Reiden Technik AG prend de l’altitude

Reiden et Jean-Gallay, un partenariat gagnant

| Auteur / Rédacteur: Gilles Bordet, rédacteur MSM / Gilles Bordet

La RX14 tourne à plein régime depuis son installation dans les locaux de Jean-Gallay SA à la grande satisfaction de tous.
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La RX14 tourne à plein régime depuis son installation dans les locaux de Jean-Gallay SA à la grande satisfaction de tous. (Image : MSM)

Bien connue sur la place genevoise, l’entreprise Jean-Gallay SA s’est spécialisée depuis le début des années 70 dans la sous-traitance de composants mécano-soudés et la tôlerie fine pour les domaines de l’aéronautique, des turbines à gaz et du nucléaire.

Depuis l’entreprise s’est bâtie une réputation de spécialiste dans son secteur d’activités et dispose d’un savoir-faire pointu reconnu bien au-delà de nos frontières. Pour répondre aux demandes du marché de l’aéronautique en plein essor, Jean-Gallay a dû augmenter sa capacité de production et a pour cela acheté une nouvelle machine. Et c’est chez le fabricant suisse Reiden Technik AG que l’entreprise de Plan-les-Ouates a trouvé ce qui lui convenait avec le centre d’usinage combiné RX14.

S’adapter au marché

Les capacités de fabrication de Jean-Gallay vont de 10 à 1200 mm pour 80% de sa production et jusqu’à 2 m dans certains cas. L’entreprise dispose d’un parc de machines important comprenant des tours CNC et des centres d’usinage verticaux et horizontaux, des presses et machines de formage de la tôle, deux centres de découpe et perçage laser 5 axes ainsi que des moyens de contrôles à la hauteur des exigences très sévères des domaines pour lesquels la société produit.

Le marché de la motorisation aérienne, civile et militaire, est la part la plus importante de la production de l’entreprise devant les turbines à gaz industrielles et le nucléaire.

C’est un marché en pleine évolution qui a su s’adapter aux demandes des compagnies aériennes désirant des moteurs plus économiques et aux normes environnementales de plus en plus sévères. La conséquence de cette évolution est l’augmentation de l’efficience énergétique des moteurs mais aussi entre autre de leurs dimensions. Ces moteurs sont appelés communément Turbofan et disposent d’un taux de dilution très important, de 11 pour 1 sur le LEAP de CFM International. Ce sont des moteurs à double flux, c’est-à-dire que la poussée n’est pas uniquement produite par les gaz chauds en sortie de tuyère mais principalement par la soufflante montée en tête du moteur. Cette soufflante est en fait une grande hélice carénée entrainée directement (ou au travers d’une boîte à vitesse) par l’arbre de la turbine et qui crée un flux d’air froid autour du moteur à travers le carter jusqu’à la tuyère d’éjection. Dans le cas du LEAP c’est 11 fois plus d’air qui passe autour du moteur qu’à l’intérieur, et pour obtenir ce taux de dilution élevé il faut augmenter le diamètre de la soufflante. Sur le LEAP, en fonction des versions, ce diamètre est compris entre 1,78 et 1,88 m. Mais il y a aussi la manière de produire ces bijoux technologiques qui évolue, les volumes deviennent de plus en plus importants et l’industrie aéronautique adapte ses méthodes de production à l’image du secteur automobile.

