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De nombreuses entreprises industrielles se trouvent dans une situation critique L’industrie suisse investit, mais dans les robots

| Rédacteur: Gilles Bordet

Les entreprises industrielles moyennes en Suisse continuent à ne pas être vraiment satisfaites de leur situation commerciale.

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TOPIO (TOSY Ping Pong Playing Robot) est un robot humanoïde bipède développé à partir de 2005 par la firme Vietnamienne TOSY. Ici la version 3.0 qui mesure 1,88 m pour 120 kg.
TOPIO (TOSY Ping Pong Playing Robot) est un robot humanoïde bipède développé à partir de 2005 par la firme Vietnamienne TOSY. Ici la version 3.0 qui mesure 1,88 m pour 120 kg.
(Source : TOSY)

Un peu plus de la moitié seulement (52 %) des 202 entreprises interrogées lors d’une enquête réalisée par la société de conseil EY considérait sa situation commerciale actuelle comme bonne. C’est de loin la valeur la plus basse de tous les secteurs. Pour les six prochains mois, les entreprises sont toutefois plus confiantes qu’il y a un an, plus d’un tiers s’attendant à une amélioration de leur situation commerciale (37 % contre 31 % l’an dernier). Seules les entreprises du secteur des sciences de la vie envisagent le prochain semestre avec encore plus d’optimisme.

Un peu moins de la moitié de toutes les entreprises interrogées (48 %) s’est préparée mentalement à une stagnation et s’attend à des chiffres d’affaires inchangés pour l’année en cours. « Les indicateurs macroéconomiques pertinents sont à la hausse : l’économie suisse poursuit sa progression, tous les pays de l’UE se développent et l’économie américaine prospère. Les entreprises s’attendent par conséquent à une amélioration de leur situation économique pour l’année en cours. Toutefois, le niveau reste bas et les entreprises industrielles moyennes n’ont pas toutes encore digéré le choc du franc. Bon nombre des mesures prises déploient certes leurs effets et les chiffres d’affaires se stabilisent de nouveau. Mais, la situation bénéficiaire reste très difficile pour de nombreuses entreprises » déclare Marcel Stalder, CEO d’EY Suisse.

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Une entreprise sur huit est dans une situation critique

L’enquête montre également que de nombreuses entreprises industrielles se trouvent dans une situation critique. Leur part est passée de huit à douze pour cent en un an, ce qui représente la valeur la plus élevée de tous les secteurs et presque le double de l’ensemble de l’économie. Le tableau est identique lorsque les entreprises sont interrogées sur leur stratégie : 11 % d’entre elles n’auront pas d’autre préoccupation dans les mois à venir que de survivre. Ce chiffre a augmenté pour la troisième fois consécutive.

« Ces résultats sont un signe évident de la progression de la désindustrialisation. La Suisse n’est pas épargnée par le changement structurel postindustriel : l’appréciation considérable du franc a encore renforcé l’externalisation de la production vers l’étranger. Les entreprises ne parviennent pas toutes à redresser leur situation, celles déjà faibles disparaissent » déclare Mark Hawkins, Partner et responsable pour la Suisse romande chez EY.

Le franc fort reste le souci majeur

Deux tiers des entreprises industrielles interrogées, comptant 30 à 2'000 collaborateurs, continuent de voir dans la vigueur du franc le risque le plus important pour leur développement. 44 % craignent une évolution conjoncturelle morose à l’étranger et 40 % redoutent des prix de matières premières élevés ou volatils. Ces chiffres permettent de conclure que l’industrie ressent plus de pression que d’autres secteurs et se justifient par sa forte orientation à l’exportation : un tiers des entreprises interrogées par EY vend plus de la moitié de ses produits à l’étranger, ce qui - avec les sciences de la vie - représente la valeur la plus élevée du secteur.

« Les entreprises industrielles doivent mener un dur combat face à la concurrence étrangère pour réaliser du chiffre d’affaires et des bénéfices. De nombreuses personnalités engagées du monde de l’entreprise s’investissent avec beaucoup d’énergie et de passion dans leurs entreprises. En dépit du contexte difficile, elles sont parvenues, même l’an dernier, à présenter d’excellents chiffres. Le site industriel suisse pourra continuer à s’affirmer à l’échelle internationale dans le domaine des produits de très haute qualité. La fabrication de produits de masse n’a plus sa place en Suisse » ajoute Mark Hawkins avec conviction.

Industrie 4.0 gagne du terrain

Presque une entreprise industrielle sur trois en Suisse s’attend à une amélioration de la conjoncture nationale pour le premier semestre 2017 – il y a un an, seule une entreprise sur quatre environ se montrait optimiste. Parallèlement, la part des pessimistes est passée de 29 % à 11 % actuellement. 31 % des entreprises industrielles suisses prévoient d’augmenter leurs investissements totaux dans les équipements et les machines au cours des six prochains mois. Ce chiffre particulièrement élevé l’était encore davantage en 2011. Dans le même temps, 18 % des entreprises interrogées s’attendent à une réduction des effectifs pour l’année en cours ; mis à part l’industrie, aucun autre secteur n’affiche une dynamique de l’emploi aussi faible.

« La quatrième révolution industrielle progresse également en Suisse. Nos chiffres indiquent que les entreprises ont perçu les signes des temps et investissent davantage dans les robots : grâce aux techniques modernes d’information et de communication, la fabrication de biens industriels devient plus efficace et plus individuelle et la qualité des produits augmente. Dans l’Industrie 4.0, les hommes, les machines, les installations, la logistique ainsi que les produits communiquent et coopèrent directement les uns avec les autres. Les entreprises en Suisse doivent apprendre non plus à optimiser uniquement certaines étapes de production mais à numériser entièrement toute la chaîne de création de valeur » explique Mark Hawkins.

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