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MSM : Il semblerait que cette idée de rapprochement était dans l’air depuis longtemps, puisque vous-même vous êtes le premier élément rassembleur entre les deux usines, étant donné que vous dirigez Bumotec et SIP.
Jean-Daniel Isoz : L’optimisation des coûts de production est une mission permanente dans toutes les industries. La nôtre n’échappe pas à la règle. Dans les faits l’élément déclencheur a été le manque cruel de place chez Bumotec au vu de son développement que je pourrai qualifier de fulgurant. Dès l’instant où la décision a été prise de construire une usine, il s’est avéré logique d’inclure la SIP dans ce projet. En particulier depuis que celle-ci n’est que locataire de ses locaux actuels.
MSM : Est-il difficile de trouver de nouvelles ressources humaines ici, telles que des polymécaniciens?
Jean-Daniel Isoz : Je dirais qu’en Gruyère il n’est en tous les cas pas plus difficile de trouver des compétences que dans le bassin lémanique ou Genève en particulier. Il est vrai que Fribourg n’étant pas un canton limitrophe, il est plus difficile – mais pas impossible - de bénéficier de cette ressource précieuse que représente la population des travailleurs transfrontaliers.
En revanche dans cette région nous trouvons d’excellents professionnels au bénéfice de cette fameuse formation duale, qui rend quelques pays du monde entier très envieux de la qualité de la main d’œuvre en Suisse. De même nous trouvons plus facilement des compétences en langues étrangères, l’allemand entre autre. Et c’est là également un atout important dans le secteur industriel. En effet nous avons besoin de praticiens capables de parler plusieurs langues. C’est une grande valeur ajoutée pour un polymécanicien ou un automaticien devant mettre en service une machine et dispenser une formation. Nous nous devons de parler la même langue que celle de nos clients, soit au moins l’allemand, l’anglais et/ou le français naturellement.
MSM : A l’EMO de Milan, vous avez présenté la S181, un nouveau concept de machines. Quand avez-vous prévu de sortir les autres machines de cette gamme?
Jean-Daniel Isoz : Le plus vite possible. Toutefois nous devons nous donner un peu de temps pour finaliser sa mise au point.
Guy Ballif : Toute la gamme doit être couverte dans un horizon de 16 à 18 mois.
MSM : Vous espérez vendre combien d’exemplaires?
Guy Ballif : La S181 fait partie d’une toute nouvelle gamme et conception de machine. Nous espérons en vendre entre 50 et 80 unités par année. Surtout qu’au niveau de la conception et surtout du montage nous avons dû mettre en place une nouvelle ligne de production que nous sommes certain de pouvoir rentabiliser rapidement.
Jean-Daniel Isoz : Nous avons de grands espoirs dans cette nouvelle gamme, un prix attractif, un encombrement au sol restreint et toutes les options qui permettront à la S181 actuelle d’aboutir à une version complète. Les deux premiers prototypes vont rester chez nous pour procéder à des tests plus étendus et nous avons prévu de livrer les premières machines début 2016 déjà.
Guy Ballif : Et certains clients dès qu’ils ont compris le concept, le sérieux de la construction de la mécanique n’ont pas hésité à passer commande. Pour la S100 l’engouement était le même. Aujourd’hui il n’est plus possible pour un fabricant tel que Bumotec de concevoir un produit dans nos bureaux et de le fabriquer en atelier sans avoir une étroite collaboration avec nos clients, avec les futurs utilisateurs. Notre objectif est de fournir des solutions d’usinage pertinentes en adéquation avec les demandes du marché. Le cahiers des charges était aussi axé sur un prix cible que nous avons réussi à atteindre.
Une nouvelle gamme de machines pour doper la rentabilité
Jean-Daniel Isoz : Avec cette machine là nous renforçons notre positionnement dans le marché du luxe, l’horlogerie et la bijouterie, les deux métiers clés que nous connaissons bien. Puis vient immédiatement le marché des techniques médicales, dont les clients références de Bumotec nous disent déjà être enchantés du concept de cette nouvelle machine. Cela englobe les fabricants d’implants et d’instruments médicaux. Puis vient la micromécanique. Nous poursuivons simplement dans notre démarche qui consiste à chercher des fabricants de pièces complexes, n’arrivant pas à les produire à coûts raisonnables avec les machines dont ils disposent actuellement.
La S191 conserve toute sa pertinence
La S191, une machine offrant une flexibilité quasi sans limite en terme de configuration, reste complémentaire à la S181. Car elle est plus grande en taille et axée sur la grande série efficace.
Au-delà de notre portefeuille de produits, à ce jour nous disposons de trois centres de démonstrations en dehors de la Suisse. Ils nous permettent de nous rapprocher de nos clients en nous immergeant dans leur culture et leur façon de travailler. Ainsi nous sommes présents à Shanghai, à Cincinnati et depuis peu à Immendingen près de Tuttlingen en forêt noire au sud-ouest de l’Allemagne. Le centre européen de la Medtech. Le principe de ces centres est de proposer une approche technique et systématique pour trouver des solutions d’usinage et répondre aux défis que nous soumettent nos clients.
Dans le nouveau bâtiment de Vuadens nous aurons également un magnifique showroom. Avec ces sites de démonstrations permanents nous pensons diminuer notre présence sur les salons en compensant par des journées technologiques orientées métiers dans les différentes régions du monde.
Guy Ballif : Nous resterons présents à l’EPHJ alors que d’autres salons plus généralistes ne seront peut-être plus utiles. Car dans nos types de machines le client ne va pas se déplacer pour venir acquérir une Bumotec. Il s’agit toujours d’importants projets d’engineering nécessitant une étude sérieuse avec des rencontres à de multiples reprises avec nos techniciens.
MSM : Merci pour cet entretien. <<
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