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Différences entre l'Europe et la Suisse
MSM : On oublie trop souvent que dans de nombreux pays européens, le chômage est très élevé chez les jeunes (par ex. en Espagne et en Grèce, plus de 50%). Dans ces conditions, le danger qu’une génération perdue se développe est très important. Au point de vue socio-politique, il s’agit de la plus grande tragédie que la crise de l’EURO a mis en lumière. Les programmes d’épargne mis en place par les gouvernements des pays européens surendettés ont encore aggravé la situation. Grâce à notre système de formation duale/tripartite, le chômage chez les jeunes suisses a été maintenu à un niveau très bas. Est-ce que nous ne devrions pas nous engager et offrir une sorte d’aide au développement en proposant notre système de formation éprouvé pour combattre le chômage des jeunes dans ces pays ?
Hans-Ulrich Bigler : Tout d’abord, la situation actuelle dans beaucoup de pays européens est plus que tragique. L’état actuel des pays européens accusant un niveau de chômage élevé chez les jeunes pourrait recéler des tensions socio-politiques explosives. Cette situation me cause de grands soucis et je ne sais pas si la Suisse pourrait totalement échapper à un éventuel conflit socio-politique des classes dans les pays européens concernés. Si la Suisse a pu conserver un niveau de chômage très bas chez les jeunes, elle le doit indiscutablement à notre système de formation duale. Ce système permet une formation compatible au marché du travail grâce une formation répondant aux vrais besoins de l’économie. De plus, en Suisse, le système d’apprentissage a de tout temps réussi à empêcher la propagation de l‘académisme professionnelle. Chez nous ce sont des praticiens qui forment les futurs praticiens en axant leur savoir sur la pratique du métier et sur la réalité du marché du travail. De ce point de vue, notre système de formation est en fait un vrai « tube » d’exportation. Actuellement, des discutions thématiques relatives à la reconnaissance et à l’équivalence des titres de nos métiers à l’étranger sont en cours. Il serait donc important à ce niveau de bien savoir «vendre» les indiscutables atouts de notre système de formation duale et de ne pas négocier à perte les avantages acquis sur notre place industrielle suisse.
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