Industrie du Jura bernois: stagnation au 4e trimestre

| Rédacteur: Jean-François Pillonel

Les industriels du Jura bernois s'attendent à une stagnation des affaires. Ils ne manquent cependant pas d'esprit innovateur, à l'image de la dernière-née des machines Schaublin.
Les industriels du Jura bernois s'attendent à une stagnation des affaires. Ils ne manquent cependant pas d'esprit innovateur, à l'image de la dernière-née des machines Schaublin. (Image: Schaublin Machines SA)

>> Indicatif des grandes orientations des activités industrielles de l’Arc jurassien, le baromètre de la Chambre d’économie publique du Jura bernois (CEP) révèle une tendance à la stagnation des entrées de commandes à l’issue du sondage traitant du 4e trimestre 2014. En dépit de ce tassement, le niveau d’investissement devrait pourtant rester comparable à celui du trimestre précédent et s’avérer satisfaisant aux yeux des entreprises interrogées.

Révélateur de grandes tendances et basé sur des appréciations subjectives, le baromètre industriel du Jura bernois de la Chambre d'économie publique offre des éléments de compréhension des dynamiques industrielles. Outil flexible, il permet notamment de cerner et de détailler des éléments liés à la conjoncture.

Contraste avec leprécédent sondage

Le baromètre évalue le volume d’affaires, le résultat opérationnel, les capacités d’autofinancement et les prévisions pour le développement à moyen terme. En comparant les prévisions avec le trimestre précédent, les entreprises sondées par la Chambre d’économie publique du Jura bernois (CEP) considèrent à la grande majorité que leur volume d’affaire ne devrait pas progresser mais se maintenir ou diminuer légèrement pour certains rares cas. Les baisses attendues semblent par ailleurs concerner plus des situations particulières que des paramètres de nature purement conjoncturelle. La stagnation anticipée par les entreprises contraste cependant avec l’enthousiasme des deux dernières années durant lesquels les acteurs industriels avaient systématiquement escompté une augmentation de leur volume d’affaires.

Confiance malgré tout

De façon notablement homogène en revanche, les sondés affichent une solide confiance pour les activités de production et de technologie puisque dans le moyen terme, le développement de l’entreprise est perçu positivement par l’ensemble des acteurs, un élément qui accrédite la thèse d’une forme de sérénité partagée dans l’avenir de l’industrie régionale, en dépit des différentes contraintes qui le déterminent.

Indépendantes de la taille de l’entreprise, les appréciations concernant le niveau d’investissement confirment la confiance ressentie puisque l’engagement consenti devrait être de même niveau ou augmenter, pour l’essentiel des acteurs industriels examinés. Au niveau financier, les anticipations exprimées au sujet du résultat opérationnel suggèrent elles aussi une issue similaire à celui du trimestre précédent pour la très grande majorité des sondés, indifféremment de leur grandeur.

Le baromètre industriel de la Chambre d’économie publique du Jura bernois indique donc une très légère contraction qu’éclairent tant la conjoncture mondiale que différentes incertitudes régionales. En dépit de ces attentes, la situation reste favorable aux activités industrielles. Le rôle occupé par le débouché horloger pour les détenteurs de moyens de production et de technologies s’avère une nouvelle fois de tout premier plan pour les entreprises du Jura bernois et de l’Arc jurassien. Comme depuis près de deux siècles, les aléas des affaires horlogères déploient des conséquences directes sur les acteurs industriels de l’Arc jurassien. Par ailleurs, le niveau de performances affiché par la branche depuis une dizaine d’année incite à une certaine confiance indépendamment de variations momentanées.

Former des apprentis, un enjeu majeur

Le baromètre de la CEP contient une question variable, liée à l’actualité. Pour le troisième sondage de l’année, les acteurs industriels de la région ont été interrogés sur leur perception du financement de la formation d’apprentis. D‘ordre général et applicable au plan national, cette problématique est, dans le détail, pourtant conditionnée par des spécificités propres à la situation cantonale bernoise.

La formation d’une relève dans les professions techniques correspondant aux activités caractéristiques de l’Arc jurassien est un défi majeur pour le secteur industriel. Des entreprises s’engagent et investissent pour former des apprentis tandis que d’autres ne le font pas ; ces différences posent quelques problèmes, sur le marché du travail par exemple. Les sondés du baromètre industriel de la CEP avaient donc la possibilité de s’exprimer sur un financement collectif pour les efforts de formation. La diversité des réponses transcrit tant des visions profondément opposées que des réalités individuelles particulières.

Une majorité des sondés se prononce sur le principe en faveur d’une participation de tous les acteurs industriels aux coûts de la formation bien que les modalités varient (fond cantonal, compensations, système de bonus-malus, favorisation des formateurs). La variété des réponses suggère l’existence d’un débat de fond indépendamment de l’unanimité relative à la nécessité à agir pour valoriser les métiers techniques.

Pour les entreprises revendiquant une mutualisation du financement de la formation dans les domaines non couverts par des fonds de branche, l’objectif prioritaire demeure la conservation des savoir-faire propre à la région et le maintien de la compétitivité des entreprises et du système de production de l’Arc jurassien dans le long terme. A ce titre, de nombreuses voix plaident pour une réévaluation du système ayant cours actuellement. <<

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