Portrait de Aude Pugin, CEO d'Apco Technologies SA

Management horizontal : Mme Aude Pugin

| Rédacteur: Jean-René Gonthier

Aude Pugin, CEO de Apco Technologies SA.
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Aude Pugin, CEO de Apco Technologies SA. (Source : Gilles Piot)

Proche de ses clients et de ses collaborateurs Aude Pugin, dirige Apco Technologies SA de manière atypique en soignant les aspects humains, Lean et éthiques pour aller droit vers le succès, en ne ménageant ni les investissements ni la prise de risque pour des enjeux à long terme.

Active dans l'aérospatial, cette entreprise a conservé un état d’esprit de saine proximité avec ses employés malgré son déploiement. « L’humain doit être au centre des sociétés et cela est particulièrement essentiel pour une société orientée projets telle que la nôtre. Un exemple concret de ceci est que chaque nouveau collaborateur qui rejoint APCO Technologies, qu’il soit chef de projet, monteur mécanicien ou ingénieur est reçu pour un entretien d’arrivée tant par mon père que moi-même.» confirme Aude Pugin CEO de Apco Technologies SA. « Avec 350 personnes, nous arrivons à une taille où nous ne sommes plus vraiment une PME, mais c’est un esprit que l’on s’attache à garder et que l’on veut préserver. Un esprit de simplicité et de pragmatisme et ceci l'est d’autant plus dans une PME familiale. Avoir un actionnariat totalement impliqué dans l’opérationnel, nous donne une flexibilité et une réactivité particulière. Il est important pour nous de conserver cette structure. Ainsi, nul besoin que notre management passe 30 à 40% de son temps à faire du reporting, à produire des business plans pour convaincre les actionnaires et autres investisseurs. Cela nous donne une vraie liberté, ceci se traduit aussi par une baisse de coûts. On est plus lean, moins gras. »

Que pensez-vous de la Suisse en tant que place industrielle pour produire de la valeur ajoutée ?

Aude Pugin : A mon sens, il faut veiller à ce que la Suisse ne devienne pas un seul pôle de recherche industrielle avec toute la production à l’étranger, car sinon je crains que le savoir-faire ne parte aussi à l’étranger et donc qu’à terme la R&D aussi. Il faut que la Suisse demeure un pays de production industrielle de pointe et pas seulement un pôle de recherche scientifique.

Le fait de maintenir des compétences industrielles en Suisse n’est pas seulement une question de modèle économique, je pense pour ma part qu’il s’agit aussi d’un choix stratégique. On le voit avec certains pays comme les USA qui se sont désindustrialisés, ils sont aujourd’hui totalement dépendants de l’étranger pour bons nombre de leurs infrastructures et moyens de production. En outre, on se félicite à juste titre en Suisse de l’existence de nos nombreux parcs scientifiques, BIC et des start-up ainsi créés. Mais il faut aussi veiller au développement ultérieur de ces start-up. Il est primordial de conserver des conditions compétitives pour que ces start-up se développent ensuite en tant que sociétés et évidemment demeurent en Suisse.

Et demain ? Aude Pugin : Notre relative simplicité et réactivité nous permet de prendre plus de risques et d’aller là où d’autres types de sociétés ne peuvent pas aller. De plus grâce à la liberté que nous donne l’entreprise familiale, nous ne sommes pas dans le retour sur investissement sur le court terme mais pouvons avoir une vision à long terme et avoir une large politique d’investissement.

Dans cette logique, nous nous sommes toujours dimensionnés en avance de phase en acquérant aujourd’hui les moyens de production et de gestion dont nous aurons besoin demain. MSM

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