Au cœur des entreprises de microtechniques de la région biennoise. Rencontre avec Journée de la presse de l’AFDT

Auteur / Rédacteur: Gilles Bordet, rédacteur MSM / Gilles Bordet

L’association des fabricants de décolletage et de taillage met en œuvre des actions pour promouvoir sa branche d’activité et soutenir les membres qui y sont attachés.

Entreprises liées

Olivier et Philippe Schiess, les co-propriétaires de L.Klein SA. Avant tout une entreprise de services qui mise sur son savoir-faire pour accompagner ses clients sur le chemin du succès.
Olivier et Philippe Schiess, les co-propriétaires de L.Klein SA. Avant tout une entreprise de services qui mise sur son savoir-faire pour accompagner ses clients sur le chemin du succès.
(Source : MSM)

Forte de plus de 60 membres, l’AFDT est un acteur incontournable de son domaine et permet à chacune des entreprises adhérentes de renforcer, individuellement ou en groupe, ses avantages concurrentiels sur la scène économique.

Les 27 et 28 juin l’AFDT organisait pour la seconde année consécutive ses journées de la presse qui ont permis à une douzaine de journalistes suisses et français de découvrir des entreprises dynamiques situées à Bienne.

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Retour sur cette deuxième journée avec la visite de trois entreprises aux activités très différentes mais dédiées au décolletage et à la micromécanique et toutes situées au chemin du Long-Champ dans la zone industrielle biennoise.

L. Klein SA, le stockiste au service d’une clientèle exigeante

L’entreprise a été fondée en 1946 à Bienne par Léon Klein et en 1973 Rudolf Schiess lui succéda et reprit l'affaire à son propre compte en gardant le nom de l’entreprise déjà bien reconnue. Actuellement la société qui fait partie de la Schiess Holding SA appartient à Olivier Schiess et Philippe Schiess, les enfants de Rudolf. Depuis 1996 L. Klein SA a connu un rapide et constant développement. Actuellement elle emploie 18 personnes et dispose de bâtiments flambants neufs et d’une surface de stockage très importante.

L.Klein SA est active dans la vente d’aciers et d’alliages fin pour l’industrie du décolletage mais l’entreprise se définit, à juste titre, comme un stockiste plus que comme un simple revendeur. Cette fonction de stockiste est essentielle pour toutes les entreprises clientes de L.Klein SA pour une raison simple. Les délais de livraison et la quantité minimale lors d’une commande chez un fabricant d’aciers ne correspondent pas au besoin des utilisateurs finaux. « Lors d’une commande d’acier chez un producteur les quantités minimales sont généralement de 500 kg à 1 t et les délais de livraison pour des alliages spéciaux peuvent atteindre une année. Il y a aussi les diamètres spéciaux, peu courants, mais que certains clients utilisent régulièrement. Pour pouvoir répondre aux nombreuses demandes de nos clients nous sommes obligés de disposer d’un stock important de matières même si nous mettons 20 ans pour vendre certaines références. Mais nous nous devons d’avoir toutes ces références en stock pour répondre aux demandes des industriels dans des délais extrêmement courts car ces derniers ne font plus de stock. Nous sommes bien plus une entreprise de service qu’un simple revendeur. Nos clients en sont parfaitement conscients et apprécient ce service de stockage, le conseil et la réactivité que nous pouvons leur offrir grâce à notre très important stock de matière disponible » explique Philippe Schiess.

L.Klein SA ne fait pas que proposer des alliages disponibles sur le marché, elle développe aussi ses propres alliages high-tech et reste constamment à l’écoute des besoins de ses clients et de l’évolution de la métallurgie des alliages.