Jean-Gallay a obtenu plusieurs marchés pour le LEAP de CFM et le PW1100G de Pratt & Whitney qui équipent les Airbus A320neo, les Boeing 737 Max ou encore les C919 chinois. Ces propulseurs de dernière génération, comme tout le secteur de l’aviation en général, auront une vie opérationnelle de plusieurs décennies. Il était donc essentiel pour l’entreprise de disposer d’une machine moderne adaptée aux nouvelles demandes du marché et disposant de courses plus importantes pour répondre aux évolutions futures. Jean-Gallay commença néanmoins à fabriquer ces éléments avec les machines à sa disposition ce qui lui a permis de mettre en place les moyens nécessaires à l’acquisition de matériel plus approprié. Mais un autre défi se posait, les plus grandes pièces à usiner pour ces moteurs sont des éléments constitutifs de l’entrée d’air et donc des pièces rondes obtenues par tournage mais qui nécessitent aussi de multiples opérations de perçage et de fraisage. Avant l’arrivée de la RX14 ces pièces étaient tournées sur un tour vertical et ensuite reprisent sur un centre d’usinage. Cela a toujours été la « norme » dans l’industrie jusqu’à récemment. Aujourd’hui l’évolution des centres d’usinage change la donne, ils sont devenus de plus en plus polyvalents. La RX14 permet toutes les opérations de fraisage sur 5 axes positionnés ou simultanés mais aussi toutes les opérations de tournage et de rectifiage ainsi que la mesure par palpage. C’est donc comme une évidence que s’est imposé le choix d’un centre d’usinage combiné fraisage/ tournage 5 axes.

RX14, la solution aux nouveaux défis

En 2004 l’entreprise devait investir dans de nouveaux centres d’usinage pour la fabrication de pièces destinées aux turbines à gaz industrielles. C’est à cette époque que le premier contact s’est établi entre Nicolas Lavarini, Directeur des Opérations chez Jean-Gallay et Patrick Glanzmann, conseiller technique chez Reiden. Après étude, les machines Reiden se sont avérées trop grandes pour les besoins de Jean-Gallay et c’est chez un autre fournisseur qu’une solution a été trouvée. Mais les produits de Reiden ont laissé une forte impression à Jean Gallay S.A, et quelques années plus tard avec le besoin d’investir dans une machine de plus grande capacité, elle sélectionne 3 fabricants dont Reiden. Après les premiers essais, la RX14 de Reiden s’est avérée être la meilleure solution pour l’entreprise.

Avec 1800 mm de course sur ses axes X et Y, la RX 14 se trouve être une candidate idéale. Elle dispose de réelles capacités de tournage grâce à sa table tournante qui peut être équipée en option d’un moteur couple à entrainement direct qui tourne à 400 tr/min max pour une puissance de 75 Kw. La broche dispose aussi d’un système de délestage qui la protège des contraintes générées par les opérations de tournage et d’un serrage hydraulique des outils pour une stabilité maximale. Dans ces conditions il est possible d’envisager des opérations de tournage aussi sereinement qu’avec un tour vertical tout en disposant de capacités de fraisage 5 axes et cela dans des matériaux aussi tenaces que le titane ou les alliages réfractaires. Et dans ce cas il ne s’agit pas de fonctions de « secours », mais bel et bien de capacités réelles à effectuer des opérations de tournage ou de rectifiage avec le même niveau de précision et de qualité que l’on attend d’une machine spécialisée. Le gain de temps et de précision est lui aussi très important, la pièce est entièrement usinée sur le même poste. De plus, la grande stabilité mécanique et thermique du bâti en Hydropol de la RX14 combiné à la précision des guidages linéaires associés à leur règle permet, grâce au palpeur 3D, une mesure de grande précision des pièces in situ.

D’autres critères ont fait pencher la balance du côté du fabricant suisse, comme la géniale tête trigonale et sa broche DDT à double moteur d’entrainement, mais aussi la légendaire rigidité des machines Reiden. Mais pour Nicolas Lavarini d’autres arguments ont encore pesé en faveur de Reiden comme la proximité avec le fabricant, sa réactivité et la qualité du service après-vente. « C’est un partenariat que nous avons vraiment apprécié et qui continu après l’achat de la machine » déclare t-il et qui poursuit par : « Il y a des concurrents qui vous vendent des machines et derrière c’est une vrai catastrophe, le SAV est quasi inexistant ». Patrick Glanzmann abonde en ce sens : « Nous sommes (Reiden) trop petit sur le marché pour nous permettre d’avoir un service après-vente déficient. Pour nous il est vraiment primordial de disposer d’un excellent SAV et de techniciens qualifiés. Nous avons besoin de personnes très compétentes, aujourd’hui les machines sont de plus en plus complexes, elles demandent la maîtrise du fraisage comme du tournage mais aussi un très bon niveau de compréhension des commandes. Par contre il n’est pas toujours facile de trouver ces perles rares ou de les former, c’est pourquoi nous faisons tout pour les garder » conclut Patrick Glanzmann. Il est encore important de préciser que Reiden est toujours le seul et unique interlocuteur et intervenant chez le client, même en cas de problème au niveau de la commande, qu’elle soit d’origine Heidenhain ou Siemens. L’entreprise programme elle-même les PLC de ses machines, c’est un gage de la maîtrise du fabricant lucernois sur l’ensemble de sa gamme.

