La formation professionnelle forme la main d'œuvre de demain, et la HEFP, la Haute école fédérale en formation professionnelle en forme les responsables. Jean-Pierre Perdrizat, directeur suppléant de la HEFP, directeur du site régional de Renens ainsi que responsable du centre pour le développement des métiers de la HEFP, nous éclaire sur le sujet.
Les métiers, tous autant qu'ils sont, évoluent au gré des grandes mouvances technologiques et sociétales.
(Source : HEFP)
Quelles sont les activités de la HEFP ?
La HEFP est la Haute École fédérale en Formation Professionnelle. Nous avons trois missions principales : La première est la formation des enseignants des écoles professionnelles, entre autres responsables de la formation professionnelle p.ex. les enseignants, en branches professionnelles, en culture générale, en maturité professionnelle ou en école supérieure. Nous assurons à la fois la formation initiale et la formation continue de ces enseignants. Notre second pilier consiste à mener des recherches liées à la formation professionnelle, tout aussi bien au niveau systémique qu'en ce qui concerne p.ex. les lieux de formation, la pédagogie en formation professionnelle ou encore le développement de corps de métier.
Le développement des métiers représente notre troisième axe de travail. La formation professionnelle est réglementée par des textes de loi, dont l'ordonnance sur la formation professionnelle. Le plan de formation, autrement dit le concept pédagogique de la formation professionnelle initiale, que ce soit au niveau AFP, CFC, etc. fait partie intégrante de ces réglementations. Nous accompagnons les partenaires de la formation professionnelle, dont les organisations du monde du travail, dans le développement de ces dispositions de formation.
Quelles tendances particulières observez-vous dans le développement des métiers ?
Nous observons différentes tendances, ou mouvements de fond, qui font évoluer les métiers. En premier lieu, je cite la digitalisation et l'intelligence artificielle ainsi que le développement durable : ces trois sujets impactent fortement les métiers et sont de ce fait un puissant moteur de l'évolution de ces métiers.
Autre sujet moteur : les changements démographiques. En effet, le vieillissement de la population influe également sur le développement des métiers, puisque le nombre croissant de gens partant à la retraite mène à une augmentation de l'importance des métiers liés aux soins à domicile par exemple.
Les métiers évoluent donc, mais les mouvements globaux ne vont pas impacter tous les corps de métiers, et donc les différentes formations professionnelles, de la même manière.
Où se trouve la difficulté d'adapter le contenu des formations professionnelles de manière à répondre correctement aux besoins réels ?
Le plus grand défi est de conscientiser et intégrer suffisamment tôt aux formations les compétences qui seront nécessaires aux futurs professionnels. Dans le cadre du développement des métiers, une adaptation de disposition de formation dure entre 3 et 5 ans entre le début du projet et le premier candidat obtenant son diplôme. Cela signifie qu'une adaptation qui débute aujourd'hui doit prendre en compte les besoins du monde professionnel dans 5 ans, voire plus si l'on veut éviter l'obsolescence de ladite formation.
Comment est organisée la veille à la fois technologique et sociétale nécessaire pour répondre à cela ?
Notre département de recherche y travaille, en étroite collaboration et avec le fort soutien des organisations du monde du travail. Prenons pour exemple la branche MEM, confrontée quotidiennement à l'évolution des marchés. Grâce aux retours de chefs d'entreprise, et de responsables de formation, nous pouvons évaluer l'évolution du marché du travail dans ce domaine sur les 5 à 10 prochaines années.
Quels sont les défis liés à la modification d'une formation professionnelle ?
La modification du contenu de la formation professionnelles en soi est relativement simple. C'est le processus de modification qui est compliqué. La formation professionnelle initiale est une tâche partagée entre les organisations du monde du travail, les cantons et la Confédération. Le premier défi est d'établir les besoins en compétences au sein d'une profession. Les besoins des entreprises ne sont pas toujours les mêmes.
Le second défi tient au fait que la validation des dispositions de formation est du ressort de la Confédération, mais sa mise en œuvre en revanche est du ressort des cantons. Une unité doit donc être trouvée entre les différents acteurs.
Les besoins de l'évolution d'une formation sont donc rapidement identifiés, mais le processus de mise en place d'un plan de formation final prend du temps.
Au-delà du contenu des formations, comment s'assure-t-on que les formateurs restent au fait des besoins réels du monde du travail ?
