Kunststoff.swiss est l'association faîtière de l'industrie suisse des matières plastiques et compte parmi ses membres tous les acteurs de la chaîne de valeurs de la branche. Nous avons discuté de la santé du secteur avec Patrick Semadeni, vice-président de l'association et responsable des questions de durabilité.
Des filets de pêche comme ceux-ci sont recyclés et remis à disposition de l'industrie de la plasturgie sous forme de granulés, qui sont alors utilisés pour fabriquer de nouveaux produits comme des emballages par exemple.
(Source : Semadeni Plastics Group)
Comment se porte le secteur des matières plastiques en ce début d'année 2023 ?
Les matières plastiques sont utilisées dans de nombreux domaines d'applications, donc tout dépend des situations individuelles des différentes branches. L'industrie automobile peine un peu, tandis que la situation est plutôt stable du côté des emballages et de la construction par exemple. D'une manière générale néanmoins, notre industrie fait toujours face à de nombreuses incertitudes. Les chaînes logistiques sont toujours perturbées et nous ne savons pas vraiment comment la situation va évoluer. L'ombre de potentiels contingents énergétiques planent toujours au-dessus de nos têtes. Le cours de l'euro est aussi un point à surveiller, de même que l'inflation dans la zone Euro. Mais en ce qui concerne les matières premières, la disponibilité est relativement bonne, ce qui n'était pas le cas il y a un an. Nous restons donc optimistes, d'autant que l'industrie suisse des matières plastiques est innovante et que de nouvelles opportunités se développent dans la clean tech et les solutions liées à l'économie circulaire.
Quel est votre discours concernant les questions énergétiques ?
Nous avons préparé en collaboration avec Suisse énergie et certains de nos membres une brochure disponible en allemand et en français, intitulée « L'efficacité énergétique dans la plasturgie ». Elle regroupe les meilleures pratiques pour une production optimisée en termes de consommation d'énergie. Nous encourageons donc tous les membres de notre industrie à mettre en place des processus permettant une optimisation de l'utilisation des ressources énergétiques. En ce qui concerne la situation actuelle, chaque cas est différent. Nous sommes d'avis que les contingents, s'ils sont appliqués, ne devraient pas être les mêmes dans tous les secteurs industriels, mais que les industries essentielles, comme le médical et l'alimentaire, devraient être privilégiées, de même que les entreprises de notre industrie qui servent ces secteurs.
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Vous êtes responsable des questions de durabilité : comment gérez-vous le sentiment populaire antiplastique ?
Je pense que les revendications ne sont plus vraiment anti-plastique mais plutôt antipollution et anti-gaspillage des ressources. La discussion s'est différenciée. De notre côté, nous essayons d'informer au maximum, entre autres au travers de la presse quotidienne. Nous sommes ouverts à la discussion. Nous admettons les problèmes là où il y en a, ce qui interpelle parfois les journalistes avec lesquels nous échangeons. L'industrie des matières plastiques dans son ensemble est consciente des défis en cours. En effet, nous avons d'ores et déjà dit oui à la voie de l'économie circulaire au dépend de l'économie linéaire. Nous sommes également engagés sur les questions d'économies des ressources et les solutions de neutralité carbone.
Quelles sont vos actions ?
Des études ont été faites concernant les démarches nécessaires pour que l'industrie des matières plastiques deviennent une industrie climatiquement neutre en 2050. Les points abordés sont nombreux : meilleure utilisation des ressources énergétiques, optimisation du design pour économiser de la matière première, pour faciliter le recyclage, affranchissement de l'utilisation de substances nocives, remplacement des produits à usage unique avec des produits réutilisables, etc. Nous communiquons ces mesures à nos membres et les soutenons dans leur implémentation. Nous les invitons également à innover, à inventer de nouvelles solutions, à repenser leurs habitudes. Nous avons un partenariat avec Swiss Triple Impact, des interventions lors d'événements de la branche, des partenariats avec la Ostschweizer Fachhochschule à Rapperswil, la Fachhochschule Nordwestschweiz à Brugg-Windisch ainsi qu'avec Kunststoff Ausbildungs- und Technologie-Zentrum à Aarau. Nous soutenons aussi des projets Innosuisse sur les sujets de durabilité et de neutralité climatique.
Avez-vous été poussé par les pouvoirs politiques ou avez-vous simplement pris les devants ?
Il y a une certaine pression politique, c'est vrai, que ce soit en Suisse ou au niveau international. Mais le fait que l'on utilise trop de ressources est un fait établi, quoi qu'en dise la politique. La réalité est telle qu'il est impératif de changer notre industrie, pour la survie des générations futures, et celle de notre branche industrielle. Si nous attendions que les régulations se mettent en place, non seulement ce serait trop tard, mais en plus nous serions mis au pied du mur, ce qui n'est jamais agréable, ni efficace. Être proactif est donc à la fois une nécessité, mais aussi un avantage.
Situation au30.10.2020
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En ce qui concerne le recyclage des matières plastiques où se situe la Suisse par rapport à ses voisins ?
Le taux de recyclage des matières plastiques en Suisse est en dessous des 10 %. Le reste est tout simplement incinéré. Le problème ne concerne pas tant le tri au niveau individuel, mais plutôt à l'étape d'après, celle de la gestion des déchets. Actuellement, nous ne disposons pas en Suisse d'une capacité de tri et de recyclage suffisante pour traiter tout ce qui est collecté. Il y a entre autres une raison historique à cela : la Suisse possède 30 stations d'incinération, desquelles on récupérait l'énergie dégagée. Jusqu'à récemment, on trouvait cela écologiquement correct, ce qui de manière générale n'est plus le cas maintenant. Sans même parler de la création de gaz à effet de serre. L'incinération est désormais considérée comme une solution « cul-de-sac » car le carbone est perdu et va à l'encontre des nouveaux principes de circularité. La loi sur l'environnement aujourd'hui en révision prévoit de placer le recyclage en premier recours de la hiérarchie de traitement des déchets. L'évolution de l'industrie des matières plastiques est donc en cours et va s'intensifier dans les prochaines années. MSM