HoroSys propose le robot industriel le plus compact du marché. Christophe Taramarcaz évoque les Smart Micro Factories

Miniaturiser pour économiser, un concept d'actualité

| Auteur / Rédacteur: Propos recueillis par Gilles Bordet, rédacteur MSM / Gilles Bordet

Le Meca500, un robot 6 axes ultra compact, est une solution unique pour le positionnement et la manipulation de petits composants dans des espaces confinés et parfaitement intégrable dans une ligne de production de type « Smart Micro Factory ».
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Le Meca500, un robot 6 axes ultra compact, est une solution unique pour le positionnement et la manipulation de petits composants dans des espaces confinés et parfaitement intégrable dans une ligne de production de type « Smart Micro Factory ». (Source : HoroSys)

La jeune société HoroSys SA a été crée en 2015 afin de palier une carence du marché en matière d'offres pour des solutions d'automatisations compactes et économiques dédiées au marché horloger et à la microtechnique de manière générale.

Parmi les produits proposés par la société chaux-de-fonnière il y a l'étonnant petit robot industriel Meca500. Ce robot à 6 axes aux origines canadiennes est le plus compact du marché et dispose d'une précision de positionnement et d'une répétabilité micrométrique. Ces qualités font de lui un produit parfaitement adapté au marché horloger suisse et il aurait été bien dommage de s'en passer car il augure de ce que sera l'avenir en matière de production et d'assemblage de microcomposants. Adaptation de l'échelle des machines-outils et de leurs périphériques à celle des pièces, emprunte au sol réduite, consommation électrique ridiculement faibles, les avantages de cette manière de produire feront des micro-usines un standard industriel dans les années à venir et ceux qui manqueront ce virage finiront sur le banc de touche.

Encore fallait-il distribuer ce robot en Suisse et créer une structure capable de l'intégrer au cœur d'une « Smart Micro Factory (SMF) ».

C'est le défi que s'est lancé Christophe Taramarcaz, directeur d'HoroSys, avec un succès certain car les entreprises suisses sont très réceptives aux nouvelles solutions technologiques et toujours en quête perpétuelle d'innovations à même d'augmenter la productivité et la qualité de leurs productions.

MSM : Quand et comment est née la société HoroSys ?

Christophe Taramarcaz : C’est d’abord une longue expérience de 25 ans de conception de machines spéciales pour l’industrie horlogère et microtechnique qui m’ont amené à quelques constats : nous n’arrivons plus à proposer des automations simples et abordables. Machines de plus en plus chère à élaborer, complexe à maintenir et dont l’utilisation est réservée à des spécialistes. J’ai laissé sur le carreau une multitude de petites PME qui cherchait une petite automation simple et pas trop chère !

Ensuite, à la question « Faut-il vraiment un manipulateur de 45 kg, qui consomme 2000 Watts pour déplacer un rouage horloger ? », j’ai cherché une réponse et découvert que plusieurs tentatives plus ou moins aboutie avaient été présentées. En particulier, le travail du consortium japonais de Nagano, nommé DTF Desktop Factory, qui a démontré la faisabilité d’une microligne de fabrication complète sur 6 mètres de long.

L’idée est venue tout naturellement : proposer une automation compacte, efficiente, simple et peu onéreuse, et développer les outils nécessaires à sa création en repensant notre métier dans l’esprit du lean manufacturing. Les premières lignes du business plan sont posées et l’entreprise est créée en mars 2015.

MSM : Avez-vous été soutenu par des institutions étatiques et avez-vous créé des partenariats avec des hautes écoles ?

Christophe Taramarcaz : Oui, en 2017, avec l’aide du coach René Bart de Platinn, nous avons monté un projet, baptisé Smart Micro Factory, qui a été soutenu par l’Etat de Neuchâtel dans le cadre de la LPR-Neuchâtel. Ce financement décisif nous a permis de mandater la Haute Ecole Arc Ingenierie pour l’étude d’une solution économique de pilotage du robot Meca500. L’école a créé une bague de commande intégrée au poignet du robot qui permet une manipulation à la fois ergonomique et simple.

