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En marge de l'olympiade internationale des métiers et de la sélection suisse à Swisstech 2012 Championnat suisse des métiers 2012 des polymécaniciens/iennes

Rédacteur: Jean-René Gonthier

>> «Nous avons montré aux gars ce que nous savons faire», déclare Melani Skaljac. C'est est la première femme qui participe au Championnat suisse des métiers dans la catégorie Tournage CNC. Dans son entreprise formatrice Sulzer Mixpac à Haag, elle a été la première polymécanicienne en formation et elle est ainsi devenue un modèle à suivre.

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Melani Skaljac est la première femme qui participe au Championnat suisse des métiers dans la catégorie Tournage CNC.
Melani Skaljac est la première femme qui participe au Championnat suisse des métiers dans la catégorie Tournage CNC.
(Image: Anne Richter / SMM)

Entre-temps, cette entreprise compte presque 50 % d’apprenantes féminines dans les métiers techniques. SMM et Swissmechanic ont discuté avec elle des particularités féminines dans des métiers techniques dominés par les hommes.

SMM : Quel âge aviez-vous lorsque vous avez commencé à vous intéresser aux choses techniques ?

Melani Skaljac : C’était quand j’avais environ dix ans. Mon père et mes frères ont toujours bricolé au garage et j’ai regardé. Lorsque j’ai eu 14 ans, j’ai eu mon premier vélomoteur et j’ai pu bricoler dessus moi-même. Au début du niveau secondaire, je commençais à être assez sûre de vouloir faire une formation de Polymécanicienne.

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SMM : Et comment se présente la réalité de la formation par rapport aux idées que vous vous en faisiez avant de commencer ?

Melani Skaljac : Mon frère est Mécanicien de production et il m’avait toujours montré des pièces qu’il avait usinées. Cela a déclenché chez moi de l’enthousiasme. Ainsi, je savais déjà à peu près de quoi il s’agissait dans cette formation. Dès la première année d’apprentissage, j’ai eu du plaisir et je me suis toujours réjouie d’apprendre des choses nouvelles. Le fait que ce métier est très varié et qu’il ne faut pas toujours faire la même chose me plaît particulièrement.

SMM : Et qu’ont pensé vos amis et vos collègues de votre choix ?

Melani Skaljac : Ceux qui me connaissait savaient depuis toujours que je m’intéressais aux choses techniques. Seulement lorsque je rencontre des personnes qui ne me connaissent pas encore, elles sont parfois étonnées que je puisse, en tant que femme, embrasser un métier technique.

SMM : Quelle était l’attitude de votre famille par rapport à votre choix de métier?

Melani Skaljac : Au fond, j’avais d’assez bonnes notes pour choisir la voie gymnasiale. Mon père aurait bien aimé que je fasse une maturité et ensuite des études. Mais je préfère travailler avec la tête et les mains et j’ai finalement pu imposer mon choix.

SMM : Est-ce qu’il y a eu un aspect de la formation qui n’était pas très simple ou qui a représenté un défi particulier ?

Melani Skaljac : Les examens pratiques de fin d’apprentissage n’ont pas été faciles pour moi. Il fallait produire un outil complet de moulage par injection plastique en pratiquant du fraisage, du perçage, du fraisage dur, de la rectification plane, et à la fin, il fallait monter le tout.

Les défis particuliers ont été la pression du temps et le désir de produire un résultat final parfait.

SMM : Qu’est-ce qui vous enthousiasme le plus dans le métier de polymécanicienne que vous avez choisi ?

Melani Skaljac : Ce qui me donne le plus de plaisir est de pouvoir mettre en œuvre des procédés très divers et d’exécuter des tâches très variées.

SMM : Etiez-vous consciente du fait que vous embrassiez une profession inhabituelle pour une femme ? Comment avez-vous géré cela ?

Melani Skaljac : J’étais bien consciente que c’était exceptionnel pour une femme. A l’école professionnelle, nous n’étions que quatre femmes dans ma volée (ndlr : parmi 80 hommes).

Ainsi, la situation a été un peu comique au début, lorsqu’on ne savait par exemple pas si on allait trouver quelqu’un pour discuter. Déjà au stage d’introduction j’ai, au début, manqué d’assurance. Mais finalement je me suis bien intégrée et me suis liée d’amitié avec les garçons.

SMM : A votre avis, comment peut-on intéresser les femmes pour les métiers techniques ?

Melani Skaljac : J’ai déjà essayé d’enthousiasmer des copines pour les sujets techniques. Toutefois, selon mon expérience, cela est difficile si elles ne s’y intéressent pas déjà d’elles-mêmes. Mais s’il y en a une qui est seulement timide et qui n’ose pas, on peut l’encourager.

SMM : Quelle reconnaissance avez-vous rencontré de la part de vos collègues dans votre entreprise et à l’école ?

Melani Skaljac : Dans l’entreprises, j’ai toujours été traité de manière égale aux hommes. Je n’ai jamais senti une différence seulement parce que j’étais une femme. A l’école par contre, au début, mes collègues m’ont regardé un peu bizarrement et ils nous ont demandé, ma collègue et moi, ce que nous faisions ici. Mais nous avons alors montré aux garçons que nous étions à la hauteur – avec de meilleures notes, mais aussi dans les examens partiels, où nous avons en partie obtenu de meilleurs résultats.

SMM : Qu’est qui vous a motivé de participer au championnat suisse ?

Melani Skaljac : Une de mes collègues s’était qualifiée pour le Championnat mondial des métiers à Londres. Sa préparation s’était faite dans mon entreprise. Alors mon formateur Günther Scheel m’a demandé si je ne voulais pas participer au championnat cette année. Je n’ai pas eu besoin de réfléchir longtemps, car c’est déjà un honneur de pouvoir y participer.

SMM : Quel est votre objectif pour ce Championnat suisse ?

Melani Skaljac : J’aimerais aller à Leipzig, me qualifier pour le Championnat mondial. C’est dans ce but que je fais tout cela. Je dois me préparer à cela et surtout veiller à ce que je sois mentalement en forme pour ne pas me laisser démotiver facilement.

SMM : Quels sont vos projet professionnels pour la suite ?

Melani Skaljac : En novembre, je vais suivre le cours de maître d’apprentissage et l’année suivante, je veux faire une formation de pédagogie professionnelle. Mon objectif est de travailler plus tard dans la formation professionnelle.

SMM: Merci beaucoup pour cet entretien et nous vous souhaitons un grand succès lors de ces championnats suisses, qui se dérouleront durant le salon Swisstech - Prodex, du 20 au 23 novembre. <<

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