Pour stocker dans les meilleures conditions toutes ces références l’entreprise dispose actuellement de 2200 m2 partagés entre plusieurs bâtiments. Olivier et Philippe Schiess ont une très haute conscience écologique et cela impact fortement sur leurs décisions. La nouvelle halle entièrement en bois non traité, les panneaux solaires photovoltaïques, la récupération des eaux de pluie, le toit végétalisé, le chauffage au bois, les véhicules électriques font de l’entreprise biennoise un modèle à suivre en matière environnementale et qui devrait faire office de norme.

L.Klein SA en quelques lignes :

  • Stock : Plus de 4000 références pour un poids de 2000 t
  • Rotation matière : 70 t/mois
  • Matières : Plus de 50 alliages disponibles dont acier, inox, CuBe, bronze, laiton
  • Dimensions : Torches ou barres rondes de 0,1 à 25 mm tolérance h5 et h6
  • Secteurs : Horlogerie, micromécanique, médical, dentaire, électronique

Informations additionnelles
interview
Entretien avec Francis Koller

Propos recueillis par Gilles Bordet

MSM : Quel bilan tirez-vous de cette édition 2018 des journées de la presse organisée par l’AFDT ?

Francis Koller : Rappelons que le but de ces Journées est de présenter toute la chaîne de production de l’industrie suisse du décolletage qui est performante, moderne et qui a déjà souvent absorbé les dernières technologies industrielles.

Nous tirons un bilan très positif de cette deuxième édition des Journées de la presse organisée à Bienne. Ceci confirme le succès des Journées organisées l’année dernière dans le Jura bernois. Nous mesurons le succès à la participation de journalistes de la presse régionale, de revues techniques, des radios et télévisions ainsi naturellement qu’aux retombées médiatiques qui furent excellentes.

MSM : Est-il aisé de trouver des entreprises d’accord d’ouvrir leurs portes pour ces journées de la presse et sur quels critères les sélectionnez-vous ?

Francis Koller : Les entreprises sont généralement fières de présenter leurs activités et de mettre en évidence la qualité de leurs collaboratrices et collaborateurs. Nous choisissons une région, et veillons à sélectionner un panel d’entreprises représentatives de la chaîne de production du décolletage (par exemple : machines, outillage, matière… et évidemment décolletage !)

MSM : Pour répondre aux nombreux défis qui attendent les entreprises de décolletage l’AFDT propose de nombreux cours et formations continues. Quels sont vos partenaires et où se déroulent ces cours et formations ?

Francis Koller : Nous sommes effectivement très actifs dans le domaine de la formation, il s’agit de notre engagement pour le futur ! A ce titre nous conduisons ou participons à toutes les réflexions concernant le contenu de la formation professionnelle. Nous participons activement aux réformes des métiers du décolletage et enfin nous rédigeons et éditons des ouvrages avec des professionnels de la branche concernée.

A cet effet, nous collaborons étroitement avec le Centre technique de décolletage et de taillage (CIP-CTDT à Tramelan) et avec les Centres d’apprentissages de l’Arc jurassien (CAAJ à Moutier et à La Chaux-de-Fonds) ainsi qu’avec les Ecoles professionnelles concernées.

MSM : Quels sont les critères à respecter pour devenir membre de l’AFDT et combien de membres compte actuellement l’association ?

Francis Koller : Les entreprises membres doivent faire partie de la chaîne de production du décolletage. Nous avons aujourd’hui plus de soixante membres actifs et sommes en forte progression. Nous n’avons de cesse d’être actifs sur tous les plans et de répondre aux besoins de nos membres.

MSM : Reconduirez-vous cet événement l’année prochaine ?

Francis Koller : Oui, vu les succès de ces deux premières éditions, nous reconduirons assurément cet événement l’année prochaine. Après le Jura bernois et Bienne, nous pensons choisir le canton du Jura. Ensuite, ce sera vraisemblablement au tour du canton de Neuchâtel.

L’industrie du décolletage a besoin de visibilité et elle a besoin de présenter ce qu’elle est vraiment aujourd’hui : une industrie moderne, performante, de haut niveau qui travaille pour des secteurs très exigeants tels que l’horlogerie, le médical, la connectique, l’automobile, l’aéronautique et bien d’autres.

