Prévisions conjoncturelles septembre 2022 Danger de récession

de Source : BAK Economics

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Les mois prochains seront difficiles pour l'économie suisse. Après la forte croissance de l'été 2022, l'activité d'investissement et le commerce extérieur en particulier vont diminuer en raison de nombreux facteurs négatifs. La récession peut encore être évitée.

Compte tenu de la situation extraordinaire actuelle, il existe un risque considérable d'une récession prononcée.
Compte tenu de la situation extraordinaire actuelle, il existe un risque considérable d'une récession prononcée.
(Source : Mediamodifier/ Pixabay)

BAK Economics a revu à la baisse ses prévisions de croissance du PIB suisse en 2023, à 0,5 % (précédemment + 1,1 %). Compte tenu de la situation extraordinaire des marchés européens de l'énergie et de l'incertitude quant à l'évolution de la pandémie hivernale, il existe donc un risque considérable d'une évolution encore plus défavorable, c'est-à-dire d'une récession prononcée.

Récession dans la zone euro et affaiblissement de la demande américaine

« Pour de nombreux partenaires commerciaux européens de la Suisse, le dangereux mélange de pénuries d'énergie et de hausses massives des prix du gaz et de l'électricité a déjà des effets récessifs », déclare Martin Eichler, économiste en chef. La tendance à la baisse s'intensifiera encore pendant les mois d'hiver, au cours desquels la demande d'énergie sera très forte. La persistance des prix élevés de l'énergie réduit les possibilités de dépenses des ménages et des entreprises. La demande et la production économique globale seront également ralenties par les mesures d'économie et les changements dans l'approvisionnement énergétique européen. À cela s'ajoute le resserrement de la politique monétaire, qui aura un impact croissant dans les mois à venir, et pas seulement en Europe. Les prix élevés de l'énergie pèsent de plus en plus sur la demande intérieure et les marges d'exploitation. En ce qui concerne l'économie nationale, l'impact de la hausse des prix de l'énergie en Suisse est modéré par rapport à de nombreux autres pays européens. Cela est dû à la baisse de la consommation d'énergie et à l'appréciation du franc suisse. Néanmoins, les hausses de prix continuent de faire grimper l'inflation en Suisse, ce qui pourrait freiner considérablement l'activité économique au cours des prochains mois.

Léger recul de la conjoncture suisse en hiver 2023

Un autre facteur important de l'augmentation des prix de l'énergie sera répercuté sur les consommateurs suisses, mais avec un certain retard, notamment dans le cas de l'électricité. Par conséquent, ces effets se poursuivront jusqu'en 2023, même en cas de détente des marchés mondiaux. Dans l'ensemble, BAK Economics s'attend à ce que l'économie suisse stagne au quatrième trimestre 2022 et qu'elle recule légèrement au premier trimestre 2023 (- 0,1 % par rapport au trimestre précédent). « Après un hiver de récession, on peut s'attendre à une détente progressive de la situation à partir du deuxième trimestre 2023 et donc à une reprise de l'activité économique », indique Alexis Körber, responsable des prévisions macroéconomiques. Pour l'ensemble de l'année 2023, BAK Economics s'attend à une croissance économique très modeste de 0,5 % en Suisse (prévision en août 2022 : + 1,1 %, en juin 2022 on tablait encore sur + 1,7 %). Pour l'année en cours, la reprise économique permettra néanmoins au PIB de progresser de 2,0 %, principalement grâce aux effets de la reprise post-pandémique.

Les principaux scénarios de prévision montrent un fort risque de récession

BAK Economics part du principe que la tension et les prix sur les marchés du gaz et de l'électricité resteront très élevés pendant plusieurs mois, mais que le rationnement, voire les interruptions de l'approvisionnement en énergie, pourront être évités. Malgré les défis majeurs liés à l'approvisionnement énergétique (utilisation de l'énergie comme arme, travaux de maintenance nécessaires comme p. e. dans les centrales nucléaires françaises, sécheresse, etc.), il s'agit de l'évolution la plus probable au vu des conditions de départ actuelles. Toutefois, si, contrairement à ces hypothèses, de graves rationnements et pénuries se produisent, une récession sera également inévitable en Suisse. Comme le souligne Martin Eichler, « en fonction de l'ampleur et de la durée des restrictions, les effets pourraient être encore plus dramatiques que ceux de la pandémie de COVID-19. Il est donc crucial de se préparer dès maintenant en mettant en place des contre-mesures pour réduire la probabilité que cette situation se matérialise. » MSM

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