Économie Stabilisation dans l'industrie pour 2024

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Une phase de stabilité s'annonce pour le secteur industriel du Grand Chasseral (Jura bernois) selon le baromètre industriel de la Chambre d'économie publique du Jura bernois (CEP).

Infographie baromètre industriel, anticipations pour le premier trimestre 2024.(Source :  CEP)
Infographie baromètre industriel, anticipations pour le premier trimestre 2024.
(Source : CEP)

Pour l'essentiel des acteurs de cette région offrant près d'un emploi sur deux dans l'industrie, le niveau d'activité des derniers mois devrait se maintenir durant le premier trimestre de l'année 2024. Dans un contexte caractérisé par des entraves récurrentes comme la force du franc ou le coût de l'énergie, une part importante d'entreprises entrevoit pourtant des opportunités dans la période qui s'annonce. En effet, avisé pour 2024, le retour à la normale de la demande horlogère ouvre notamment des possibilités (jusqu'ici verrouillées en raison du haut régime de fonctionnement) de projets de productivité, d'innovation, voire de nouveaux contacts. « Dans cette séquence de stabilisation, il existe toutefois une dichotomie nettement perceptible entres les mondes horlogers ou médicaux et les autres domaines d'application des capacités de production de l'écosystème microtechnique régional pour lesquels les perspectives globales semblent plus âpres » avance Patrick Linder, directeur de la Chambre d'économie publique du Jura bernois (CEP).

Anticipations pour le premier trimestre 2024

Le baromètre industriel de la Chambre d'économie publique du Jura bernois (CEP) est un outil de compréhension prospectif permettant la mise en exergue des grandes tendances du secteur secondaire régional, moteur de l'économie de la région Grand Chasseral et partie importante de l'outil de production de la précision dans l'Arc jurassien. Plongeant au cœur des entreprises, cet instrument de compréhension ambitionne d'offrir une vue d'ensemble indicative des grandes orientations de l'industrie pour les prochains mois.

Les anticipations pour le premier trimestre 2024 indiquent une stabilisation des entrées de commandes. L'essentiel des acteurs industriels prévoit en effet un volume d'affaires comparable à celui des derniers mois dans le prolongement direct d'une séquence positive de plusieurs années. Le niveau d'activité de l'industrie semble ainsi se fixer depuis l'été 2023 sur un plateau à haut niveau qui s'est cependant légèrement affaissé durant la fin d'année. Si les attentes semblent plutôt homogènes, il faut cependant signaler que certaines entreprises anticipent une baisse claire de leurs entrées de commandes pour le début 2024. Deux trajectoires divergentes semblent coexister actuellement dans l'outil de production de la microtechnique régionale avec d'une part les entreprises œuvrant pour l'horlogerie ou le médical et, d'autre part, les autres domaines d'application traditionnels (automobile, aéronautique, microélectronique, etc.). « Le halo de préservation des capacités de production généré par l'horlogerie mécanique suisse se confirme dans les périodes plus délicates d'un point de vue conjoncturel », conclut Patrick Linder.

En termes de résultats financiers, les attentes indiquent une légère baisse des performances relative d'une part à l'érosion de l'activité en fin d'année 2023, mais aussi à des effets externes délétères au premier rang desquels figure la force du franc suisse et le coût élevé de l'énergie. Ces prévisions questionnent la capacité des entreprises à dégager dans le long terme et avec une certaine stabilité les marges nécessaires pour rester compétitives. Dans ce contexte, un risque de décorrélation entre l'intensité de l'activité et les profits en étant issus doit être considéré, spécialement dans une séquence s'annonçant moins frénétique que les dernières années.

Les projections en matière d'investissement demeurent positives pour la plupart des entreprises avec la poursuite d'un niveau d'engagement relativement élevé. Ces anticipations sont essentielles dans le cadre d'un système de production interconnecté, comme dans le Grand Chasseral, où les entreprises partagent la même communauté de destin économique. Le maintien de l'investissement nuance à ce stade les prévisions baissières effectuées en termes de résultats opérationnels et prouve l'aptitude actuelle de l'industrie à maintenir ses capacités d'innovation en dépit de contraintes qui s'accumulent.

À moyen terme, la plupart des acteurs industriels estime disposer du bon niveau d'organisation et ne prévoit ni développements significatifs ni diminutions des places de travail. Cette projection effectuée pour les douze prochains moins traduit l'aplomb actuel de l'industrie du Grand Chasseral, mais démontre aussi la confiance des acteurs industriels pour 2024 malgré quelques signaux de ralentissement intervenant après plusieurs années intenses.

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Accalmie et opportunités pour 2024

Les entreprises ont été invitées dans le cadre du baromètre industriel de la Chambre d'économie publique du Jura bernois à détailler les opportunités principales identifiées pour 2024. D'une manière générale, la stabilisation de l'industrie, principalement sous l'effet des prévisions stabilisées de l'horlogerie, paraît s'accompagner d'un renforcement de la disponibilité à traiter de nouveaux objets. Le premier semestre de l'année promet ainsi un certain nombre de possibilités.

Si plusieurs acteurs évoquent la possibilité de développer des contacts, ce qui s'est avéré pratiquement impossible depuis 2020 et les perturbations liées au COVID-19, c'est principalement à l'international que se manifestent ces ambitions avec une attention dans certains cas aux pays émergents. L'augmentation de parts de marché compte aussi parmi les opportunités identifiées en 2024 dans de nombreux cas avec la volonté sous-jacente d'utiliser pleinement les capacités de production disponibles. Cette période pourrait aussi s'avérer propice au lancement de nouveaux produits ou de nouvelles références.

Au-delà des aspects purement commerciaux, 2024 s'annonce également favorable à des projets de productivité, d'efficience ou d'organisation de la production. Dans de nombreuses entreprises, ces tâches n'ont pu être traitées convenablement depuis les perturbations de 2020 et la période plus stable attendue pour les prochains mois pourrait permettre de compenser cet aspect. À tout le moins, une volonté de consolidation de l'organisation, intervenant après des années de croissance et de haut régime de fonctionnement, est perceptible dans le tissu industriel. Ces adaptations sont essentielles pour l'amélioration de la productivité et, avec elle, pour le maintien à terme de la compétitivité des entreprises suisses.

Dans l'ensemble, une vision de moyen terme menant approximativement à 2030 semble en cours d'établissement dans l'écosystème de production microtechnique.

Elle clôt la phase précédente et ouvre une nouvelle séquence. Cette période devra combiner la sobriété récemment retrouvée des besoins horlogers, les obstacles récurrents rencontrés depuis plus de dix ans par l'industrie, le manque chronique de spécialistes et les opportunités s'offrant au plan global pour des acteurs offrant des solutions de production microtechnique. MSM

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