Je ne peux pas imaginer ce que seraient ces secteurs sans les produits du décolletage !

BTB Bienne, des outils sur mesure de haute qualité

BTBienne est spécialisée dans la fabrication d’outillages de coupe spéciaux et sur mesure en métal dur pour les secteurs de l’horlogerie, de la joaillerie, de l’industrie automobile, de l’industrie médicale, de l’industrie aéronautique, de l’industrie des stylos à bille et des composants électroniques. Parmi les produits proposés par l’entreprise nous pouvons citer : Les fraises cylindriques, circulaires, de formes, à graver, les tourbilloneurs, les tarauds, les mèches standards, à canon, étagées, les alésoirs, les poinçons, les plaquettes de formes, les burins et les jauges. L’entreprise propose aussi plusieurs types de revêtements pour ses outils ainsi que des inserts brasés en CBN ou PCD.

BTBienne Special Tools Sàrl a été fondée en 1994 à Bienne par Alexandre Trachsel et Manuele Bonù (Bonù/Trachsel/Bienne = BTB), en 2011 les 2 gérants de BTBienne rachètent Malisani Sàrl fondée en 1984 et qui produit des outils identiques.

En Juillet 2017, Diametal SA à Bienne fusionne avec SCT Holding SA, qui regroupe les sociétés biennoises BTBienne Special Tools Sàrl et Malisani Sàrl. Grâce à l’union de leurs forces, les deux groupes appartenant à Kowema AG pourront encore mieux servir les besoins de leurs clients dans le futur.

Pour produire des outils de grande qualité BTBienne dispose d’un très beau parc de machines constitué de 8 Rollomatic, de 25 CNC à 5 ou 6 axes, de 20 Ewag WS11, de 3 rectifieuses cylindriques Studer et de diverses machines de production.

Les affûteuses manuelles Ewag servent à la production d’outils unitaires complexes ou à de la très petite série, ces machines sont installées au première étage du bâtiment. Au rez se trouvent les machines CNC constituée principalement d’affûteuses tessinoise TTB Engineering S.A. « Nous possédons le plus grand parc de machines TTB au monde » affirme Michaël Op de Hipt, Directeur général de Diametal et BTB.

La grande force de BTB est sa réactivité et sa flexibilité. « Nous pouvons livrer des outils sous 1 à 2 jours en cas de nécessité, mais généralement nos délais sont de 1 à 2 semaines. Nos machines ne sont pas occupées à 100%, plusieurs sont à l’arrêt mais déjà réglées et prêtes pour une série spécifique. Nous sommes un peu plus chers que certains de nos concurrents mais bien plus réactifs » explique Michaël Op de Hipt et conclu avec « Tout cela ne serait pas possible sans le haut niveau de qualification de nos collaborateurs. Nous sommes dépendants de ces experts mais ils sont très difficiles à trouver».

Malgré une quasi absence de publicité, BTBienne est connue de tous dans la région. L’entreprise profite de sa reprise par Diametal, avec une gamme de produits très différents mais complémentaires, et de la mise en commun des capacités de production et informatiques afin de créer des synergies et abaisser les coûts de manière générale. Actuellement BTBienne emploie une trentaine de salariés et Diametal environ 150. Les marchés sont eux aussi différents, BTBienne a une clientèle à 90 % romande alors que les clients de Diametal viennent pour moitié de Suisse alémanique.

BTBienne, quelques chiffres :

  • Marchés : 50 % en Suisse et en Allemagne, 30 % en Asie, 10 % aux USA et 10 % le reste du monde
  • Secteurs : 30 % Horlogerie, 30 % médical, 25 % automobile, le reste aéronautique et stylo à bille
  • Capacités outils : à partir de 0,2 et jusqu’à 60 mm

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