En ce qui concerne les formateurs en entreprise, cela est rarement un problème, car ils font face quotidiennement et directement à ces évolutions. Ils contribuent donc eux-mêmes au changement et sont toujours rapidement à jour avec les besoins du marché. Néanmoins, nos recherches démontrent qu'ils doivent disposer de suffisamment de temps pour former les apprentis et qu'ils ont eux-mêmes des besoins spécifiques de formation et de perfectionnement en tant que formateurs.
Nous devons ensuite accorder une attention particulière au niveau des écoles professionnelles dont les enseignants ne sont pas autant confrontés aux évolutions. C'est là que nous entrons en jeu en tant que formateurs de formateurs.
Situation au30.10.2020
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Quel est le contenu des formations pour les formateurs ?
Lorsque l'on parle d'enseignement, il a deux aspects à prendre en compte : l'aspect professionnel, ou technique, et l'aspect pédagogique. À la HEFP, nous nous occupons de l'aspect pédagogique. Nous laissons l'aspect professionnel aux organisations du monde du travail, car il nous est impossible d'être compétents professionnellement dans près de 250 métiers.
Nous proposons également aux directions des écoles professionnelles des formations certifiantes de type CAS par exemple. Nous couvrons à la fois des domaines généraux comme le numérique, mais également des formations plus spécifiques à chaque domaine d'activité en fonction des besoins du secteur. En effet, les industries vont rencontrer des difficultés différentes et donc avoir des besoins de formation différents.
Pour exemple, nous pouvons prendre la révision des métiers MEM en cours : main dans la main avec les directions des écoles professionnelles romandes, nous développons un concept de formation pour les enseignants, axé spécifiquement sur leurs besoins liés à l'industrie MEM.
Revenons au pilier de recherche de la HEFP : pouvez-vous nous en dire plus ?
Nous travaillons sur différents sujets. Nous effectuons tous les cinq ans sous mandat du SEFRI une grande étude d'analyse coût-bénéfice de l'apprentissage du point de vue des entreprises. Il y a une année, nous avons effectué une analyse des besoins et des attentes des formateurs en entreprise. 5000 formateurs en entreprise ont répondu à nos questions. Nous menons aussi des études sur la santé au travail, les questions de genre et d'inclusivité, etc.
Quels sont les résultats de l'étude du SEFRI ?
À l'heure actuelle, le système d'apprentissage représente sur l'ensemble des trois à quatre années de formation un bénéfice pour une large majorité des entreprises. Au terme de sa formation et bien qu'ayant représenté initialement un investissement, un apprenti apporte plus à son entreprise qu'il ne lui coûte.
La formation duale a donc toujours de beaux jours devant elle.
J'en suis convaincu. La formation duale représente un immense avantage pour de multiples raisons. En dehors de l'école, les apprentis sont confrontés aux besoins réels du monde du travail et acquièrent ainsi en parallèle des études les compétences nécessaires pour y faire face. La formation duale met en lien la théorie et la pratique. En outre, du point de vue des entreprises, un apprenti formé dans une entreprise a tendance à y rester, renouvelant ainsi automatiquement la main d'œuvre qualifié dans un contexte de pénurie.
Et qu'en est-il de la reconversion professionnelle ?
D'un point de vue technique, la responsabilité se situe au niveau des associations professionnelles. Mais ce que nous constatons, c'est une tendance à changer de métier au cours de sa carrière professionnelle. Un nombre important de personnes ont quitté leur premier métier initial 5 ans après l'obtention du CFC. Cela peut être un changement de voie ou un approfondissement dans un domaine spécifique du champ professionnel.
En termes de formation en cours de carrière, les dispositions légales permettent de certifier l'obtention de compétences. Ainsi, dans la plupart des cas, une personne peut se présenter aux examens finaux d'une profession après cinq ans d'expérience professionnelle dans le métier. Cette possibilité permet de ne pas avoir à suivre un apprentissage en partant de zéro, situation qui, pour des personnes ayant charge de famille, serait problématique. Il est aussi possible de pouvoir disposer d'un titre par la validation des acquis. Certaines organisations du monde du travail proposent cette possibilité.
La Confédération et les cantons proposent également des programmes ciblés, comme « viamia ».
Il existe donc plusieurs voies pour se réorienter professionnellement, mais toutes possèdent certains défis et nécessitent un engagement fort. MSM