Notre partenariat avec la He-Arc ne s’arrête pas là. Nous avons suivi de très près le projet Micro5 et ses évolutions industrielles : Même idée, même objectif. La synergie est évidente.

Après avoir démontré la faisabilité d’un usinage efficient avec la Micro5 de la He-Arc, et démontrer grâce à notre projet SMF la capacité d’automation adaptée, nous pouvons travailler à la liaison de nos projets. D’ailleurs, la plateforme MicroLean-Lab à la He-Arc de Saint-Imier utilise déjà le petit robot Meca500 pour des manipulations fines robotisées.

MSM : Pourriez-vous nous en dire plus sur le concept et les avantages de la Smart Micro Factory ?

Christophe Taramarcaz : Le concept SMF : Des « briques » métiers, qui s’interconnectent et se recombinent facilement. L’idée est de pouvoir créer une ligne de production miniature et efficiente, en rapport à la taille des composants à travailler et les besoins de flexibilité. Au gré des besoins on y rajoute une brique Usinage, une brique Contrôle ou Assemblage et l’on recombine les opérations au besoin, le tout sur une surface d’exploitation réduite au maximum.

Le concept s’accompagne d’une philosophe de travail « opensource ». L’outil proposé doit être ouvert et reprogrammable en fonction de l’évolution du besoin. Il doit également pouvoir évoluer librement avec l’ajout de nouvelles briques métiers et de nouvelles technologies, sans être lié à un protocole propriétaire.

La colonne vertébrale d’une ligne SMF est simple : un switch Ethernet. Chaque membre de la ligne est lui-même parfaitement autonome, intelligent et capable de communiquer.

Les avantages d’une implantation SMF sont multiples : Gain de place, investissement réduit, possibilité d’évolution illimitée, flexibilité d’utilisation, faible consommation énergétique (nos premières lignes SMF consomment moins de 100 Watts) et coût de maintenance faible. De plus, nous pouvons implanter sur des moyens de productions existants tous types de modules SMF, la communication étant ouverte et simple.

Chaque brique étant autonome, elle offre la possibilité de travailler soit « en manuel » pour des petites séries ponctuelles, soit « en automatique » pour des séries plus conséquentes, à l’aide d’une implantation robotique adaptée. La période d’amortissement en est grandement réduite.

MSM : HoroSys SA a pour objectif principal le développement de solutions ultra-compactes d’automation, de production et d'inspection microtechnique. Quels sont vos principaux partenaires et quels produits proposent-ils ?

Christophe Taramarcaz : Notre partenaire stratégique le plus important est Mecademic, jeune société montréalaise, qui propose un bras robotique 6 axes ultra compact, le Meca500. Ce petit robot répond parfaitement au besoin du concept SMF : Précis, ultra-compact, contrôleur intégré, communication par TCP/IP ou EtherCat, simple d’utilisation et très abordable.

Pour nos développements, nous nous appuyons sur un réseau de partenaires locaux. HoroSys a un rôle d’initiant et de chef d’orchestre qui doit s’entourer des meilleurs spécialistes pour chaque domaine concerné. Nous avons besoin d’une multitude de métiers différents. Je citerais quelques partenaires très importants pour nous, comme Ynovatec, Asyril, Schunk et Mitutoyo Suisse, qui s’investissent pleinement dans nos développements.

Nous avons également des partenariats actifs avec des entreprises internationales qui proposent des produits adaptés au concept SMF.

RoboDK, à Montréal également, figure parmi ceux-ci : ils proposent une solution de simulation et de programmation des cellules robotisées très conviviale, simple d’utilisation et complètement ouverte.

Solomon, à Taïwan, spécialisée en logiciel de deep-learning et de bin-picking, qui propose une technologie de pointe, programmable par tous.

MSM : De votre côté en tant qu’intégrateur quels sont les services que vous proposez à vos clients ?

Christophe Taramarcaz : Nous proposons une prestation complète autour du concept SMF : Etude de faisabilité, « Proof of concept », conception et réalisation.

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