paillard et Stanley Schmitt (Vertical Master).
De multiples savoir-faire au service de la transition numérique
Le programme SyNNergy se démarque par ses aspects collaboratifs et innovants, tout en aboutissant à des résultats viables, créateurs d'emplois et qui portent haut les savoir-faire de nos entreprises au niveau national et international. Si le succès rencontré par ce programme est indéniable, les acteurs de l'industrie MEM, pour qui la transition numérique est un enjeu vital, n'ont étonnamment pas encore profité des opportunités offertes par SyNNergy.
À nos lecteurs, fidèles ou occasionnels, pourquoi ne pas prendre quelques minutes de votre temps pour contacter Arnaud Croisier ? Il saura, avec son enthousiasme communicatif, vous convaincre des nombreux bénéfices que le programme SyNNergy peut apporter à votre entreprise. À bon entendeur ! MSM