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JEC 2011 : Joli printemps pour les fibres naturelles

| Rédacteur: Jean-René Gonthier

>> JEC Paris 2011 affiche l’évolution d’une industrie pluridisciplinaire incluant producteurs de matières, équipementiers, fabricants et utilisateurs. Pour l'aéronautiques, l'automobile, le maritime, le BTP, l'énergie, les sports & loisirs, les tendances s’orientent vers des composites plus légers, plus économiques, des structures intégrées conçues et fabriquées en une seule étape avec plus d'automatisation en production et un fort intérêt pour les fibres naturelles.

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1122 exposants et plus de 29 800 visiteurs à JEC Composites Show. (Image: JEC)
1122 exposants et plus de 29 800 visiteurs à JEC Composites Show. (Image: JEC)

JEC Composites Show Europe s’est tenu à Paris Porte de Versailles du 29 au 31 mars derniers. Sur 48’500 m2 d’exposition, 1’122 exposants ont reçu plus de 29’800 visiteurs en provenance de 96 pays.

Plus que jamais, l’allégement des structures, leur résistance mécanique et la maîtrise des coûts sont demandés aux composites qui, au fil des années, remplacent certains matériaux traditionnels. La tendance 2011 dévoile des éco composites encore plus à la mode. Le lin technique ouvre la voie suivi du chanvre, des fibres de bambous ou de l’aquatique typha.

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Les principales raisons qui motivent l’utilisation des fibres naturelles sont la réduction du poids, un meilleur bilan écologique, une baisse des coûts de production et la possibilité de fabriquer des éléments de structure complexes. Certains bio-matériaux offrent de très bonnes propriétés en matière de rigidité et de résistance mécanique.

Par exemple, pour le lin, toute une filière professionnelle industrielle existe maintenant en France avec une capacité de production de 25’000 tonnes de fibres. Cette fibre naturelle économique à produire associe faible densité pour un bilan carbone favorable auxquelles il faut ajouter de bonnes propriétés mécaniques ainsi qu’une isolation thermique et acoustique intéressante.

Cette démarche écologique fait désormais partie intégrante de l’économie des composites.

Malgré tout, à l’autre extrémité du spectre des matériaux, la fibre de carbone est toujours recherchée pour ses qualités techniques. Elle se montre malheureusement très «énergivore» à produire d’où son prix élevé. Pourtant, sa consommation augmente car il est prévu que d’ici 2020, nous en consommerons près de 340’000 tonnes par an et les spécialistes du secteur cherchent de meilleures façons d’en produire en quantité et qualité à moindre coût.

Pour renforcer les propriétés physiques et mécaniques des composites, les nanotubes de carbone (CNT) sont aussi très appréciés. En effet, ils possèdent de remarquables propriétés mécaniques, électriques et thermiques. Le défi consiste à intégrer ces propriétés aux matériaux de base, (thermodurcissables et thermoplastiques), afin d’améliorer certaines caractéristiques de base.

Grandes pales pour éoliennes

En conception, la simulation anticipe le comportement des composites. Prônée par ESI Group, elle assiste les ingénieurs développant un nouveau produit, tant du point de vue fabrication qu’en analyse structurelle.

Point faible des composites, l’automatisation évolue avec des solutions flexibles qui deviennent abordables et surtout nécessaires au placement automatique des fibres (AFP). Ces technologies sont développées pour produire certains éléments du fuselage du Boeing 787 dreamliner et de l’Airbus A350XWB. Des confections de préformage automatisées, ainsi que des procédés automatisés de moulage par transfert de résine (RTM) en injection ou infusion apparaissent également dans d'autres branches industrielles.

Ces avancées technologiques sont cruciales pour l’aéronautique car, d’après les prévisions de marché d’Airbus (GMF – Global Market Forecast), quelques 26 000 avions seront construits entre 2010 et 2029. Afin de gagner en masse pour économiser le carburant, les avionneurs envisagent de nouvelles aérostructures composites intégrant fuselage et corps de cellule, portes avec préformes et équipements type train d'atterrissage conçus à partir de stratifiés ultra épais.

Démarche analogue dans l’automobile puisque ces nouveaux matériaux accompagnent l’allégement pour une moindre consommation de carburants fossiles avec une demande croissante d’électronique embarquée.

Même problèmes en production que pour les avions. Les composites sont fortement pénalisés par leur demande en main d’œuvre qualifiée d’où une nette volonté d’automatisation des fabrications. L’accélération des cadences constitue un facteur de pression pour les fabricants, qui se voient incités à automatiser leurs processus.

Les grandes marques automobiles cherchent donc à faire «sauter» certains verrous technologiques avec comme objectif, une production de masse à partir de composites plus économiques.

Construction et Génie Civil ne sont pas en reste avec l’intensification de l’utilisation des composites structuraux qui deviennent presque aussi courants que les matériaux traditionnels, bois, acier ou béton.

Autre domaine en effervescence, l’énergie avec l’explosion du marché des aérogénérateurs qui connaît une croissance exponentielle. Outre le capotage des nacelles abritant les génératrices, le défi consiste à construire de grandes pales de rotor performantes et durables notamment pour toutes les éoliennes «off shore».

A lui seul, le Royaume Uni envisage l’installation de plus de 7’000 éoliennes de forte puissance d’ici 2020.

Parallèlement, l’industrie évolue et passe de méthodes de fabrication pour faibles volumes à des productions de masse. Un forum sur ce thème présentait des moyens de production entièrement automatisés, des opérations de maintenance préventive ainsi que des réparations structurales in situ.

Opportunités de métiers

A l’initiative du CETIM (Centre Technique des Industries Mécaniques) les essais non-destructifs (CND) sont bien plus fréquemment employés notamment en France afin d'évaluer la qualité de composants composites, surtout lorsqu’il s’agit de pièces critiques.

Résolument international, une bonne quinzaine de compagnies de la confédération helvétique exposaient cette année porte de Versailles, mais c’est l’Espagne qui était le pays à l’honneur. En donnant à la péninsule ibérique une place de choix sur le salon, l’organisateur reconnaît l’importance du marché espagnol des composites en quatrième position sur le marché européen. Une trentaine de sociétés espagnoles exposaient d’ailleurs à Paris.

A noter enfin, l’effort des organisateurs de cette manifestation qui ont créé, pour la première fois à Paris un Job Centre, une opportunité pratique pour les entreprises spécialisées dans les composites d’exprimer leurs besoins en recrutement auprès des jeunes, des demandeurs d’emploi ou des futurs diplômés à la recherche d’un emploi, d’un stage ou encore de personnes en «veille active» souhaitant trouver une évolution ou une meilleure opportunité de carrière ou de métiers.

Avec ses forums et conférences, JEC Composites Show Europe 2011 se positionne une fois encore comme le salon professionnel du secteur ayant l’offre la plus large du marché (matières premières, transformations, équipements et services). Il a engendré JEC Singapour en 2008, pour la zone Asie-Pacifique et tout récemment JEC Americas qui se tiendra du 7 au 9 novembre 2012 à Boston (USA). <<

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