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Le système dual sera-t-il bien accueilli ?
MSM : Le renforcement et la promotion du système de la formation professionnelle duale incomberont au Secrétariat d’État à la formation, à la recherche et à l’innovation (SEFRI) nouvellement créé. En collaboration avec les associations professionnelles, respectivement avec les ’organisation faîtières, le SEFRI devrait continuer le développement de notre système de formation professionnelle afin de le rendre compatible aux futures exigences. On doit cependant constater ces derniers mois que l’OFFT est en train de vivre un vrai exode. Qu’est-ce que l’USAM a entrepris pour que notre système de formation soit accueilli avec toute l’importance nécessaire dans le nouveau département de la formation?
Hans-Ulrich Bigler : Il était plus ou moins prévisible que l’OFFT allait connaître une sorte de «Brain-Drain» (fuite des cerveaux). Lors d’une réorganisation de cette ampleur, ce phénomène peut également être constaté dans d’autres entreprises traditionnelles. Lors de l’occupation des postes vacants du SEFRI, le plus important me semble-t-il sera de donner la priorité à des praticiens de la branche provenant de l’environnement direct de la formation professionnelle. Avec la nomination de Josef Widmer en tant que nouveau responsable du domaine de la formation (secrétaire d’état adjoint), cet excellent représentant et connaisseur de la scène politique de la formation professionnelle devrait être à même de prendre en compte les attentes des associations professionnelles. Nous espérons également qu’avec Mauro Dell’Ambrogio, au poste de responsable du Secrétariat d’État SEFRI, qu’il saura évaluer le poids nécessaire à accorder à la formation professionnelle et répondre aux attentes des associations professionnelles. Il me semble très important que l’USAM et les associations professionnelles soignent un contact direct et compétent avec les futurs représentants du département de la formation.
Comment renforcer la formation dans notre pays?
MSM : Comment l’USAM pourrait formuler son soutien pour renforcer dans le futur le système de la formation professionnelle duale/tripartite face au danger d’une «académisation totalitaire» ?
Hans-Ulrich Bigler : Il est primordial de ne pas mélanger cette dualité trop souvent abordée. Ce qui veut dire que la formation en pratique réel doit continuer d’être garantie. J’estime que les propositions des académiciens scientifiques et d'Avenir suisse de vouloir dualiser les écoles spécialisées n’est pas une solution utilisable dans la pratique. Les passerelles actuelles mises en place pour passer du gymnase aux écoles spécialisées, accompagnée d’une formation pratique adéquate, doivent plutôt être complétées et qualitativement renforcées.
MSM : Sous quelle forme l’USAM pourrait soutenir les associations professionnelles désirant élaborer et exporter notre système de formation duale/tripartite en collaboration avec des organisations de branche européennes apparentées ?
Hans-Ulrich Bigler : Je pense qu’il faudra tout d’abord proposer de mettre en place une plate-forme d’échanges d’expériences. Nous pénétrons ici sur un terrain encore inconnu et nous n’en sommes qu’aux balbutiements. Pour s’assurer d’une collaboration constructive et pragmatique, il s’agira prioritairement d’élaborer une base commune d’échanges afin d’énumérer les besoins correspondants.
MSM : La ministre des finances Eveline Widmer-Schlumpf présentera fin août son plan relatif à la taxe écologique. Ce papier promet d’être explosif car son application augmentera massivement le prix de la benzine, de l’huile de chauffage et de l’électricité !
Hans-Ulrich Bigler : Selon les documents présentés dans le rapport du Palais fédéral, le litre de benzine sera augmenté d’une taxe d’environ Fr. 2,73 par litre d’ici 2050. Le litre de benzine passera donc à environ Fr. 5.-. L’augmentation sur le prix de l’électricité, calculé sur la base du concept présenté, se chiffrera à quelque 40 à 50 %. En conclusion, la taxe écologique chargera lourdement le budget des consommateurs. Il faut cependant signaler que cette taxe écologique ne remplira pas les caisses fédérales. Eveline Widmer-Schlumpf veut rétrocéder la totalité de cet argent aux ménages et aux entreprises par des bonifications d’impôt, des réductions des cotisations à l’AVS et des primes d’assurance maladie.
Est-ce que l’USAM peut s’exprimer sur ce thème brûlant ?
Hans-Ulrich Bigler : Je me réfère encore une fois à la stratégie de base de l’USAM. Ce principe dit qu’il est exclu d’accepter des nouveaux impôts injustifiés. En cas d’une éventuelle réforme de l’impôt écologique, nous sommes d’avis que la sauvegarde de la neutralité des quoteparts fiscales doit avoir une priorité absolue. Nous devons malheureusement constaté que les propositions soumises n’en tiennent pas du tout compte. On nous présente une perspective nébuleuse qui devrait aboutir d’ici l’année 2015. Il faudrait signaler certains doutes à ce sujet. En ce qui concerne l’USAM, la proposition présentée ne tient pas la route. Nous avons siégé dans le groupe de travail traitant de la réforme fiscale écologique. Cependant, aucune ébauche de solution utilisable n’a pu être élaborée durant le temps imparti. Il est d’autant plus étonnant et étrange que la ministre des finances présente une proposition sans avoir pris en compte l’opinion des partenaires sociaux.
MSM : Avec ses quelque 70'000 employés, dont 6‘500 apprentis, Swissmechanic est une des plus grandes associations au sein de l’USAM. A votre avis que devrait faire Swissmechanic pour collaborer de manière plus intensive et plus constructive avec l’USAM d’une part et d’autre part dans quelle direction Swissmechanic devrait améliorer de façon plus ciblée ses efforts au niveau national pour être mieux reconnue non seulement comme association professionnelle mais comme organisation patronale politiquement forte ?
Hans-Ulrich Bigler : Swissmechanic effectue un excellent travail au niveau de la politique de la formation professionnelle. Il serait souhaitable qu’elle réussisse à véhiculer des thèmes économiques et politiques de qualité analogue en y intégrant ses préoccupations relatives à son économie d’exportation. Une telle activité serait un apport bénéfique également pour l’USAM. A cette occasion, il faut signaler que Swissmechanic est l’association de l’industrie MEM la plus importante en nombre est qu’elle possède les compétences et les ressources correspondantes L’Union Suisse des Arts et Métiers a pour objectif de se positionner de manière plus intensive dans le domaine de la politique économique extérieure et de continuer à se développer dans ce sens. Son objectif tient compte du développement économique des pays du BRIC (Brésil, Russie, Indes et Chine) dont nous sommes d’avis qu’il existera à l’avenir un marché potentiel très intéressant pour notre économie et particulièrement pour nos PME exportatrices. Il s’agira primairement d’élaborer des conditions cadres favorables pour nos petites et moyennes entreprises exportatrices. Cette situation d’intérêts réciproques entre Swissmechanic et l'USAM permettront d’approfondir une collaboration étroite profitable pour les deux partenaires.
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