Portrait de Peter Stas - MMT SwissConnect

Peter Stas Smartwatch MMT SwissConnect

| Rédacteur: Jean-René Gonthier

Peter Stas, CEO de Frédérique Constant.
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Peter Stas, CEO de Frédérique Constant. (Source : Stef. Cande)

« Frédérique Constant » débarque en 2015 avec une montre connectée. Personne n'attendait un tel exploit technologique. Peu gourmande en électricité, elle offre une alternative forte aux géants des ICT. L'industrie horlogère est en pleine transformation, tout semble aller très vite.

Peter Stas : Oui, les temps sont devenus imprévisibles. Regardez la politique ! Le monde est en train de changer de cap, les vents soufflent dans de nouvelles directions. Trump, AirBnB, Uber, Google Car ou l'Apple Watch sont des exemples de ces changements. Nous devons comprendre ces mouvements de fonds et nous adapter car cela aura des conséquences sur nos métiers, sur la façon dont on fait les choses. Aujourd'hui, il faut investir massivement dans l'innovation de rupture. C'est ce que nous avons réalisé avec le spin-out de MMT.

Donc, si je vous comprends bien l'avenir est tellement en rupture avec le présent qu'il faut mieux séparer les équipes de recherche ou d'innovation de la base industrielle ?

Peter Stas : Exactement. Il faut leur donner une liberté totale pour n'avoir aucune contrainte industrielle ou commerciale dans un premier temps. Dans notre domaine par exemple, il est clair que nous avons perdu en 2007, le monopole de donner l'heure lorsque les smartphones ont commencé à envahir la planète. Il fallait réagir car en plus d'avoir des milliers d'applications à disposition, ils donnaient aussi l'heure. Mais surtout il fallait comprendre que la smartwatch ne serait pas la même chose qu'un smartphone en plus petit. Il fallait jouer avec ces deux objets. C'est ce que nous avons fait avec notre concept de Horological Smartwatch. Maintenant, il faut aller encore plus loin. En sortant complètement notre unité de recherche de nos activités traditionnelles, nous leur donnons la liberté de créer et d'agir sans aucune contrainte.

C'est à ce point disruptif ? Peter Stas : Oui. Le monde des objets au poignet de demain ne sera plus celui que l'on connait aujourd'hui. D'un côté, il sera très fonctionnel avec par exemple des applications pour la santé et de l'autre côté tourné vers la joaillerie. Ces deux mondes s'opposent conceptuellement : l'un est un atout humain, l'autre un marqueur social. Santé ou Luxe, en résumé voilà le choix !

Mais l'innovation prend du temps et nécessite de lourds investissements et de grosses équipes ?

Peter Stas : Pas vraiment. Chez MMT, il y a une vingtaine de collaborateurs, pas beaucoup d'argent et cela va très vite. Imaginez que notre projet de Horological Smartwatch a débuté par des discussions en 2012, des recherches notamment de partenariats en 2013, des prototypes en 2014 et une montre finie en février 2015, soit un laps de temps de 3 ans avec un investissement acceptable. Les bonnes idées ne sont pas forcément les plus chères.

Il est curieux de voir qu'au niveau suisse malgré des innovations très précoces comme la " Connect " de Swatch en 1999 ou la " T-Touch " de Tissot en 2000, l'industrie a été rapidement dépassée par la créativité californienne ?

Peter Stas : Ce n'est pas tout à fait exact, une entreprise comme Soprod a de l'expertise. Mais le problème, c'est plutôt le courage d'inonder un marché avec force et détermination en prenant un maximum de risques, quitte à partir en faillite. Ce comportement n'est pas suisse ! MSM

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