Pour compléter ce thème
 
Nicolas Lavarini, Directeur des Opérations chez Jean-Gallay
Travailler chez Jean-Gallay c'est intégrer une grande famille, celle de l'aéronautique. Une famille particulière avec ses codes et sa terminologie propre mais aussi ses valeurs. Un monde de haute technologie où l'on ne distingue plus la frontière entre science et passion.

Pour Jean-Gallay SA, il était aussi indispensable d’intégrer les opérateurs dans le choix du nouveau centre d’usinage. « Beaucoup de machines-outils sont équipées par les mêmes fabricants de broches ou de commandes et disposent de capacités assez similaires, c’est dans les détails que la différence se fait » explique Nicolas Lavarini. Et des détails qui changent tout ce n’est pas ce qui manque avec la RX14. A commencer par son ergonomie remarquable qui offre une accessibilité exceptionnelle à la zone de travail, le carénage interne en acier inoxydable, son immense porte motorisée qui permet un chargement des pièces sans aucunes difficultés ou encore les « soufflettes » intégrées un peu partout dans la machine. « Pour nos opérateurs qui se sont déplacés avec nous chez Reiden, l’ergonomie a été un argument très important. Ils ont été très sensibles aux multiples petits détails présent sur la RX14 et qui simplifient le travail au quotidien » explique Nicolas Lavarini. « C’est un machine lumineuse, on peut charger des pièces supérieures à la dimension de la palette par le dessus grâce à sa grande porte et son immense magasin nous a fortement impressionné. Et puis c’est surtout au niveau des finitions que la différence se fait, c’est vraiment du très beau travail ! » conclut-il.

Il y a encore un autre critère essentiel, celui de la durabilité qui est entré en ligne de compte dans le choix de Jean-Gallay S.A. Une machine fiable dans le temps à même de supporter une production cadencée avec des organes de qualités et une géométrie également stable. « Nous voulions une machine qui vieillit bien dans le temps » explique Nicolas Lavarini.

Et dans ce domaine, les machines du fabricant lucernois ont une réputation « ad vitam aeternam ». Elles sont tellement robustes et bien construites qu’il serait réducteur d’envisager l’achat d’une machine Reiden pour une durée de vie opérationnelle de 20 ans seulement. Car comme les chats, elles disposent de plusieurs vies et Reiden rétrofite régulièrement des machines qui rempilent pour une seconde vie industrielle. Un achat pérenne pour les 40 ou 50 ans à venir avec un retrofit en milieu de vie, une manière de faire somme toute assez proche de ce qui se fait dans l’aviation militaire.

Les spécifications de la machine livrée chez Jean-Gallay sont les suivantes :

  • 5 axes simultanés
  • Courses : 1800 x 1800 x 1200 mm pour les axes XYZ et de -15° à +105° pour l’axe A
  • Système de palettisation pour 2 palettes avec possibilité d’évolution
  • Commande Heidenhain TNC640
  • Broche moteur avec 15'000 tr/min et cône HSK100
  • Magasin d’outil avec 92 positions
  • Option tournage avec entraînement direct de l’axe C jusqu’à 400 tr/min
  • 2 x tables rondes de ø 1'400 mm
  • Arrosage par le centre avec 80 bars
  • Palpeur 3D

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