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30 ans déjà

Le CSEM fête ses 30 ans d'existence

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La fierté d'un canton

Le canton de Neuchâtel, au travers de son conseiller d'état Jean-Nathanaël Karakash profite aussi des retombées du prestige du CSEM. « Grâce au CSEM, à ses chercheurs, à ses projet et ses partenaires, notre canton contribue de manière significative à développer des technologies utiles à l'humanité, que ce soit dans le domaine de la santé, de l’énergie, des matériaux, des télécommunications et des processus de production. Le CSEM est un outil au service de l'industrie c'est sa raison d'être que de porter à maturation les technologies qui feront l'avenir pour les diffuser dans nos entreprises. Un enjeu vital pour que le tissu industriel puisse continuer à se développer ici en Suisse.

Cette capacité à transformer en produit plus vite et mieux que les autres en alliant savoir-faire et technologies c'est ce qui a permis la diversification réussie des tissus économiques régionaux au lendemain de la crise horlogère. C'est aujourd'hui encore ce qui nous permet de garder cette petite longueur d'avance qui fait toute la différence dans le contexte ultra concurrentiel de compétition internationale. La Suisse est de loin le pays qui produit le plus de valeurs industrielles par habitant » dixit Jean-Nathanaël Karakash.

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Encouragements mais appel à la vigilance aussi.

Invité d'honneur de cet événement, le conseiller fédéral Johann Schneider-Ammann, chef du département de l'économie, de la formation et de la recherche était présent. Le regard de monsieur Schneider-Ammann est celui d'un ingénieur EPHZ, industriel de grande expérience qui a à cœur d'assurer une perspective d'avenir aux futures générations de ce pays. Le conseiller fédéral a entamé son discours avec ces mots : « Je suis heureux de me retrouver devant vous cet après-midi, heureux parce que ce matin le conseil fédéral a approuvé le projet d'implantation du parc suisse d'innovation... Nous aurons 2 sites principaux, des hubs, très logiquement ils seront situés à proximité de nos 2 écoles polytechniques fédérales. L'un à Lausanne, l'autre sur l'aérodrome de Dübendorf dont la réaffectation a aussi été approuvée. Lausanne sera le centre de réseau romand fort, Neuchâtel, Fribourg, le Jura et le Valais auront aussi leur place dans ce système... » Le conseiller fédéral a poursuivi par « Tous les chemins mènent à Rome. L'innovation semble par contre, comme vous venez de le voir, toujours mener à Neuchâtel... Aujourd'hui nous fêtons les 30 ans d'existence de l’entreprise qui à sans doute le plus contribué à faire de Neuchâtel la plateforme d'innovation qu'elle est aujourd'hui... J'aimerais tout de même rappeler le contexte dans lequel le CSEM a été fondé, un contexte de crise, un contexte dans lequel des milliers d’emplois ont été perdus dans le secteur horloger... Pourquoi? Vous le savez tous, dans les années 70 la Suisse a raté le marché de la course à l'innovation. Le déferlement des montres à mouvement à quartz venu du Japon a bien failli transformer tout un secteur industriel en un glorieux souvenir. L’affaire était d'autant plus absurde que la technologie était connue en Suisse, le premier mouvement à quartz, vous le savez, avait été conçu ici à Neuchâtel au centre électronique horloger en 1967. Mais c'est le Japon qui a su le premier en reconnaître les mérites. Heureusement qu'une nouvelle génération d'entrepreneurs visionnaires a relevé le défi. »

Pour que cela ne se reproduise plus jamais, pour qu'une innovation suisse le reste et trouve sa place au sein des entreprises suisses, c'est dans cet esprit et avec l'aide de la confédération que le CSEM est né.

Et monsieur Schneider-Ammann de poursuivre « Ici financements publics et privés se donnent la main pour donner le meilleur au pays. En retraçant cette page d'histoire, je me demande si elle ne risque pas de se répéter. Ne passons-nous pas une fois de plus trop de temps à nous féliciter de ce que nous vivons aujourd'hui ? Car le monde change très vite, l'innovation peut toujours surprendre. Regardez ce qu'il s’est passé sur le marché de la téléphonie mobile, les pionniers, premiers arrivés ont disparu...

Les téléphones bracelets qui débarquent actuellement dans nos magasins, lancés par le géant sud-coréen, ne sont-ils pas une nouvelle menace pour notre industrie horlogère ? » Et de continuer par « Grâce au nouvel esprit qui règne dans le secteur horloger l'avenir est assuré, mais est-on sûr que cela soit le cas dans toutes les branches? Car quel que soit le secteur ou le domaine, la concurrence ne dort pas, est ce que notre bien-être actuel ne nous rend pas paresseux ? Gardons-nous une vision claires des changements qui s’imposent ? Car jusqu'à aujourd'hui tout invitait au repos sur nos lauriers... Mais les clignotants sont passés à l'orange, la croissance a stagnée au 2e trimestre de cette année, notre compétitivité est plombée par la pénurie de main d’œuvre qualifiée et le vote du 9 février risque encore de rendre cette situation plus délicate... La confédération met tout en œuvre pour que le choix du peuple soit respecté, mais nous le faisons avec un objectif clair, sauvegarder nos accords bilatéraux avec l'union européenne. La formation et la recherche, conditions indispensables de l'innovation sont directement concernées. Mon département se bat depuis le 10 février pour trouver une solution qui assure autant que possible nos acquis dans ce domaine. Un accord technique a été conclu en ce qui concerne la participation suisse au programme de recherche horizon 2020 mais il doit encore être validé par les instances politiques. » Et pour finir par conclure avec fermeté par « Je veux être très clair, ces solutions sont moins satisfaisantes que la participation de plein droit que nous avions avant le 9 février. Je ferais tout ce qui est possible pour que nous retrouvions ce statut. » Le risque de rupture du potentiel d'innovation n'est pas qu'une chimère, il demande des efforts de tous les jours pour ne pas se réaliser. Avoir une vision à plus long terme, regarder vers l'horizon sont les garanties pour notre pays de ne pas manquer les virages technologiques qui nous attendent ces prochaines décennies.

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