Perrin Frères SA: des étampes à la machine à pointer CNC

Lorsque la maîtrise technique fait faux bond

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Du high-tech pour l’époque

Peu après la fin de la Seconde Guerre mondiale, des accessoires de machines-outils (tables circulaires, plateaux circulaires inclinables et plateaux sinus) sont développés. La fameuse table en croix, sous sa version primitive TX-25, est adaptée et vendue dès 1955 en grandes séries chez Charmilles (actuellement Agie-Charmilles) pour équiper les premières machines d’électro-érosion, qui étaient encore à commande manuelle. Aux connaisseurs d’apprécier la dextérité nécessaire aux opérateurs pour pouvoir tirer parti de ce genre de machine!

L’usine est par la suite considérablement agrandie. Dès 1956, après la réalisation d’un prototype peu convaincant d'aléseuse-pointeuse (AV0), est développée, mais avec succès cette fois-ci, une aléseuse-pointeuse verticale de haute précision, appelée AV1, équipée d’une table en croix (TX-40, évolution de la TX-25) et optionnellement d’une table circulaire (TC), toutes deux dotées de lecteurs optiques lumineux Heidenhain permettant d’assurer de façon analogique la lecture intégrale directe des cotes avec une précision d’un micron pour les axes linéaires X/Y, respectivement d’une seconde d’arc pour les tables circulaires: une nouveauté mondiale pour l'époque. Une table circulaire inclinable (TCI) vient encore compléter la panoplie.

A cette époque, l’entreprise à son zénith, occupe environ 80 collaborateurs et les machines (tours, perceuses, fraiseuses et aléseuses-pointeuses) sont produites en séries importantes et exportées dans le monde entier: l'Europe au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, en pleine reconstruction, devait en effet se réapprovisionner rapidement en moyens de production, notamment en machines-outils, pour reconstituer les ateliers anéantis lors du conflit mondial.

Les réalisations ultérieures issues de l’aléseuse verticale AV1 (AV2, AV3 et AV4) sont certes dotées de systèmes de positionnement motorisés, mais sont en revanche très peu rigides (des machines "à chatouiller la matière", disait-on). Une version pour la rectification par coordonnées est également commercialisée. Dès 1956, une nouvelle usine est édifiée à la rue des Oeuches, toujours à Moutier, laquelle est agrandie en 1967, l’ancien établissement de la rue de la Gare ayant été abandonné peu après le décès prématuré du cofondateur, Félix Perrin, intervenu en 1965. En 1972, l’entreprise est vendue par les familles Perrin.

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