Qui s'en sort le mieux, les EPF ou les HES? La HE-Arc remporte l’HydroContest !

Rédacteur: Jean-René Gonthier

>> La Haute École Arc Ingénierie a réalisé un véritable exploit, le 26 juillet à Lausanne, en remportant la première édition de l’HydroContest, dans la catégorie reine du «Transport de masse». Fabriqué au Parc technologique de Saint-Imier, son catamaran CH-Arc a battu le bateau de l’EPFL en finale. Les onze autres équipes en lice venaient de hautes écoles de trois continents.

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Sous le catamaran CH-Arc, on voit les «foils» (noirs) qui lui permettent de s’élever hors de l’eau et d’accélérer, grâce à la diminution de la traînée ainsi obtenue.
Sous le catamaran CH-Arc, on voit les «foils» (noirs) qui lui permettent de s’élever hors de l’eau et d’accélérer, grâce à la diminution de la traînée ainsi obtenue.
(Image: Haute Ecole Arc)

Certes, le groupe Énergie et Mobilité de la HE-Arc Ingénierie n’en est pas à son coup d’essai, lui qui aligne ses Consomini au Shell Eco-marathon depuis 12 ans. Mais qui aurait pensé que son catamaran fabriqué au Parc technologique de Saint-Imier remporterait la première édition de l’HydroContest, au nez et à la barbe de bateaux conçus dans les laboratoires de l’EPFL et de hautes écoles françaises, australienne ou néerlandaise ?

C’est pourtant ce qui est arrivé ce 26 juillet au large de Dorigny, à Lausanne. Après avoir passé avec succès la phase de qualifications du 23 juillet suivi par les quarts de finale vendredi25 juillet, la HE-Arc Ingénierie a passé le cap des demi-finales puis remporté la grande finale contre l’EPFL.

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La fiabilité et le contrôle ont fait la différence

«Nous sommes surpris d’avoir pu battre le bateau de l’EPFL, car il est très rapide», commente Rachel Simonetta, cheffe d’équipe et étudiante de 3e année en Conception de systèmes mécaniques à la HE-Arc. «La différence s’est faite au niveau du pilotage; notre bateau est fiable et très contrôlable.»

Créer le bateau le plus rapide et le moins gourmand en énergie, tel était le défi lancé par le bureau d’études Hydros aux hautes écoles du monde entier. Treize équipes ont eu le courage de le relever: quatre de France, deux du Brésil, deux de Colombie, une d’Australie et une des Pays-Bas, ainsi que les trois de Suisse (EPFL, Ecole d’ingénieurs et d’architectes de Fribourg et HE-Arc Ingénierie).

Elles devaient concourir dans deux catégories: «Embarcations personnelles» (20 kg de lest) et «Transport de masse» (200 kg de lest). Chaque équipe avait reçu un moteur électrique et une batterie. Pour le reste, les étudiants disposaient d’une grande liberté dans la conception de leur bateau, dont les dimensions ne devaient toutefois pas dépasser 2.5 x 2.5 x 2 mètres.

L’équipe dirigée par Rachel Simonetta et Thierry Robert, professeur responsable du groupe Énergie et Mobilité de la HE-Arc Ingénierie, avait opté pour un catamaran à «foils», ailes immergées permettant au bateau de s’élever hors de l’eau.

La HE-Arc en finale de l’autre catégorie ce dimanche 27 juillet

Ces «foils» n’ont toutefois été utilisés que lors des courses de la catégorie «Embarcations personnelles», dans laquelle la HE-Arc Ingénierie s’est également distinguée cet après-midi, en battant la redoutable équipe australienne en demi-finale et en se qualifiant ainsi pour la finale de cette catégorie, qui aura lieu ce 27 juillet au matin.

Le trophée «HydroContest Efficiency» catégorie «Transport de masse» sera remis ce dimanche 27 juillet vers 15h à l’équipe de la Haute École Arc Ingénierie par la marraine de l’épreuve, Claudie Haigneré, première spationaute française et présidente d’Universcience. La HE-Arc Ingénierie recevra-t-elle également le trophée de la catégorie «Embarcations personnelles» ? Réponse ce 27 juillet au matin.

Un enjeu de taille

Le transport maritime est un enjeu économique et environnemental majeur. En 2013, 90% des échanges commerciaux de marchandises étaient réalisés par voie maritime. Ce moyen est le moins cher pour transporter de grandes quantités sur de longues distances et, en particulier, pour relier différents continents.

Si l’on considère la distance parcourue, le bateau émet près de 58 fois moins de CO2 que l’avion par tonne transportée. Toutefois le transport maritime émet encore trop de gaz à effet de serre et son efficience peut être améliorée.

Chaque pour-cent de fuel économisé par la flotte mondiale représente une économie potentielle de 42 millions de tonnes de CO2 par an. Le potentiel est donc considérable !

L’apport de l’HYDRO contest

Hydros s’implique dans le développement de solutions applicables pour améliorer l’efficience énergétique. En mettant sur pied l’HYDROcontest, Hydros veut créer une plateforme d’échange unique au monde. Le but est de sensibiliser les ingénieurs et les architectes de demain à la conception de technologies nautiques efficientes, mais aussi transposables dans l’industrie. L’objectif est également de permettre à des projets prometteurs de voir le jour. Pour ce faire, Hydros va aider les étudiants à bénéficier des INNOGRANTS EPFL, des soutiens spécifiques destinés aux start-ups. Elle va également les seconder dans la mise en oeuvre de leurs idées grâce à son réseau et en favorisant les rencontres avec des partenaires potentiels.

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